La France : une métropolisation inégale - Maxicours

La France : une métropolisation inégale

Objectif
  • Comprendre et être capable d’expliquer la recomposition des dynamiques urbaines en France.
Points clés
  • La métropolisation concerne l’ensemble des éléments qui composent le territoire urbain et qui transforment les activités et l’économie, intégrées à différentes échelles. C’est une dynamique majeure de l’urbanisation.
  • La majorité des Français vivent en ville, notamment à Paris et dans 21 métropoles, ce qui renforce le processus de métropolisation. Ces métropoles produisent 51 % du PIB du pays.
  • La réhabilitation de certains quartiers de ces métropoles répond à la volonté d’accroitre l’attractivité des territoires. Cependant, cette politique urbaine renforce la gentrification et, par conséquent, les inégalités intra-métropolitaines.
  • Le rôle des métropoles et la concurrence entre celles-ci se renforcent au détriment des villes petites et moyennes, qui bénéficient, toutefois, d’atouts et de politiques d’aménagement, afin d’être bien intégrées au maillage urbain.
Pour bien comprendre

métropole, métropolisation, système urbain, échelles, aménagements, acteurs, ville, agglomération.

Au 1er janvier 2019, la population française, soit 66,6 millions d’habitants, est répartie dans 34 970 communes (plus petite subdivision administrative française, dirigée par un maire).

La répartition de la population est très inégale, puisque les villes occupent le tiers du territoire, tandis que la part de population urbaine atteint plus de 80 % en 2017.

1. La métropolisation et ses effets
a. La métropolisation en France

Puisque la majorité de la population est urbaine, les villes sont affectées par le processus de métropolisation.

Métropolisation : la métropolisation, renforcée par la mondialisation, est donc un processus de concentration des activités et des hommes dans de grandes villes, qui exercent de plus en plus de fonctions de commandement.

Ainsi, certaines villes concentrent davantage de populations et d’activités caractéristiques des grands ensembles urbains. L’économie se développe donc à diverses échelles (locale, régionale, voire même mondiale).

L’agglomération s’étend et les réseaux de transports se développent, afin de répondre aux besoins des habitants. Le facteur démographique s’accompagne donc de la présence de systèmes productifs, généralement de services, et d’éventuels organes de commandement.

Système productif : ensemble d’activités productives qui produisent de la richesse. Il se définit par un grand nombre de facteurs et d’acteurs qui contribuent à la production, à la circulation et à la consommation des richesses produites.
b. Paris, une métropole macrocéphale

Paris peut être qualifiée de métropole macrocéphale. Elle occupe une place prépondérante dans la démographie française, puisque la région Île-de-France concentre 18 % de la population.

Elle centralise des fonctions de commandement à l'échelle nationale et des fonctions culturelles.

C’est également une métropole économique de rang international, puisqu’elle regroupe un quartier des affaires (La Défense) et de nombreux sièges sociaux d’entreprises.

Paris et son agglomération se caractérisent donc par une très grande attractivité à toutes les échelles.

Exemple
Paris et sa région concentrent 31 % du PIB national et 4,6 % du PIB de l’Union européenne. Les sièges des grandes entreprises sont également localisés à Paris. La région regroupe 37 % des cadres français et 23,4 % de la population active française.
Méthode
L’exemple ci-dessus peut être exploité dans le cadre d’une composition afin de démontrer la macrocéphalie de la métropole. En géographie, il est indispensable d’utiliser des données chiffrées dans la composition.

Cette attractivité écrasante face aux autres métropoles a un impact sur le réseau urbain.

Exemple
L’ensemble des réseaux de transports français s’organisent majoritairement en étoile autour de Paris.
Réseau urbain : expression qui désigne l’organisation des villes à l’échelle régionale et nationale. Les villes entretiennent des relations entre elles (flux, échanges, projets d’aménagement) qui traduisent une hiérarchie, une complémentarité et/ou une concurrence entre les divers espaces urbains.
c. Les autres métropoles françaises

La suprématie de Paris renforce les disparités spatiales et économiques à l’échelle nationale, malgré les lois de décentralisation de 1982 et 2012.

Remarque
Les lois Deferre de 1982-1983 apparaissent comme une rupture dans la gestion du territoire. Le rôle des collectivités territoriales s’accroît au détriment de la capitale, puisque certaines compétences et activités sont transférées aux villes de province.

Au 1er janvier 2017, la France reste le second pays le plus peuplé d’Europe. Pourtant, la diagonale du vide s’accentue, la population se concentre autour des métropoles.

Exemple
Lyon, métropole disposant de la deuxième plus grande agglomération de l’hexagone, est sept fois moins peuplée que l’agglomération parisienne.

En décembre 2010, l’État français crée le statut de métropole, une nouvelle structure administrative, dont le but est de favoriser le développement d’un réseau urbain plus équilibré sur le territoire. Au nombre de 22 en 2018, les métropoles françaises disposent de compétences accrues, afin de renforcer l’alliance des territoires et leur attractivité. Chacune développe un domaine de spécialité et de grands projets d’aménagement urbain, afin d’attirer les entreprises et la population.

