L'Afrique, un continent encore à l'écart de la mondialisation- Première- Géographie - Maxicours

L'Afrique, un continent encore à l'écart de la mondialisation

Objectif
  • Comprendre les particularités du continent africain et savoir expliquer la politique économique menée par la Chine en Afrique.
Point clé
  • La mondialisation a renforcé la marginalisation de l’Afrique dont la situation économique s’est aggravée suite à la crise économique et financière de 2008. Le continent dispose pourtant d’atouts et de ressources exploités par les entreprises étrangères.
Pour bien comprendre
  • Mondialisation
  • Marginalisation
  • IDE
  • Partenariat
  • Dette

La fin du colonialisme, dans les années 60, avait libéré de nouvelles énergies et suscité de nombreux espoirs en Asie et en Afrique. Les dirigeants de ces nouveaux États étaient résolus à ce que leurs pays rattrapent le monde développé et s'intègrent dans les échanges mondiaux.

Cinquante ans après l'accès à l'Indépendance, contrairement aux NPI (Nouveaux pays industrialisés) asiatiques ou à la Chine et à l'Inde, une majorité de pays situés au Sud du Sahara, sont exclus des pôles économiques avancés de la planète et semblent observer du bord de la route cette course à laquelle n'appartient pas leur monde. L'Afrique semble marginalisée du processus de mondialisation.

Cette marginalisation est telle que la Chine est devenue le premier créancier du continent ce qui tend à créer une relation de dépendance.

1. Un continent à l'écart du marché mondial

Les pays africains auraient intérêt à participer aux échanges politiques et économiques internationaux.

Mais cette insertion nécessiterait de leur part une participation active aux négociations au sein des institutions internationales (ONU – Organisation des nations unies, OMC – Organisation mondiale du Commerce, FMI – Fonds monétaire international, etc.).

Or, la plupart des pays africains, à l'exception des États d'Afrique du Nord et du Sud, ne jouent qu'un rôle très marginalisé dans ces institutions.

Cela reflète la faiblesse de leur poids économique et politique au niveau international.

a. Un poids dérisoire dans les échanges internationaux

La mondialisation a eu pour effet principal de diminuer la contribution de l'Afrique au commerce mondial.

Les exportations

Au cours des années 60, le volume des exportations des pays africains augmentait en moyenne de 6 % par an. Mais depuis 1973, ce volume a nettement diminué dans la plupart des États du continent et ce, malgré la croissance spectaculaire du volume des exportations mondiales. Pour l'Afrique, il a atteint 3 % en 1990 et 1,7 % en 2005.

Une dégringolade qui est due à une perte de valeur de ses productions. Depuis les années 80, le coût des matières premières n'a pas cessé de chuter régulièrement. Et l'Afrique vend surtout des matières premières agricoles. Elle ne dispose pas des infrastructures suffisantes.

Exemple
En 2017, les exportations éthiopiennes représentent 3 170 millions de dollars contre 16 280 millions de dollars pour les importations. Les produits agricoles représentent 40 % des exportations, la part de pétrole et de produits miniers exportés est de 35 %. 

 

 

 

 

Les importations

Les pays africains ont besoin d'importer des marchandises qu'ils ne peuvent produire en quantité suffisante ou ne parviennent pas à produire tout court. Aux pays du Nord, ils achètent des biens d'équipements technologiques, des machines-outils, des armes, des voitures, etc. (dont ils ne possèdent pas la technologie), des céréales ainsi que certains produits alimentaires comme du lait ou de la viande.

L'Afrique est de plus en plus dépendante de l'extérieur pour l'essentiel de ses besoins alimentaires. Cependant, sa balance des paiements étant vraiment trop déficitaire, les importations se sont effondrées ces dix dernières années. En effet, même si le volume de ses exportations était supérieur à celui des importations, les prix des produits exportés étaient nettement inférieurs à ceux des biens manufacturés importés.

Aujourd'hui, l'Afrique occupe une part infime dans les échanges mondiaux (moins de 2 %). Son premier partenaire commercial est la Chine, avec laquelle le continent échange massivement, les États-Unis arrivent en seconde position grâce à l’AGOA – African Growth Opportunity Act – qui permet aux pays d’Afrique subsaharienne d’exporter leurs produits aux États-Unis sans frais de douanes.

Exemple
En 1995, les échanges commerciaux entre la Chine et le continent africain ne représentaient que 3 milliards de dollars. En 2017, les échanges représentent 143 milliards de dollars, ce qui engendre une dépendance commerciale progressive ; en Angola, 40 % des échanges commerciaux se font avec la Chine (il s’agit surtout d’importations).

