La crise de 1929 au États-Unis - Maxicours

La crise de 1929 au États-Unis

Objectif
  • Comprendre les grands mécanismes de la crise de 1929 aux États-Unis.
Points clés
  • La croissance des années 1920 aux États-Unis est spectaculaire mais trompeuse, la frénésie de la production et de la consommation masquent en effet des fragilités.
  • Le jeudi 24 octobre 1929, une bulle spéculative éclate et provoque le plus violent krach boursier de l’histoire du capitalisme.
  • La crise boursière entraîne aussitôt une crise bancaire, ce qui provoque l’effondrement général de l’économie et une crise sociale extrêmement brutale.
1. La croissance des années 1920, spectaculaire mais trompeuse
a. Les « Roaring Twenties »

Après les crises politiques, économiques et sociales qui ont suivi la Première Guerre mondiale, entre 1918 et le début des années 1920, le monde capitaliste retrouve la croissance. Les États-Unis, 1re puissance économique depuis 1913, s’imposent comme le nouveau phare du capitalisme. La croissance des années 1920 est plus forte que jamais. Ce sont les « Roaring twenties », les « Années folles ».

Pendant ces années folles, on produit comme on ne l’avait jamais fait, grâce au taylorisme et au fordisme. En 1929, les États-Unis produisent 40 % des biens manufacturés dans le monde. 


Travail à la chaîne dans les usines Ford Motor Company (1910-1920) | © Bridgeman Images 

On consomme également plus que jamais, le plus souvent à crédit, puisque les banques prêtent facilement. Les entrepreneurs et capitalistes états-uniens investissent massivement à l’étranger et les États-Unis supplantent les puissances européennes dans le rôle de créanciers du monde.

À Wall Street, plus grande place boursière au monde, on n'a jamais autant investi et spéculé.

Capitalisme : système économique fondé sur la propriété privée des capitaux et des moyens de production. Le patron d’une entreprise capitaliste vise à faire grossir le capital de son entreprise en produisant davantage pour dégager des bénéfices, qu’il réinvestit massivement dans son entreprise pour développer toujours plus son capital.
OST (ou taylorisme) : organisation scientifique du travail, qui consiste à décomposer le travail de l’ouvrier en une multitude de tâches simples et répétitives, le long d’une chaîne de production, pour augmenter la productivité.
Fordisme : méthode mise au point par Henry Ford au début du XXe siècle, qui combine l’OST, l’organisation scientifique du travail de Taylor (ou taylorisme) et une politique de hauts salaires.
Spéculation : achat d’actions (c’est-à-dire de parts du capital d’une entreprise) à la bourse, dans l’unique but de les revendre à plus ou moins court terme à un cours plus élevé, pour réaliser une plus-value.

 

b. Une croissance trompeuse

Ce contexte constitue un terreau idéal pour qu’une crise éclate. Pourtant, tous les signaux faibles sont masqués par la frénésie de la croissance et de la consommation.

On surproduit, plusieurs marchés arrivent à saturation, celui de l’automobile par exemple. La bourse est bientôt déconnectée de la réalité du marché. Les cours continuent à grimper, on continue à emprunter et à investir en oubliant la demande réelle. Le système est menacé par une bulle spéculative.

Surproduction : production trop importante par rapport à la demande, dans un marché saturé.
Bulle spéculative : hausse artificielle, démesurée des cours des actions à la bourse, déconnectée de la réalité de l’économie. Quand la bulle éclate, surtout si elle touche des secteurs clés de l’économie, on risque le krach boursier.
2. De la crise boursière à l’effondrement de l’économie
a. Le « Jeudi noir »

La crise débute aux États-Unis par une panique boursière. Des statistiques révèlent une baisse des prix du fer, de l’acier et surtout une chute des bénéfices industriels, principalement dans l’automobile.

Quelques spéculateurs vendent massivement leurs titres, provoquant la panique à Wall Street. Le jeudi 24 octobre 1929, le « Jeudi noir », 16 millions de titres sont mis sur le marché à des prix très bas, sans trouver d’acheteurs. La chute s’accélère et les actions industrielles perdent le tiers de leur valeur dans les jours qui suivent. On parle de krach boursier pour désigner l’effondrement des cours des actions.

L’opinion publique, confiante dans la prospérité du pays, ne croit pas à une crise durable. Toutefois, l’effondrement des cours se poursuit, ruinant ainsi des milliers d’actionnaires modestes.

Exemple : Entre 1929 et 1932, l’action « Chrysler » passe de 135 à 5 dollars.

Dès 1930, la crise a gagné l’ensemble de l’économie américaine.

Krach boursier : effondrement brutal du cours des actions à la Bourse.
b. De la crise boursière à l’effondrement général

La crise boursière entraîne aussitôt une crise bancaire, puisqu’on avait jusque-là abusé du crédit. Les spéculateurs eux-mêmes achetaient massivement des actions, le plus souvent à crédit.

Remarque : En 1929, 4 actions sur 5 sont achetées à crédit.

Lorsque la crise éclate, les spéculateurs et les entreprises entraînées vers la faillite par le krach sont incapables de rembourser leurs prêts. De nombreuses banques sont donc emportées par le krach. La panique bancaire succède donc à la panique boursière : la confiance disparaît, les déposants se ruent vers les guichets pour sauver leur argent. La moitié des banques américaines fait faillite.

Cette crise bancaire provoque bientôt l’effondrement général de l’économie, entraînant une cascade de nouvelles faillites d’entreprises et donc un cercle vicieux.

Remarque : En 2008, les États éviteront l'effondrement général en injectant des milliards d’euros ou de dollars pour sauver les banques de la faillite.
3. La crise sociale

Le krach boursier et la faillite des banques provoquent un effondrement brutal de la production industrielle, qui chute de 50 % entre octobre 1929 et août 1932, une multitude de faillites d’entreprises (23 000 en 1929 ; 30 000 en 1932), et, par conséquent, un chômage de masse. Le chômage passe de 3 % en 1929 à 25 % en 1933 !

La crise sociale est extrêmement brutale, dans un pays libéral où les chômeurs ne bénéficient pas de filet de protection sociale. Pour beaucoup, être licencié signifie littéralement se retrouver à la rue, du jour au lendemain.

Dans les villes, les victimes de la crise dépendent de la charité pour trouver un refuge pour la nuit et se nourrir. 


À New York, pendant la Grande Dépression, une foule se presse pour recevoir gratuitement de la nourriture (1930-1935) | © Bridgeman Images

Des foules de chômeurs défilent dans la rue, une pancarte sur le dos, pour décrocher un petit emploi, au moins temporaire, même pour un salaire dérisoire de 1$ par semaine. Des bidonvilles apparaissent, y compris en plein Central Park à New York.

Le monde rural est lui aussi durement touché. Le long des routes, les cabanes de fortune pullulent et des enfants mendient. La famine menace, alors qu’on brûle des stocks de produits comestibles : le système capitaliste semble atteindre ses limites.

 

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