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Les difficultés de coordination des politiques économiques des États membres

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Objectifs
  • Caractériser les conjonctures divergentes des États membres.
  • Expliquer les difficultés de coordonner des politiques conjoncturelles au sein de l’Union Économique et Monétaire (UEM).
Points clés
  • Un choc asymétrique est une modification brutale de l’offre ou de la demande affectant de manière spécifique un État mais pas les autres au sein de la zone euro.
  • La politique budgétaire est l’ensemble des mesures ayant des conséquences sur les ressources ou les dépenses inscrites au budget de l'État et visant directement à agir sur la conjoncture économique.
  • Au sein de l’UEM, cette politique est contrainte par le pacte de stabilité et de croissance (PSC).
  • La politique monétaire est l'ensemble des mesures qui sont destinées à agir sur les conditions du financement de l'économie.
  • Au sein de l’UEM, elle est menée par la BCE dont l’objectif de maintenir un taux d’inflation sur la zone inférieur à 2 %.
  • Une politique contra-cyclique consiste à stimuler l’économie lorsque celle-ci tend à ralentir, et à la freiner lorsqu'elle s’emballe.
  • Les pays membres de l’UEM ont tous des conjonctures différentes ce qui rend difficile la coordination des politiques économiques et la mise en place d’un « policy-mix ».
Pour bien comprendre

Les politiques conjoncturelles des États sont des politiques de court terme ; elles correspondent aux mesures prises par les autorités publiques sur les « grands équilibres » macroéconomiques.

1. Les contraintes de la politique monétaire

Avec une monnaie unique et une politique monétaire commune, chacun des pays abandonne son autonomie dans la conduite de sa politique monétaire. Cela devient problématique lorsqu’un pays connaît une situation économique différente de celle des autres pays européens, puisque la Banque centrale européenne (BCE) agit en fonction de la situation globale de la zone, quelles que soient les conséquences pour le pays.

Un choc asymétrique est une modification brutale de l’offre ou de la demande affectant de manière spécifique un État mais pas les autres au sein de la zone UE.

Prenons une situation où il existe au sein de l'Union européenne un risque d'inflation et qu’en parallèle, dans un des pays de l’Union, ce risque d'inflation est nul alors que la croissance est faible et le chômage élevé. Le risque d’inflation dans la zone euro pousse la BCE à augmenter les taux d'intérêt. Or, cela se révèle néfaste au pays qui connaît déjà une faible croissance : la hausse des taux d'intérêt réduit la demande et donc la croissance économique.

Ainsi, les pays membres ne peuvent pas utiliser leur politique monétaire pour relancer la croissance et l’emploi grâce à une baisse des taux d’intérêt en cas de crise.

De plus, les pays de la zone euro se sont privés de l’arme de la dévaluation : n’ayant pas de politique de change, ils ne peuvent rétablir un déséquilibre de leur balance courante par une dépréciation de la monnaie pour accroître leurs exportations et/ou diminuer leurs importations. De ce fait, ils ne peuvent pas équilibrer leur solde extérieur grâce à une politique monétaire de relance.

2. Les contraintes de la politique budgétaire
La politique budgétaire est l’ensemble des mesures ayant des conséquences sur les ressources ou les dépenses inscrites au budget de l'État et visant directement à agir sur la conjoncture économique.

Les politiques budgétaires des États membres sont encadrées par le Pacte de Stabilité et de Croissance (PSC). Celui-ci stipule que les États ne peuvent avoir un déficit budgétaire (Recettes < Dépenses) supérieur à 3 % du PIB, et être endettés à plus de 60 % de leur PIB. Ainsi, en cas de crise, il est quasiment impossible de relancer l’économie par une politique de relance.

Il se peut que les limites imposées par le PSC soient considérées comme trop extrêmes. Comme une politique monétaire autonome n'est plus possible, le pacte de stabilité empêcherait de répondre efficacement à une forte récession, d'autant que le seuil de 3 % n'a pas exactement de justification économique. Toutefois, jusqu'à présent, ces limites n'ont pas réellement été appliquées.

De plus, les politiques budgétaires restent nationales et ne sont pas coordonnées : les pays sont tentés de se faire concurrence en matière d’impôts et de charges sociales. Par exemple, il n’existe pas de salaire minimum dans tous les pays membres de l’UE (6 pays sur 28 n’en ont pas au début de l’année 2015) et les écarts d’un pays membre à l’autre peuvent être élevés : ce salaire minimum était compris entre 123 € et 1462 € bruts, ce qui correspond à un écart de salaire de 1 à 12 et à un écart de pouvoir d’achat de 1 à 6 (Observatoire des inégalités, janvier 2011).

D'un côté, certains pays craignent que l'harmonisation vers les niveaux de protection les plus élevés se traduisent par un affaiblissement de la compétitivité des entreprises et donc par des pertes d'emplois et un niveau de chômage plus élevé encore. De l'autre côté, quelques pays aussi craignent que l'harmonisation ne se fasse sur des minimums bas ou sur des « moyennes européennes » qui porteraient atteinte à leur législation sociale, plus protectrice que celles d'autres pays membres. D'où les résistances multiples à l'établissement d'un droit social commun étendu.

Face à ces difficultés, la situation actuelle favorise plutôt la tendance au « dumping fiscal et social » : des pays attirent des entreprises par des niveaux de fiscalité et un niveau de protection social faible ce qui est tout-à-fait contradictoire avec l’idée d’Europe sociale.

3. La difficile mise en place d’un « policy-mix »
Le « policy-mix » est défini comme l’orientation conjointe des politiques monétaire et budgétaire, à un moment donné du cycle économique.

Les politiques monétaires et les politiques budgétaires ne sont pas coordonnées dans l’UE, donc le « policy mix » est impossible puisque la BCE et les gouvernements ne mettent pas au point ensemble le même type de politique.

Politiques monétaires et budgétaires ne vont pas toujours dans le même sens dans la zone euro. Depuis 1999, alors que la politique monétaire a été contra-cyclique aussi bien en zone euro qu’aux États-Unis, (la Réserve fédérale des États-Unis -FED- se serait révélée plus réactive que la BCE), l’orientation de la politique budgétaire de la zone européenne apparaît largement pro-cyclique entre 1999 et 2006. Après la crise de 2007, les États-Unis menaient une politique budgétaire et une politique monétaire contra-cyclique autorisant une croissance plus rapide.

Une politique contra-cyclique consiste à stimuler l’économie lorsque celle-ci tend à ralentir, et à la freiner lorsqu'elle s’emballe.

Dès lors, on peut se demander si la politique monétaire, qui vise principalement à maîtriser l’inflation, n’a pas engendré une faible croissance économique.

Certains pays, comme la France, ont précisément connu une faible croissance durant les années 2000 à 2007 et une faible inflation : ils auraient pu bénéficier d’une politique monétaire plus souple, mais ce ne fut le cas que jusqu’en 2005. À partir de 2005, la BCE a commencé à augmenter ses taux d’intérêt : l’économie française a alors pâti de ce changement de politique monétaire.

Dans ce cas, la politique monétaire menée est en total déphasage avec la situation interne de ce pays : elle a tendance à accentuer les problèmes d’inflation. Son caractère pro-cyclique est donc néfaste.

 

 

Ainsi, si la création d’un marché et d’une monnaie uniques a eu des effets positifs sur le commerce intérieur et le pouvoir d’achat des européens. Les contraintes liées aux différences conjoncturelles des États membres empêchent une bonne coordination des politiques économiques, qui s’avèrent alors inefficaces.

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