Exemple
Euralille 3000 est un projet d’urbanisme qui vise à dynamiser la métropole lilloise. La construction de nouvelles résidences, de nombreux commerces, hôtels, d’équipements et d’espaces verts sont prévus sur 90 hectares.

L’influence des métropoles ne cesse de se renforcer de façon inégale, sans pour autant remettre en cause la suprématie de Paris.

Exemple
Les 22 métropoles françaises regroupent 39 % de la population, 43 % de l’emploi et réalisent 51 % du PIB. Leur spécialisation est telle qu’elles déposent 70 % des demandes de brevets.

Lyon, Lille et Strasbourg sont les seules métropoles européennes. Les métropoles les plus dynamiques sont situées à l’Ouest et dans le Sud. La proximité du littoral et le climat constituent un atout considérable pour un cadre de vie agréable. Nantes, Bordeaux et Aix-Marseille sont considérées comme des métropoles nationales. Les métropoles régionales (Rouen Normandie, Clermont Auvergne et Dijon, etc.) sont situées au nord, à l’est et au centre, elles sont moins attractives.

Intégrées au réseau urbain de l’hexagone, ces métropoles sont complémentaires, puisqu’elles entretiennent des liens et échangent en fonction de leurs besoins. Elles sont également en concurrence.

2. La France des villes : des réseaux urbains hiérarchisés par la métropolisation

La France est caractérisée par un fort maillage de son espace urbain. Il s’organise autour des métropoles, villes et bourgs.

a. Le renforcement des inégalités intra-métropolitaines

Plus de 80 % des Français vivent dans de grandes aires urbaines, renforcées par la métropolisation.

Les inégalités socio-spatiales sont un des facteurs de la périurbanisation et de l’étalement urbain.

La classe moyenne est à la recherche de logements moins chers en périphérie du centre-ville qui connaît alors une gentrification importante.

En effet, les politiques urbaines ont permis la rénovation et la réhabilitation des quartiers d’un certain nombre de villes qui composent les aires urbaines. Dès lors, la mixité sociale est difficilement mise en oeuvre, puisque les classes sociales les plus modestes sont progressivement exclues au profit d’une classe sociale nouvelle, dont les modes de vie et de consommation diffèrent.

Exemple
Le quartier du Marais, dans le 3e arrondissement de Paris, est un exemple de gentrification initié par la loi Malraux de 1962. Initialement habité par de nombreux ouvriers et artisans, le quartier fait l’objet de nombreuses rénovations. La valorisation du patrimoine architectural, la proximité du RER A et la rénovation du quartier des Halles transforment progressivement le quartier. Le coût de l’immobilier augmente et dès les années 1980, une classe sociale plus aisée investit le quartier.
Donc, les inégalités intra-métropolitaines se traduisent par un renforcement des inégalités sociales lié au développement des métropoles.
b. Typologie des villes françaises

Les villes petites (entre 5 000 et 20 000 habitants) et moyennes (entre 20 000 et 200 000 habitants) occupent une place importante dans le tissu urbain français, puisque un citadin sur deux vit dans une ville de moins de 100 000 habitants.

Pourtant, elles sont affaiblies par la métropolisation. Elles connaissent une perte d’attractivité qui s’accompagne d’un déficit migratoire et d’une hausse du chômage et de la pauvreté. Certaines sont sévèrement touchées par la désindustrialisation et la restructuration des services publics.

La situation géographique de ces villes peut s’avérer être un facteur d’intégration ou de marginalisation. Les villes appartenant à l’aire urbaine d’une métropole s’intègrent avec plus ou moins de succès à la dynamique métropolitaine.

Exemple
L’effet TGV est un exemple de marginalisation. Le temps de parcours entre les métropoles s’est considérablement raccourci provoquant l’isolement des villes non desservies et villes moyennes. Le temps de parcours entre Paris et Lille s’est raccourci, tandis que celui entre Paris et Valenciennes s’est rallongé.
c. La mise en valeur des atouts des villes petites et moyennes

Les villes petites et moyennes s’inscrivent dans des dynamiques territoriales plus larges que celle de la métropolisation.

Ainsi, celles situées à proximité des littoraux et dans le Sud bénéficient de l’attractivité touristique et résidentielle. La venue des touristes et retraités favorise les emplois de service et l’économie résidentielle. La spécialisation permet également aux territoires de rester attractifs.

Exemple
Avignon, ville moyenne, est connue pour son festival lié au théâtre et au spectacle. Très touristique, il assure le rayonnement de la ville.

Puisque les villes situées dans le Centre et le Nord-Est sont davantage touchées par le déclin, un plan gouvernemental est lancé en 2017 « Action coeur de ville ». L’aménagement du territoire doit se porter sur 222 villes moyennes de France métropolitaine et d’outre-mer, dont le centre-ville doit être dynamisé. La réhabilitation de ces villes leur permettrait de changer leur image et de les rendre plus attractives.

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