La soutenabilité de la croissance et l'innovation - Maxicours

La soutenabilité de la croissance et l'innovation

Objectifs
  • Définir le développement durable.
  • Savoir expliquer la soutenabilité de la croissance.
  • Savoir démontrer comment les innovations peuvent répondre aux limites écologiques de cette dernière.
Points clés
  • Le développement durable répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs.
  • La soutenabilité correspond à une croissance durable, c’est-à-dire qui prenne en compte la destruction du capital naturel et offre des solutions.
  • Le progrès technique peut offrir des solutions aux limites écologiques de la croissance.
Pour bien comprendre
  • Le progrès technique correspond au processus général de développement et perfectionnement des méthodes et des moyens de production. Il regroupe l’ensemble des inventions appliquées sous formes d’innovations.
  • La croissance se heurte à des limites sociales (les inégalités) et écologiques (les externalités négatives, les gaz à effets de serre, l’épuisement des ressources naturelles).
  • Le capital naturel est un bien commun car il est non exclusif (tout le monde y a accès) mais rival (l’utilisation de l’un diminue les ressources de l’autre) comme par exemple les réserves halieutiques.
1. Le développement durable
a. Définition

Le développement durable prévoit que les modes de vie actuels ne doivent pas mettre en danger le bien-être des générations futures. Dans ce cas, la croissance sera soutenable à long terme.

On parle généralement de trois piliers du développement durable.

D'abord, le pilier environnemental permet un développement écologiquement soutenable. Il consiste à trouver des modalités de développement qui préservent l'environnement : développer les énergies renouvelables, à réduire les émissions de gaz à effet de serre, préserver les ressources naturelles, etc.

Ensuite le pilier économique permet un développement économiquement efficace. Il consiste à encourager une évolution de la production et de la consommation vers des activités économes en ressources naturelles, à favoriser un progrès technique qui tient compte des limites écologiques de la planète, etc.

Pour finir, le pilier social permet un développement socialement équitable. Il consiste à mettre en place une fiscalité redistributive pour atténuer les inégalités de développement, à favoriser le commerce équitable et éthique (respectant la dignité de tous les producteurs), à préserver des cadres de vie sains et durables pour tous les humains, etc.

 

Le développement durable

 

 L'expression « développement durable » qualifie un développement respectant simultanément l'efficacité économique, l'équité sociale et le respect de l'environnement. Pour cela, le concept de développement durable répond à trois principes :

  • principe de solidarité : solidarité entre les peuples et les générations. Le développement doit profiter à toutes les populations ;
  • principe de précaution : se donner la possibilité de revenir sur des actions lorsque leurs conséquences sont aléatoires ou imprévisibles ;
  • principe de participation : associer la population aux prises de décision.
Exemple : L'Économie Sociale et Solidaire

Le développement durable est devenu un enjeu politique et commercial du fait de la prise de conscience de nombreux individus. Mais, il est difficile de concilier des objectifs de croissance basés sur une consommation de masse et la préservation de l’environnement. Les négociations internationales entamées depuis plus de 20 ans nous apprennent que même si les objectifs sont souvent clairs, leur mise en œuvre collective est particulièrement difficile.

b. Les quatre capitaux

Pour les économistes, la croissance est soutenable si on peut préserver le stock global de capital. Ce stock comprend le capital :

  • physique : stocks de biens durables mis à la disposition de la collectivité pour produire des biens et services qui satisfont les besoins et améliorent le bien-être ;
Exemples : Ordinateurs, imprimantes 3D, l’essence, etc.
  • humain : niveau d’éducation et de qualification des individus. Il comprend donc les différentes aptitudes humaines mais aussi le niveau de santé ;
Exemples : Un ingénieur, une infirmière, un professeur,etc.
  • naturel : ce sont les différentes ressources renouvelables et non-renouvelables naturelles comme les matières premières mais aussi les paysages, les espèces animales, végétales etc. ;
Exemples : Les poissons, l’eau, l’air, les arbres, le pétrole, etc.
  • institutionnel : ensemble des institutions politiques ou juridiques qui permettent d'établir des cadres et contraintes humaines qui structurent les interactions politiques, économiques et sociales.
Exemples : Le Parlement Européen, l’ONU, la communauté de communes, etc.

Pour analyser le développement durable, il faut se baser sur les différents capitaux qu'un pays est en capacité d'accumuler pour assurer le bien-être de la population, ce que les auteurs appellent la base productive. Le développement soutenable s’intéresse donc au « capital productif » et adopte une approche patrimoniale (c'est-à-dire en termes de stocks et pas seulement de flux) des quatre types de capitaux.

Les économistes s’interrogent alors désormais sur la manière de conserver le stock de capital naturel tout en maintenant une certaine croissance économique. Il faut optimiser les prélèvements naturels, limiter les externalités en en faisant porter le cout sur la collectivité ou le responsable.

