La fin de l'apartheid en Afrique du Sud - Maxicours

La fin de l'apartheid en Afrique du Sud

Objectifs
  • Connaitre les origines et les caractéristiques du régime de l'apartheid en Afrique du Sud.
  • Comprendre dans quelles conditions l’apartheid a pris fin pour céder la place à la « nation arc-en-ciel ».
Points clés
  • L'installation coloniale se fait sur plusieurs siècles. Les Africains noirs tentent de lutter contre la domination européenne au début du XXe siècle. Les Européens menacés mettent alors en place les premières lois discriminatoires.
  • Dans les années 1920 et 1930, l'Afrique du Sud connait un essor économique grâce à l'exploitation des minerais et à la domination des populations locales à travers un système de ségrégation.
  • En 1948, le système de l'apartheid est mis en place. Les populations non blanches sont regroupées et relayées dans des quartiers séparés. Elles vont s'organiser pour lutter contre le système.
  • Au niveau mondial, il est critiqué, avant d'être condamné en 1962 par l'ONU.
  • Pieter Botha, entre 1978 et 1989, œuvre pour réduire les tensions entre les populations. C'est Frederik de Klerk qui abolira le système ségrégationniste de l'apartheid.
  • Devenu président en 1994, Mandela cherche à établir la « nation arc-en-ciel » avec une parfaite égalité entre populations blanches et populations de couleur.
1. Naissance d’un système discriminatoire en Afrique du Sud
a. Installation coloniale et conflits européens

En 1652, les Hollandais de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales s’installent dans le sud de l’Afrique et fondent une colonie en créant la ville du Cap. Ce choix est lié à la position stratégique de la pointe sud du continent qui constitue un point de ravitaillement pour les commerçants européens sur la route vers les Indes.

Des colons blancs mettent donc le pied sur le continent noir avec pour projet de s’y installer définitivement. Pourtant la région est peuplée par les populations bantoues avec lesquelles les premiers conflits éclatent pour le contrôle des terres et l’appropriation des ressources. La colonie prospère et s’agrandit, les habitants que l’on appelle les Boers y développe une culture singulière et une langue qui leur est propre, l’Afrikaans dérivée du néerlandais.

En 1795, les Anglais convoitent ce territoire stratégique et entre en conflits avec les Boers. Des affrontements entre Européens éclatent et amènent les Hollandais à quitter la zone côtière pour s’enfoncer à l’intérieur des terres, c’est « le Grand Trek » ou migration vers les terres de l’intérieur et la création d’États indépendants comme le Transvaal ou le Natal. Les conflits se multiplient entre Anglais et Hollandais, donnant naissance aux guerres des Boers tout au long du XIXe siècle.

Après la victoire britannique, les Européens blancs mettent fin à leur querelle et s’associent pour former en 1910 l’Union de l’Afrique du Sud. Dans le même temps les Africains noirs créent l’ANC en 1912 (African National Congress) pour lutter contre la domination européenne. Minoritaires face aux populations des groupes bantoues, les Blancs souhaitent défendre leurs intérêts, se sentant menacés ils mettent en place les premières lois discriminatoires. Le Natives Land Act de 1913 instaurent une politique de ségrégation qui regroupe les populations de couleur dans des réserves et leur interdit la propriété des terres.

b. Le développement de l’Afrique du Sud

Dans les années 1920, le nouvel État connait un développement accéléré grâce à l’exploitation des énormes ressources de ce pays notamment en minerais (or et diamants). De nouvelles villes apparaissent comme Johannesburg située dans une région au sous-sol prometteur. La croissance économique est pourtant basée sur la domination et l’exploitation des populations noires qui constituent une grande partie de la classe ouvrière peu payée et sans aucun droit. Le gouvernement sud-africain de cette époque développe un système de ségrégation fortement marqué par le racisme et l’idéologie nazie qui imprègne les élites européennes dans les années 1930 et 1940.

En 1948, des élections pour lesquelles seuls les blancs ont le droit de vote, amènent au pouvoir une coalition nationaliste Boer. Elle met en place le système de l’apartheid qui signifie en afrikaans « séparation ». Elle s’inspire de la ségrégation pratiquée dans le Sud des États-Unis qui créé une société séparant de manière radicale les Européens et les personnes de couleur (Noirs, Indiens, Métis).

Les Européens contrôlent alors une vaste partie du pays, alors qu’ils rassemblent deux millions de personnes, ils contrôlent 93 % de l’Union sud-africaine. Les populations non blanches qui regroupent six millions de personnes sont relayées dans des quartiers séparés. Dans les villes, elles vivent dans des bidonvilles ou slums qui prennent le nom de Township. Les maisons dans ces quartiers dégradés et sous-équipés sont surnommées les matchbox houses pour « maison boite d’allumettes ».

