Les choix politiques et économiques faits après l'indépendance - Cours d'Histoire Terminale pro avec Maxicours

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Les choix politiques et économiques faits après l'indépendance

Devenue indépendante le 3 juillet 1962, l’Algérie se retrouve confrontée à des choix en termes de politique et d’économie.

Pour ce nouvel Etat, qui se veut non-aligné, quel modèle de développement adopter et quelles en sont les conséquences ?
1. Une démarche politique heurtée
a. Ben Bella et le GPRA
A la date de l’indépendance, le Gouvernement Provisoire de la République Algérienne, qui avait été proclamé en pleine guerre d’indépendance, en 1958, prend ses fonctions à Alger.

Ahmed Ben Bella, un des chefs historiques qui critique la légitimité de ce GPRA devient ensuite Premier ministre, puis Président de la République l’année suivante après la mise en place d’une Constitution. Il instaure un régime autoritaire qui s’appuie sur un parti unique le FLN et définit l’Algérie comme une République socialiste.

Pour pouvoir diriger sans partage, il organise des purges à l’intérieur du FLN mais aussi dans l’armée, ce qui entraîne de graves dissensions au sommet de l’Etat.
b. Houari Boumédiène
Opposé aux choix politiques adoptés, Houari Boumédiène, colonel de l’ALN, ministre de la défense, renverse Ben Bella par un coup d’Etat militaire le 19 juin 1965 et devient le nouveau Président de la République.

Il acquiert peu à peu sur la scène internationale, une certaine aura grâce à ses actions comme :
- l'internationalisation des gisements de pétrole et de gaz algériens en février 1971, jusqu’alors exploités par la France ;
- l'organisation du grand sommet des non-alignés à Alger en 1973 ;
- son intervention en 1974, à la tribune de l’Onu appelant l'avènement d'un ordre économique plus juste envers le Tiers Monde. 

Au niveau de la politique intérieure, il encourage une forte natalité et fait des choix économiques qui rapprochent définitivement son pays de l’URSS. Enfin c'est aussi durant son mandat que l’Islam devient religion d’Etat, en 1976.
c. Les années de crise
Boumédiènemeurt en décembre 1978 et rapidement les choix économiques qu'il a faits montrent leurs limites. En raison de ses difficultés croissantes, la population se détourne du régime. En 1988, les émeutes de la faim sont violemment réprimées et font plus de 500 morts.

Face à cette situation qui devient impossible à gérer le Président de la République Chadli Bendjedid modifie la constitution et le régime se démocratise. De nouveaux partis politiques voient le jour ainsi que de nouveaux journaux.

Mais le mécontentement fait le jeu de Front Islamique de Salut (FIS) qui remporte les élections municipales de juin 1990. L’année suivante les élections législatives sont interrompues après le premier tour.

Pour éviter une nouvelle victoire du FIS, Le FLN le déclare hors la loi. Cette décision plonge l'Algérie dans une terrible guerre civile qui oppose l’armée aux groupes islamiques armés (GIA), bras armé du FIS qui assassine à tour de bras civils, intellectuels et représentants des forces de l’ordre. Ces années noires ont fait plus de 100 000 morts.

C'est aussi durant cette période de troubles que l'Algérie perd un président, Mohammed Boudiaf, assassiné le 26 juin 1992. 
d. La détente
Depuis le 27 avril 2004 le Président Abdelaziz Bouteflika, soutenu par l’armée, dans le cadre de la loi de « Concorde Civile » œuvre pour la réconciliation nationale ; le régime se démocratise un peu plus et Abdelaziz Bouteflika se rapproche du modèle occidental de développement.

Si une partie des combattants du FIS ont déposé les armes dans le cadre de la volonté de réconciliation nationale, d’autres ont rejoint le Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC) affilié à Al Qaida au Maghreb qui continue les attentats sanglants. La crise politique qui s'est ouverte au début des années 1990, n’est donc pas terminée.
2. Des choix économiques contestables
a. La rente pétrolière et le rôle de l’Etat
La nationalisation des hydrocarbures a doté l’Algérie d’importantes ressources financières qui ont permis de développer d’ambitieux programmes de modernisation : logements, axes de communication, infrastructures portuaires, écoles et industries lourdes.

L’Algérie se transforme dans le cadre d’une planification étatique qui définit les priorités. Le premier choc pétrolier (1973) provoque une embellie mais après le second en 1979, la politique d’économies d’énergie menée par les pays occidentaux fait chuter les revenus du pétrole, déstabilise l’équilibre social, paupérise une grande partie de la population, creuse les inégalités et provoque un mécontentement général qui a été exploité politiquement par le Front Islamique du Salut.
b. Le modèle soviétique
Alignée dès le milieu des années 60 sur le modèle soviétique de développement économique, l'Algérie donne la priorité à l’industrie lourde et aux industries industrialisantes permettant ainsi de valoriser la production d’hydrocarbures : raffineries, usines de liquéfaction du gaz, sidérurgie portuaire et par voie de conséquence de créer des richesses. 

Mais les besoins de base de la population ne sont pas satisfaits faute d’industries de transformation et de productions de biens de consommation. Seule la création d’industries de main d’œuvre, choix fait par les autres pays décolonisés auraient permis de créer des emplois en grand nombre et d’assurer du travail à une population jeune et dont la croissance démographique reste forte.

Seule une économie souterraine et un trafic avec les pays du sud de l’Europe, sur lequel les autorités algériennes ferment les yeux, permet de pallier les carences du système économique.
c. L’agriculture sacrifiée
Les petites dépressions côtières (Mitidja) ou les Hautes Plaines peu fertiles, très froides l’hiver et peu arrosées ne se prêtent pas à l'agriculture collectiviste. Or dans le cadre de ses choix économiques, l'Algérie a opté pour ce type d'agriculture. Ce choix suscite en outre, une frustration au sein de la petite paysannerie qui pensait accéder à la propriété de petites exploitations avec l'indépendance du pays. Mais les grands domaines de la colonisation sont devenus de grands domaines d’Etat.
En résulte une dépendance alimentaire de l’Algérie vis à vis de l'extérieur : elle doit ainsi importer plus de la moitié de ses besoins. Les produits de base sont subventionnés par l’Etat.

Mais depuis une dizaine d'années l'agriculture privatisée se développe et contribue à améliorer nettement les rendements.
L’essentiel

L’Algérie indépendante présente un certain nombre de caractères originaux. D’abord les difficultés politiques liées à un régime autoritaire et qui ont amené à une terrible guerre civile dans les années 90. Il a fallu cette dure épreuve pour qu’un peu de démocratie s’installe mais la menace terroriste plane toujours.

Originaux aussi les choix économiques car bien qu'elle se déclare comme non-aligné, l’Algérie a largement calqué son développement sur le modèle soviétique. C’est un choix discutable pour un pays en développement dans lequel des industries de main d’œuvre auraient créé des emplois et satisfait les besoins de la population dans un contexte d’explosion démographique. Enfin la collectivisation des terres apparaît comme une réponse inadaptée à la réalité géographique, aux attentes de la paysannerie et aux besoins alimentaires.

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