Le temps des cohabitations- Terminale- Histoire - Maxicours

Le temps des cohabitations

Objectif

Connaître la vie politique en France à l’époque des trois cohabitations entre 1986 et 2002.

Points clés
  • La cohabitation consiste à avoir au pouvoir un président et un Premier ministre de partis politiques différents. La cohabitation au sein de l’exécutif rend l’exercice du pouvoir plus complexe.
  • La première cohabitation se déroule entre le président François Mitterrand et son Premier Ministre Jacques Chirac entre 1986 et 1988.
  • La deuxième cohabitation se déroule entre le président Mitterrand et son Premier ministre Édouard Balladur entre 1993 et 1995.
  • La troisième cohabitation se déroule entre le président Jacques Chirac et son Premier ministre socialiste Lionel Jospin entre 1997 et 2002.
  • Le référendum de 2000 réduit le mandat présidentiel à 5 ans.
  • La quinquennat met fin à la cohabitation.
1. Les gouvernements de cohabitation des années Mitterrand

La Ve République a donné la primauté du pouvoir exécutif sur celui du législatif, c’est un régime semi-présidentiel. À la tête de l’État se trouve le président de la République, il nomme son Premier ministre, qui est le chef du gouvernement. De 1958 à 1986, le binôme exécutif est composé d’un président et de son Premier ministre appartenant à la même formation politique. Cependant, les élections de 1986 introduisent une nouveauté institutionnelle : la cohabitation au sommet de l’État. Le président et son Premier ministre appartiennent à des partis politiques rivaux.

En 1981, la gauche unie à travers le programme commun qui associe les socialistes et les communistes remporte les élections présidentielles. François Mitterrand devient le président de la République pour sept ans et nomme comme Premier ministre le socialiste Pierre Mauroy. Laurent Fabius lui succède en 1984 avec pour mission de moderniser le pays.

En 1986, ont lieu des élections législatives car les députés élus en 1981 achèvent leur mandat de 5 ans alors que les prochaines élections présidentielles sont prévues en 1988, soit 2 ans plus tard. Les cinq premières années du mandat de Mitterrand ont rendu le président impopulaire, son bilan économique est jugé mauvais puisque le chômage a poursuivi sa progression entamée depuis la crise économique de 1973. Le 16 mars 1986, les partis de droite obtiennent une légère avance qui leur permet d’obtenir la majorité relative à l’Assemblée nationale. La situation est inédite, l’Assemblée est composée de députés opposés au président de la République arrivé au pouvoir plus tôt. François Mitterrand doit nommer comme chef de gouvernement le chef de l’opposition de droite : Jacques Chirac devient le Premier ministre. Cette innovation constitutionnelle prend le nom de cohabitation puisque les deux têtes de l’exécutif doivent cohabiter malgré leurs désaccords, dans l’intérêt supérieur de la nation.

La première cohabitation se déroule 1986 à 1988, l’exécutif est divisé et les deux hommes sont en conflit ouvert. Mitterrand attaque la politique intérieure du gouvernement qui est très libérale. La droite va remettre en question les réformes économiques mises en place par les socialistes et leurs alliés depuis 1981. Elle supprime l’impôt sur les grandes fortunes, privatise de nombreuses sociétés qui quittent le secteur public pour rejoindre celui du privé. Quant au président, son action est plutôt tournée vers la politique étrangère, le Premier ministre tente de lui disputer ce rôle mais en vain, car la constitution fait du président le représentant de la France dans le monde. En 1988, le bilan du gouvernement Chirac est critiqué : sa politique économique a creusé les inégalités sociales, la contestation sociale est forte. Quant au président, il est apparu au-dessus des clivages ; François Mitterrand retrouve une certaine popularité, il apparaît comme « une force tranquille ». Les élections présidentielles de 1988 permettent la reconduction du septennat face à son adversaire, l’ancien Premier ministre est largement battu.