Exemple
Le plus vaste township est Soweto (South Western Township) situé dans la banlieue éloignée de Johannesburg, il rassemble près de 700 000 d’habitants dans les années 1970.
L'Apartheid, visible jusque sur les panneaux de signalisation en Afrique du Sud. On peut y lire « Station de taxis réservée aux blancs » (11 avril 1967) ǀ Nationaal Archief/Collectie Spaarnestad/UPI/Fotograaf onbekend / Bridgeman Images
2. La contestation de l’apartheid
a. Les populations de couleur s’organisent

Face aux injustices et à la ségrégation instaurée par le gouvernement sud-africain, les populations de couleur rejoignent massivement des organisations anti-apartheid qui ont été interdites par le régime, l’ANC et le parti communiste. Dans les années 1960, des leaders émergent et appellent à l’égalité civile entre Noirs et Blancs, ils s’appellent Nelson Mandela, Walter Sisulu ou encore les Européens Hilda et Lionel Bernstein. Ces opposants sont arrêtés et emprisonnés, la liberté d’expression et la contestation de la dictature sud-africaine est sévèrement réprimée. Nelson Mandela sera détenu dans la prison de Robben Island au large du Cap entre 1963 et 1990 dans des conditions très dures.

En 1976, le ghetto noir de Soweto s’embrase, les conditions indignes de vie et la ségrégation ont accumulé les rancœurs. L’étincelle qui met le feu aux matches box est provoquée par l’obligation pour les écoliers d’apprendre la langue des blancs, l’Afrikaans, symbole du régime d’apartheid. De violents affrontements éclatent entre la population du Township et la police qui tire sur les manifestants faisant 575 morts.


b. L’Afrique du Sud au ban des nations

Au niveau mondial le régime d’apartheid est de plus en plus critiqué par les opinions publiques même s’il bénéficie du soutien des États-Unis qui y voit un rempart contre le communisme sur le continent africain en pleine période de Guerre froide. L’arrestation de Mandela, vivant dans la clandestinité et sympathisant communiste, a été rendue possible par des agents de la CIA travaillant avec les autorités sud-africaines.

En 1962, l’ONU condamne le régime raciste de l’apartheid, puis un certain nombre de pays appellent au boycott international de l’Afrique du Sud en Afrique et en Europe. Le CIO (Comité international olympique) interdit de jeux le pays qui pratique la ségrégation dans le sport.

3. Vers la fin de l’apartheid
a. Les premières réformes du gouvernement Botha

À partir des années 1980, les condamnations internationales, les pressions économiques venant notamment des États-Unis, l’isolement du pays sur la scène internationale amènent l’Afrique du Sud à réformer le régime d’apartheid.

Sous l’action du premier ministre, puis président de la République, Pieter Botha, entre 1978 et 1989, la ségrégation et la dictature se font moins brutales sans pour autant disparaitre. Les syndicats de travailleurs noirs sont autorisés et les populations de couleur peuvent rejoindre des partis politiques. Les milieux conservateurs et nationalistes blancs contestent vivement ces mesures qui constituent une brèche dans le régime d’apartheid.

b. L’abolition de l’apartheid et la naissance de la nation arc-en-ciel

En 1989, un nouveau président est élu à la tête du pays, Frederik de Klerk, il est à l’origine de la chute du régime ségrégationniste. Le contexte international y est favorable avec la chute du mur de Berlin la même année. En effet, le régime sud-africain perd ses derniers soutiens, le communisme n’étant plus une menace, l’appui des occidentaux à la dictature a désormais disparu.

Totalement isolé, faisant face à une contestation grandissante à l’intérieur du pays, mais aussi de la part de l’opinion publique mondiale, De Klerk décide en 1990 la libération de Mandela, un des leaders de l’ANC, en prison depuis 27 ans.

Nelson Mandela, accompagné de son épouse Winnie, à sa sortie de prison, le 11 février 1990. ǀ Nationaal Archief/Collectie Spaarnestad/ANP/Fotograaf onbekend / Bridgeman Images

Entre 1991 et 1993, les fondements du système ségrégationniste de l’apartheid sont progressivement supprimées. En 1993, De Klerk et Mandela reçoivent le prix Nobel de la paix pour leur action.

En 1994, le nouveau régime démocratique porte au pouvoir Nelson Mandela qui devient président de la République élu avec plus de 60 % des voix, il met en place le premier gouvernement multiracial du pays. Il va désormais s’employer à rassembler les sud-africains et créer « la nation arc-en-ciel » dans laquelle cohabitent dans une parfaite égalité les populations de couleur et les Blancs.

La commission « vérité et réconciliation », mise en place en 1996-1997 et présidée par l’évêque Desmond Tutu, doit solder les comptes du régime et réconcilier les habitants. Pour cela en contrepartie de leurs aveux les criminels de l’apartheid et les militants de l’ANC ayant commis des attentats sont acquittés.

Pourtant les tensions demeurent, les oppositions politiques restent fortes, l’ANC connait des divisions internes et les nostalgiques de l’apartheid mènent des actions sanglantes contre le nouveau régime. En outre, la nouvelle société multiraciale d’Afrique du Sud doit faire face à de nombreux défis comme la persistance de la grande pauvreté des populations noires et la violence endémique dans les villes qui sont parmi les plus dangereuses du monde.

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