Les liaisons dangereuses : les personnages principaux - Cours de Français avec Maxicours - Lycée

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Les liaisons dangereuses : les personnages principaux

Objectif : cerner le caractère des personnages principaux.

1. Les libertins ou les roués
a. Valmont
Un nouveau Don Juan
- Séducteur, Valmont mène plusieurs conquêtes à la fois : non seulement il souhaite provoquer la chute de Mme de Tourvel et de Cécile de Volanges mais il cherche aussi reconquérir la marquise de Merteuil. De plus, il évoque le bon temps passé avec Emilie la courtisane et son « réchauffé » avec la vicomtesse de M…

- Beau parleur, il maîtrise parfaitement l’art de la rhétorique et module à sa guise toute la gamme des registres, de l’ironique au pathétique, en passant par l’épique. Brillant épistolier, ses conquêtes donnent lieu à des morceaux d’anthologie qu’il envoie, non sans vanité, à Mme de Merteuil.

- Comédien, il sait user de tous les masques et n’hésite pas à revêtir celui de Tartuffe pour parvenir à ses fins. S’il joue la comédie de la conversion auprès du père Anselme, il blasphème avec Mme de Merteuil : « … j’oserai la ravir au Dieu même qu’elle adore (…) Je serai vraiment le Dieu qu’elle aura préféré. », écrit-il en parlant de Mme de Tourvel [L6].

- Cynique
, il jouit de faire le mal sans aucun scrupule, comme le note Mme de Volanges, dans sa lettre de mise en garde à Mme de Tourvel [L9] : « Encore plus faux et dangereux qu’il n’est aimable et séduisant, jamais depuis sa plus grande jeunesse, (...) il n’eut un projet qui ne fut malhonnête ou criminel » et d’ajouter : « Il sait calculer tout ce qu’un homme peut se permettre d’horreur sans se compromettre ; et pour être cruel et méchant sans danger, il a choisi les femmes pour victimes. »

Un libertin amoureux ?
Troublé par le « charme inconnu » de Mme de Tourvel, Valmont vit un conflit entre son libertinage et la tentation d’un amour véritable. Lorsqu’il a triomphé de Mme de Tourvel, il écrit à la marquise de Merteuil : « L’ivresse fut complète et réciproque ; et, pour la première fois, la mienne survécut au plaisir. Je ne sortis de ses bras que pour tomber à ses genoux, pour lui jurer un amour éternel ; et, il faut tout avouer, je pensais ce que je disais. » [L125]. Mais lorsque Mme de Merteuil lui fait reproche de cet amour, il le nie fermement : « Ainsi, vous me croyez amoureux, subjugué ? (…) Ah ! grâces au Ciel, je n’en suis pas encore réduit là, et je m’offre à vous le prouver. » [L133].

Jusqu’à la fin du roman et la mort de Valmont, tué en duel par Danceny, l’ambiguïté subsiste sur la sincérité de son amour : il se plie aux exigences de Mme de Merteuil en rompant avec la Présidente, mais propose aussitôt, comme un nouveau jeu, de tenter de la reconquérir.

b. Mme de Merteuil
Elle est sans doute le personnage le plus fascinant du livre par sa supériorité intellectuelle mise au service de sa scélératesse. Elle apparaît comme le personnage principal du livre, même si elle n’écrit que 27 lettres (là où Valmont en écrit 50).

Une libertine machiavélique
- Autodidacte, elle apprend, grâce à l’observation des comportements humains et à la lecture des romans et des philosophes, l’art de la maîtrise et de la dissimulation des sentiments : « Je n’avais pas quinze ans, je possédais déjà les talents auxquels la plus grande partie de nos politiques doivent leur réputation (…) » [L81].

- Prudente, elle n’a d’autre choix que d’avancer sous le masque de l’honnêteté et de la vertu, comme elle le rappelle à Valmont : « Combattant sans risque, vous devez agir sans précaution. Pour vous autres hommes, les défaites ne sont que des succès de moins. » [L81].

- Ambitieuse, elle est présentée par Mme de Volanges comme « un guide adroit (…) que le succès seul justifie » [L32].

Une féministe avant l’heure
Son libertinage est une conquête de la liberté, un défi lancé à la société, une revanche contre l’asservissement de la femme par l’homme.

Un redoutable stratège 
Elle maîtrise l’art de la mise en scène et prétend dominer les cœurs des hommes : c’est elle qui, désirant se venger de Gercourt, répartit les rôles et tire les fils de l’intrigue.
Pourtant le dénouement lui échappe : bientôt rattrapée par l’orgueil et la jalousie, elle est déshonorée, ruinée, atteinte de la petite vérole et s’enfuit en Hollande.