En 1993, de nouvelles élections législatives ont lieu, il faut renouveler l’assemblée élue en 1988. On retrouve la même configuration que celle de 1986. Il reste deux ans de mandat au président Mitterrand puisque les élections présidentielles sont prévues en 1995. La gauche est usée par cinq années de mandat, son bilan économique est jugé mauvais puisque le nombre de chômeurs a dépassé la barre des trois millions. La droite remporte donc les élections et une nouvelle cohabitation se met en place. Mitterrand nomme cette fois-ci Édouard Balladur comme Premier ministre. Jacques Chirac préfère préparer sa candidature à la présidentielle, ayant tiré les enseignements de son échec en 1988.

Cette cohabitation est plus apaisée que la première, les deux hommes entretiennent des relations cordiales, chacun des responsables de l’exécutif se concentre sur son action, le président est la voix de la France à l’étranger, le Premier ministre s’occupe de la politique intérieure.

2. Chirac, le champion de la cohabitation durant son premier mandat

En 1995, la troisième tentative est la bonne pour Jacques Chirac, il est élu facilement Président de la République face à une gauche épuisée par les deux septennats de Mitterrand. Entre 1995 et 1997, le nouveau président se lance dans une politique libérale et réformatrice qui lui vaut une forte opposition du monde du travail. Des grèves massives paralysent le pays et la contestation s’amplifie.

Sur le conseil de son Premier ministre, Alain Juppé, il décide de dissoudre l’Assemblée nationale afin de contrer la contestation, comme l’avait fait De Gaulle en juin 1968. Il souhaite démontrer que la majorité silencieuse des Français le soutient. C’est une mauvaise idée pour son gouvernement qui est battu en 1997 aux élections législatives. Ironie de l’histoire, la situation s’inverse pour Chirac puisqu’il se retrouve dans la situation de Mitterrand en 1986 et 1993, il doit choisir un Premier ministre de gauche : ce sera le socialiste Lionel Jospin. Pourtant la situation est bien différente car cette troisième cohabitation se produit après seulement deux années de septennat et non lors des deux dernières.

Entre 1997 et 2002, c’est une cohabitation apaisée, le président et le Premier ministre se concentrent sur leur domaine de compétence. La situation se tend entre les deux hommes à l’approche des élections de 2002, pour lesquelles ils sont tous les deux candidats. Le résultat du 1er tour déjoue toutes les prévisions, ce n’est pas le 2e tour traditionnel opposant la droite à la gauche mais un duel entre Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen qui a dépassé d’une courte tête Lionel Jospin. Pour la première fois depuis le régime de Vichy un candidat d’extrême-droite est aux portes du pouvoir. Le 2ème tour va être un véritable triomphe pour Jacques Chirac, il est élu à plus de 82 % des voix, un score exceptionnel alors qu’il avait obtenu moins de 20 % des suffrages au 1er tour. Un véritable barrage républicain et démocratique s’est formé contre le candidat d’extrême-droite.

3. La réforme du quinquennat et la fin de l’anomalie constitutionnelle

La 3è cohabitation amène le président Chirac à réduire la durée du mandat présidentiel. En passant du septennat au quinquennat le mandat des députés prendrait fin en même temps que le mandat du Président. Cela permet de ne plus avoir ce décalage de deux années, les élections législatives se feraient dans la foulée des élections présidentielles. La possibilité de cohabitation serait alors fortement réduite puisque les Français éliraient successivement le président puis les députés, le chef de l’État n’aurait pas le temps de devenir impopulaire et la couleur de l’assemblée serait celle de l’Élysée.

Cette réforme de la constitution sera donc présentée aux Français par référendum. Le 24 septembre 2000 ils votent massivement pour le «oui«, la cohabitation si elle a l’avantage de permettre à la gauche et à la droite de gouverner, gêne le fonctionnement et l’efficacité du pouvoir exécutif. En 2002, les élections portent donc au pouvoir le nouveau président pour cinq ans. C’est la fin de 129 années de septennat, inauguré par le président au penchant monarchiste Mac Mahon, qui avait dû d’ailleurs démissionner en 1879, un an avant la fin de son mandat face à la poussée de la gauche républicaine.

Le quinquennat met fin à la cohabitation, les présidents suivants de Jacques Chirac à Emmanuel Macron en passant par Nicolas Sarkozy et François Hollande n’ont plus eu à subir la cohabitation avec un Premier ministre qui était également un adversaire politique.

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