Exemples : Remplacer les arbres coupés, faire des forages pétroliers de grande profondeur en mer, etc. Mais aussi faire payer aux pollueurs les conséquences de leur activité comme avec la taxe carbone.

De ce fait, l’État a un rôle essentiel à jouer dans cette préservation du capital naturel entre mener une soutenabilité forte ou faible.

2. Comment soutenir durablement la croissance
a. La soutenabilité forte : la préservation du capital naturel

La soutenabilité forte suppose que les différents types de capitaux sont complémentaires, c'est-à-dire que l'on ne peut remplacer du capital d'un type par du capital d'un autre type. En conséquence, les générations présentes ne doivent pas amoindrir les stocks de capitaux, quels qu'ils soient. Il faut notamment léguer aux générations futures un stock de capital naturel qui ne soit pas inférieur au stock présent. Cela implique une non-décroissance du capital naturel et une limitation de l'extension du capital « artificiel » (il s'agit surtout du capital fixe productif), car on ne peut augmenter son stock sans détruire des ressources naturelles.

La croissance épuise les stocks de capital non-renouvelable, mais aussi les stocks de capital renouvelable lorsque le taux de prélèvement est supérieur au taux de régénération.

Exemple : La surpêche.

Cela conduit à la notion de capital naturel critique pour désigner le capital naturel menacé de disparition irréversible et dont la perte aurait des conséquences de long terme sur l'économie et le développement.

Exemples : L’extinction d’espèces à cause de la surpêche ou de la déforestation, l’épuisement de l’eau, etc.

L’alternative serait de concilier la croissance et la préservation de l'environnement. Il convient de déterminer d'une part le capital naturel critique (celui qui n'a pas de substitut), et d'autre part de substituer les autres formes de capital au capital naturel non critique.

b. La soutenabilité faible de la croissance : la substituabilité des capitaux et le rôle du progrès techniques

La soutenabilité faible est la conception dominante en économie : le capital naturel et les autres formes de capitaux sont substituables.

Il faut donc maintenir un stock de capital global : le capital naturel peut diminuer mais il faut une compensation avec les autres formes de capitaux (capital physique ou humain). Le développement sera donc durable si une génération est capable de transmettre à la génération suivante un stock de capital au moins égal.

Exemple : Remplacer le poisson sauvage par du poisson d’élevage.

Le progrès technique peut permettre à l'Homme de diminuer son besoin de capital naturel en fournissant un ensemble de « techniques de remplacement ».

Exemples : La découverte de nouveaux gisements, la dépollution, l’histoire, les innovations dans le DD, etc.

 

La courbe de Kuznets environnementale

 

 La courbe de Kuznets environnementale est le résultat d'études empiriques qui tendraient à confirmer cette vision de la soutenabilité.

  • phase 1 : la croissance économique engendrerait durant un premier temps une dégradation de l'environnement ;
  • phase 2 : les ressources dégagées par la croissance permettent de réduire cette dégradation en développant des technologies moins couteuses en matières premières et plus écologiques. La tertiarisation de l'économie, qui participe à ce phénomène car les activités de service peuvent être moins coûteuses en énergie et matières premières.
Exemple : La Chine.

De ce fait, les arguments des deux pensées doivent être analysés et observés avec pragmatisme.

 

 

En conclusion, la croissance économique se heurte à des limites écologiques mais aussi sociales, cependant, grâce au progrès technique et dans une dynamique de développement durable, la croissance semble soutenable.

Vous avez déjà mis une note à ce cours.

Découvrez les autres cours offerts par Maxicours !

Découvrez Maxicours

Comment as-tu trouvé ce cours ?

Évalue ce cours !

 

quote blanc icon

Découvrez Maxicours

Exerce toi en t’abonnant

Des profs en ligne

  • 6 j/7 de 17 h à 20 h
  • Par chat, audio, vidéo
  • Sur les matières principales

Des ressources riches

  • Fiches, vidéos de cours
  • Exercices & corrigés
  • Modules de révisions Bac et Brevet

Des outils ludiques

  • Coach virtuel
  • Quiz interactifs
  • Planning de révision

Des tableaux de bord

  • Suivi de la progression
  • Score d’assiduité
  • Un compte Parent

Inscrivez-vous à notre newsletter !

Votre adresse e-mail sera exclusivement utilisée pour vous envoyer notre newsletter. Vous pourrez vous désinscrire à tout moment, à travers le lien de désinscription présent dans chaque newsletter. Conformément à la Loi Informatique et Libertés n°78-17 du 6 janvier 1978 modifiée, au RGPD n°2016/679 et à la Loi pour une République numérique du 7 octobre 2016, vous disposez du droit d’accès, de rectification, de limitation, d’opposition, de suppression, du droit à la portabilité de vos données, de transmettre des directives sur leur sort en cas de décès. Vous pouvez exercer ces droits en adressant un mail à : contact-donnees@sejer.fr. Vous avez la possibilité de former une réclamation auprès de l’autorité compétente. En savoir plus sur notre politique de confidentialité