Les pays d’Afrique dépendent donc des importations en provenance de la Chine, elles renforcent une balance commerciale très déficitaire ainsi qu’une dépendance commerciale et économique.

b. Des secteurs économiques clés encore à l'état de gestation

À l'exception de l'Afrique du Nord et de l'Afrique du Sud, les économies africaines reposent avant tout sur deux choses :

  • Une agriculture traditionnelle, en grande partie vivrière, avec de faibles rendements. 70 % de la population africaine tire l'essentiel de ses revenus de cette agriculture si peu performante ;
  • L'industrie ne produit que des biens de consommation et peu ou pas de biens d'équipement. Elle ne produit qu'une faible part des produits industriels que le continent consomme et ne participe pas au marché mondial. Déjà très peu industrialisée, l'Afrique subsaharienne subit un processus de désindustrialisation. Le continent devient un cimetière d'usines. Tout au long de leur histoire, les entreprises africaines n'ont joué qu'un rôle marginal sur les marchés mondiaux. Aujourd'hui, trouver dans un pays occidental un produit manufacturé africain reste difficile, tout comme trouver un produit manufacturé africain... en Afrique ! En revanche, on y trouve des objets « made in... » en grandes quantités. En Afrique, quand on a de l'argent, on n'investit pas dans l'industrie mais dans du foncier, de l'immobilier ou du commerce. Le continent ne transforme pas ses richesses.
c. L’Afrique, un nouveau continent de délocalisation : le cas de l’Ethiopie

La Chine est désormais la deuxième puissance économique mondiale, après les États-Unis. Par conséquent, les salaires ont augmenté et les coûts de production également. Pour conserver leur marge, les entreprises chinoises ont trouvé une solution afin de réduire les coûts de production : investir en Afrique pour profiter d’une main d’œuvre peu qualifiée au salaire attractif. En 2018, 279 industriels chinois se sont implantés sur le continent africain.

Exemple
L’entreprise taïwanaise Everest Textile s’est implantée en Ethiopie à Hawassa. Le salaire moyen des ouvriers est de 60 dollars par mois contre 600 dollars en Chine.

De grands groupes occidentaux ont suivi le modèle chinois puisque l’entreprise suédoise H&M s’est également implantée sur le continent.

Enfin, l’Ethiopie dispose de parcs industriels de plus en plus attractifs pour les entreprises japonaises, indiennes et turques grâce au coût de la main d’œuvre éthiopienne et à la qualité des infrastructures. Cela est possible grâce aux IDE en provenance de Chine.

2. Un continent touché par les effets pervers de la mondialisation
a. Un continent fragilisé par la crise économique et financière mondiale

Si, d'un côté, la mondialisation offre des promesses de développement du commerce et d'augmentation de l'investissement international, elle contribue de l'autre à accroitre les risques d'instabilité et de marginalisation des États.

Exemple
La crise économique et financière mondiale qui sévit depuis 2008, a atteint de plein fouet le continent africain. L'aide au développement des pays riches a très fortement régressé et les IDE (Investissements directs étrangers) se sont sensiblement ralentis.

En plus de la crise financière qui touche les pays traditionnellement donateurs, les perspectives économiques incertaines en Afrique n'encouragent pas les rares bonnes volontés à investir. Les grands groupes financiers sont devenus plus frileux qu'auparavant et n'osent pas s'aventurer sur ce continent, où la visibilité en terme de croissance est floue. Sans appui financier, les États africains ne peuvent poursuivre leurs efforts de réforme et de développement. 

Avec la crise économique que traverse le monde depuis 2008 et les grandes sécheresses qui touchent la corne de l'Afrique et le Sahel, les prix des produits de première nécessité ont subi une flambée sans précédent. Le pouvoir d'achat des plus pauvres et des classes moyennes les moins aisées s'est érodé, et les charges se sont accrues. Des familles entières ont vu leur vie se dégrader au fil des années jusqu'à tomber dans la misère. L'emploi, lui-même, a été durement touché. Les acteurs de l'économie informelle ont perdu leurs affaires, de nombreuses entreprises ont fermé leurs portes ou supprimé des postes.

b. L’exception chinoise

Malgré la crise économique et financière, un État intervient massivement dans la vie économique du continent africain : la Chine. Ce partenariat entre la Chine et l’Afrique est qualifié de « gagnant-gagnant » par les différents acteurs. Pourtant, nombreux sont les économistes, historiens et géographes qui en distinguent les limites.

La Chine est le premier créancier de l’Afrique. Tandis que les puissances occidentales et les organisations internationales ne prêtent que de faibles sommes d’argent aux pays africains par peur de ne pas être remboursés, la Chine prête sans se soucier de leur solvabilité. Par conséquent, les États africains sont de plus en plus endettés et risquent d’être dans l’incapacité de payer leur dette.
Puisque des prêts sont contractés par les États africains, la Chine ne prête pas uniquement de l’argent. Des entreprises de construction s’installent ensuite dans le pays, une expertise technique et de la main d’œuvre peuvent également être proposés. La Chine renforce ainsi un système de dépendance économique qui devient également commerciale. Elle a également financé de vastes projets de construction d’infrastructures.

L’ensemble de ces prêts font l’objet d’une clause de sûreté. Ainsi, si les États sont dans l’incapacité de payer, ils doivent rembourser en matières premières ou en infrastructures. La Chine n’investit que 3 à 4 milliards d’euros par an en Afrique, par le biais des IDE. En revanche, depuis une vingtaine d’années, la Chine a versé à l’Afrique plus de 140 milliards de dollars sous forme de prêts.

 

Cette dépendance économique est donc dangereuse pour le continent qui pourrait être dépouillé d’une partie de ses ressources et infrastructures.

La présence de la Chine en Afrique témoigne des ressources et atouts dont dispose le continent pour s’intégrer à la mondialisation.

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