Le registre laudatif - Cours de Français avec Maxicours - Lycée

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Le registre laudatif

Le mot « registre » correspond à ce qu'on appelait avant les tonalités. Ce terme est emprunté au vocabulaire de la musique pour lequel il désigne la palette des sons d'un instrument ou d'une voix (des graves aux aigus). En littérature, il désigne l'impression particulière que provoque un texte sur le lecteur : de la tristesse à la peur, en passant par la joie, toutes les émotions peuvent être engendrées par un texte et l'étude des différents registres a pour objectif de les analyser.
1. Les effets recherchés sur le lecteur
Le registre laudatif est relativement facile à repérer dans un texte, puisqu'il est essentiellement destiné à faire naître l'admiration du lecteur pour les qualités de l'objet, de la personne ou de l'institution évoqués dans le texte. On peut nuancer cette notion d'admiration en signalant qu'il peut également s'agir d'obtenir du lecteur qu'il reconnaisse la valeur supérieure de cet objet, personne ou institution.
2. Les procédés mis en oeuvre
a. Les thèmes
On peut affirmer que tout objet, personne ou institution peut figurer dans un texte laudatif. Néanmoins, il est aisé d'admettre que ce sont des individus grands par leur statut ou par leur fonction qui font le plus souvent l'objet d'éloge.
On relève donc une densité importante d'aristocrates ou de grands commis de l'Etat. Pour ce qui est des institutions, ce sont essentiellement celles qui garantissent les grandes valeurs morales de leur époque qui sont évoquées, telles que la justice ou la république. Enfin, les objets sont des plus hétéroclites puisqu'ils recoupent tous ceux dont la publicité moderne s'est emparée.
b. Les figures de style
Les modalisateurs ponctuent abondamment les textes laudatifs. De toute nature (verbes, adverbes ou adjectifs), ils permettent à l'auteur de se placer en tant que premier admirateur de ce qu'il évoque. Ceci est particulièrement sensible dans le discours que fit le ministre de la Culture de l'époque, à l'entrée des cendres de Jean Moulin au Panthéon le 19 décembre 1964 :

« Comme Leclerc entra aux Invalides, avec son cortège d'exaltation dans le soleil d'Afrique et les combats d'Alsace, entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège. Avec ceux qui sont morts dans les caves sans avoir parlé, comme toi ; et même, ce qui est peut-être plus atroce, en ayant parlé ; avec tous les rayés et tous les tondus des camps de concentration [...]. »
(André Malraux, Oraisons funèbres, 1971.)

Les figures de l'analogie, comme la comparaison, se trouvent au coeur de quasiment tous les éloges, quelle que soit l'époque à laquelle il fut rédigé :

« Marie, vous avez la joue aussi vermeille
Qu'une rose de mai, vous avez les cheveux
De couleur de châtaigne, entrefrisés de noeuds,
Gentement tortillés tout autour de l'oreille. »

(Pierre de Ronsard, Nouvelle Continuation des Amours, ou Amours de Marie, 1556.)

Les exclamations enthousiastes ou désespérées de l'auteur permettent de donner du relief au texte laudatif. Ces procédés sont encore plus privilégiés dans les discours :
« Ô vanité ! ô néant ! ô mortels ignorants de leurs destinées ! L'eût-elle cru il y a dix mois ? »
(Jacques Bossuet, « Oraison funèbre d'Henriette d'Angleterre », 1670 ; Oraisons funèbres, 1689.)

Enfin, la périphrase élogieuse pour désigner l'objet du compliment permet de donner une dimension supplémentaire au texte laudatif ; c'est ainsi que Baudelaire désigne la Femme par cette célèbre périphrase : « A l'ange, à l'idole immortelle » (Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, « Hymne », 1857).

3. Les genres littéraires concernés
L'éloge est bien entendu le genre littéraire, ou plus précisément le sous-genre littéraire, dans lequel le registre laudatif s'exprime le plus pleinement.
Très courant au XVIe et XVIIe siècle, le chant de louanges dressées à un haut personnage était lu quasiment de manière obligatoire lors de ses obsèques.

De nos jours, le registre laudatif élargit son étendue et se rencontre aussi bien dans les romans que dans la presse. Il s'est aussi popularisé et l'on peut dire, d'une certaine manière, que la publicité a remplacé l'oraison funèbre dans l'art du compliment.

L'essentiel

Le registre laudatif n'est pas très répandu au sein des grands genres littéraires que sont la poésie, le roman ou le théâtre. En revanche, il occupa une réelle importance à l'époque classique, au point de constituer un genre à part entière, celui de l'éloge.
De nos jours, le statut du registre laudatif s'est élargi ; on y a recours dès que l'occasion se présente, pas uniquement dans les grandes.

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