2. Mme de Tourvel
Elle est mariée au président de Tourvel, un magistrat qui se trouve en Bourgogne pour un grand procès. En son absence, elle s’est installée au château de Mme de Rosemonde [L4] où sa tranquillité va bientôt être troublée par l’arrivée de Valmont.

L’ « anti- Merteuil » : une femme sensible, vertueuse et sincère
- Emotive, elle ne sait pas maîtriser ses sentiments : devant Valmont, elle tremble et a de la peine à dissimuler ses émotions [L108]. Authentique, elle est incapable de paraître (« toute parure lui nuit ; tout ce qui la cache la dépare », [L6]).

- Vertueuse, elle se caractérise par « sa dévotion, son amour conjugal et ses principes austères » [L4] et quand elle tombe dans les bras de Valmont, elle implore Dieu de la sauver [L99].

- Sa sincérité naturelle représente une menace pour elle, comme pour les libertins. Désintéressée, elle voue à Valmont un amour idolâtre qui déstabilise le libertin (« c’est à lui que je me suis consacrée. », [L128], « (…) je veux vivre pour le chérir, pour l’adorer », [L132]). Naïve ou trop confiante, elle imagine même pouvoir convertir le libertin à l’amour.

Une victime tragique
Objet de la fureur de la marquise de Merteuil, qui exige de Valmont qu’il rompe avec elle, Mme de Tourvel apparaît non seulement comme une victime sacrifiée par les libertins mais aussi comme une martyre racinienne, qui tente de fuir « une passion funeste » [L124] tout en se heurtant au silence divin (« Je sais qu’il ne m’appartient pas de sonder les décrets de Dieu ; mais tandis que je lui demande sans cesse, et toujours vainement la force de vaincre mon malheureux amour, il (…) me laisse, sans secours, entièrement livrée à ma faiblesse » [L124]). Abandonnée, elle agonise dans un couvent jusqu’à ce que l’annonce de la mort de Valmont précipite sa mort.
3. Les naïfs
a. Cécile : une sotte ingénue
Mal préparée à la vie par son éducation au couvent et distante d’une mère dont elle redoute la sévérité, cette jeune fille de 15 ans, promise au comte de Gercour, est une proie facile pour les libertins. Ceux-ci deviennent d’abord ses plus proches confidents puis ses éducateurs : elle découvre le plaisir des sens avec Valmont et apprend les principes du libertinage auprès de Mme de Merteuil.
Déshonorée par Valmont, trahie par la marquise, elle finira sa vie comme elle l’avait commencé : au couvent.

La marquise de Merteuil dresse d’elle un portrait impitoyable mais juste : « Je ne crois pas qu’elle brille jamais par le sentiment ; mais tout annonce en elle les sensations les plus vives. Sans esprit et sans finesse, elle a pourtant une certaine fausseté naturelle (…) qui réussira d’autant mieux, que sa figure offre l’image de la candeur et de l’ingénuité. » [L38]. 

À la fin du livre, Danceny, qui n’a plus d’amour pour Cécile, vient pourtant nuancer ce tableau en observant que l’inexpérience de Cécile en faisait une proie facile pour les libertins : « Quelle jeune personne, sortant de même du couvent, sans expérience et presque sans idées (…) aurait pu résister davantage à de si coupables artifices ? » [L174].
b. Le chevalier Danceny
« Fatigant d’abord par la niaiserie, devient intéressant. Homme d’honneur, poète et beau diseur. » (Baudelaire)

Le chevalier Danceny tombe amoureux de Cécile au cours d’une séance de chant, mais dépourvu d’expérience, il n’arrive pas à lui déclarer son amour. Manipulé lui aussi par les libertins, il finit par devenir l’amant naïf de Mme de Merteuil qui, pour se venger de Valmont, lui révèle finalement que Valmont est l’amant de Cécile.

Homme d’honneur, le chevalier tue Valmont qui lui remet la correspondance de la marquise dévoilant la scélératesse de celle-ci. Danceny provoque alors la chute de Mme de Merteuil par la publication de deux lettres dans lesquelles Mme de Merteuil raconte comment elle a construit sa vie sur la dissimulation et narre le stratagème qui lui a permis de déshonorer Prévan : « J’ai cru de plus que c’était rendre service à la société que de démasquer une femme aussi réellement dangereuse que l’est madame de Merteuil » [L169].
Le chevalier disparaît ensuite pour Malte.

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