Le travail - Cours de Philosophie avec Maxicours - Lycée

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1. Le travail est-il punition ou essence même de l'homme ?
a. Le travail comme punition
« Tu travailleras à la sueur de ton front », dans cet extrait de la Genèse, le travail prend la forme d'une ultime punition de Dieu faite à l'homme qui ne pourra plus récolter les fruits de la nature sans effort. Cette conception se retrouve au cœur même de l'étymologie du terme « travail » : il provient du latin tripalium, qui désigne un instrument de torture. Si dans l’Antiquité grecque le travail s’oppose à l’activité intellectuelle (il est réservé aux esclaves), il correspond donc, au sein de la civilisation judéo-chrétienne, à une malédiction divine.
b. Le travail comme marque de l'humanité
N'est-ce pas par l'effort même que l'homme peut construire son humanité ? Par le travail, nous nous confrontons à la nécessité du réel et nous construisons une activité intelligente pour dominer en partie la nature (dont nous faisons partie) et la spiritualiser.
Kant, dans les Propos de pédagogie (ou Réflexions sur l’éducation, 1803), estime que « la discipline garde l’homme de s’écarter, par la faute de ses impulsions animales, de sa destination, l’humanité » (Introduction). Il estime que le travail fait partie de la discipline (IX, 471) ; c’est pourquoi il est, selon lui « de la plus haute importance que les enfants apprennent à travailler. L’homme est le seul animal pour qui le travail soit obligation ».
c. Existe-til un travail dans le monde animal ?
Peut-on parler d'un travail dans le monde animal ? Si des analogies sont possibles entre l'activité animale et le travail humain, les différences restent essentielles. Le travail humain est la réalisation d'un projet conscient qui passe nécessairement par une représentation préalable et qui se complète par la recherche et la fabrication d'outils complexes. Réservons donc le terme de travail pour l'action humaine et ne l'appliquons pas au monde animal.

2. Le travail comme médiation et source de liberté
a. Le travail comme lieu de contruction de notre liberté
Le travail constitue une médiation entre la nature et la culture humaine. Il confère à l'homme le statut d'humain, capable de transformer la nature et ainsi de se transformer lui-même continuellement. Cette dialectique met bien en évidence qu'il n'y a pas de nature humaine, ou plutôt, que s'il y a une nature, elle doit se transformer en une culture. Ainsi l'homme est-il un être à éduquer par le travail. Dans cette transformation de la nature par le travail, l'homme se reconnaît et reconnaît sa propre nature ; il y construit sa liberté.
b. Le travail comme médiation
Le travail établit ainsi une médiation entre soi et soi-même. Dans La Phénoménologie de l'Esprit, Hegel (1770-1831), dans ce qu’il nomme la « dialectique du maître et de l’esclave », souligne que c'est par le travail que l'homme se réalise en tant qu'homme et en tant que conscience libre. Le maître se contente en effet de jouir des choses que l’esclave a produites pour lui, ce qui finalement ne peut le satisfaire. En s'extériorisant, grâce aux objets qu’elle produit dans le réel, « la conscience » de l’esclave peut contempler son propre pouvoir au sein même de ce réel : « C’est par la médiation du travail que la conscience vient à soi-même ». Ainsi l’esclave acquiert-il sa supériorité sur le maître. Il devient, grâce au travail, dit Hegel, le « maître du maître », tandis que le maître devient l’« esclave de l’esclave ». La dialectique de la maîtrise et de la servitude se trouve ainsi renversée.
c. La valeur sociale du travail
Au-delà de ce rôle essentiel du travail, nous pouvons également lui accorder une valeur sociale fondamentale. Médiation entre moi et autrui, entre moi et la société, le travail permet de construire mon identité au sein d'un tissu social complexe.

3. Le travail exploité et aliéné
a. L'exploitation de l'homme par le travail : la position de Karl Marx
Si le travail est l'essence de l'homme et le conduit vers la culture et la liberté, l'exploitation et l'aliénation restent possibles. La division du travail, accentuée par la société industrielle, impose des tâches parcellaires à l'homme qui s'enferme dans une activité déterminée, parfois non choisie. Avec l'apparition du monde ouvrier naît aussi, selon Marx (1818-1883), l'exploitation de l’homme par le travail. Le propriétaire des moyens de production achète la force de travail de l'ouvrier, son énergie physique et nerveuse. Malgré le salaire, une partie du travail de l'ouvrier, la plus-value, n'est pas payée.

Par ailleurs, l'homme se trouve devant un produit dans lequel il ne se reconnaît pas et, contrairement à l'artiste, le travailleur voit dans l'objet réalisé une réalité qui lui est radicalement étrangère. Le travail est donc, pour Marx, une aliénation (Manuscrits de 1844), lorsqu’il n’est plus une fin, mais uniquement un moyen. Dire que le travail doit demeurer une fin pour l’homme, c’est admettre que le travail fait partie de son essence : contrairement à l’animal, l’homme continue de travailler, même si ses besoins sont satisfaits. De fin en soi le travail se transforme en simple moyen lorsque l’homme doit travailler pour subvenir à ses besoins, c’est-à-dire pour survivre : « On aboutit donc à ce résultat que l’homme (le travailleur) ne se sent agir librement que dans ses fonctions animales : se nourrir, boire, se reproduire, ou encore, au plus, dans son habitation, dans la façon de s’habiller, etc. Ce qui est animal devient humain, ce qui est humain devient animal ».
b. Le travail nous détourne des activités les plus nobles : la position de Nietzsche
Nietzsche a apparemment des considérations similaires, lorsqu’il écrit, dans le § 42 du Gai savoir (1883 et 1887) : « Se trouver un travail pour avoir un salaire : voilà ce qui rend aujourd’hui presque tous les hommes égaux dans les pays civilisés  ; pour eux tous le travail est un moyen et non la fin (…) Or, il y a des hommes rares qui préfèrent périr que de travailler sans plaisir ». Toutefois, Nietzsche critique ouvertement la « glorification » ou la « bénédiction » du travail ; selon lui, « le travail use la force nerveuse dans des proportions extraordinaires, il retire cette force à la réflexion, à la méditation, aux rêves, aux soucis, à l’amour et à la haine, il place toujours devant les yeux un but mesquin et accorde des satisfactions faciles et régulières » (Aurore, § 173, 1881) Le travail nous détourne donc des activités les plus nobles. La société y trouve néanmoins son compte : les individus, absorbés par le labeur, ne seront ni imaginatifs ni créatifs ; leur énergie sera consommée par la travail, et elle pourra ainsi jouir d’une « plus grande sécurité ».

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