Le registre épique - Cours de Français avec Maxicours - Lycée

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Le registre épique

Le mot « registre » correspond à ce qu'on appelait avant les tonalités. Ce terme est emprunté au vocabulaire de la musique pour lequel il désigne la palette des sons d'un instrument ou d'une voix (des graves aux aigus).
En littérature, il désigne l'impression particulière que provoque un texte sur le lecteur : de la tristesse à la peur, en passant par la joie, toutes les émotions peuvent être engendrées par un texte et l'étude des différents registres a pour objectif de les analyser.
1. Les effets recherchés sur le lecteur
Le registre épique s'utilise essentiellement pour faire prendre au lecteur toute la mesure d'une situation exceptionnelle ou du caractère héroïque d'une action. Il s'agit donc d'attiser l'intérêt du lecteur, de l'impressionner afin de provoquer son admiration ou son enthousiasme.
2. Les procédés mis en œuvre
a. Les thèmes
Par définition, les situations et les personnages exceptionnels sont omniprésents dans le registre épique. Des personnages à l'apparence hors du commun ou aux capacités physiques remarquables s'affrontent. Le plus souvent, le lieu de l'action est lui aussi hors normes. Enfin, l'époque même à laquelle se situe l'action est généralement une période tourmentée où guerres et complots font bon ménage ; ce qu'évoquent les poèmes de Heredia :
« C'est alors qu'apparut, tout hérissé de flèches,
   Rouge du flux vermeil de ses blessures fraîches,
   Sous la pourpre flottante et l'airain rutilant,

   Au fracas des buccins qui sonnaient leur fanfare,
   Superbe, maîtrisant son cheval qui s'effare,
   Sur le ciel enflammé, l'Imperator sanglant. »
(José Maria de Heredia, « Soir de bataille », Les Trophées, 1893.)

On a pu noter aussi que, le plus souvent, de tels héros devaient en plus d'affronter la foule, s'opposer aux éléments naturels plus ou moins déchaînés tels que des incendies ou des tempêtes comme celle que connaît Thésée :

« Un effroyable cri, sorti du fond des flots,
   Des airs en ce moment a troublé le repos ;
   Et, du sein de la terre, une voix formidable
   Répond en gémissant à ce cri redoutable. »
(Jean Racine, Phèdre, V, 1, 1677.)
b. Les figures de style
Les figures de l'exagération et de l'amplification sont nettement privilégiées dans le registre épique. Des accumulations et des énumérations marquent la profusion ; le plus souvent, elles sont renforcées par des adverbes de temps qui soulignent l'enchaînement rapide des événements.
« Ils abordent sans peur, ils ancrent, ils descendent,
   Et courent se livrer aux mains qui les attendent.
   Nous nous levons alors, et tous en même temps
   Poussons jusques au ciel mille cris éclatants. »
(Pierre Corneille, Le Cid, IV, 3, 1637.)

On retrouve aussi, dans le registre épique, des comparaisons et des métaphores qui ajoutent à l'impression de grandeur du héros ou au caractère exceptionnel de la situation ou du lieu. C'est ainsi que, décrivant une tempête, Michelet peint l'océan :

« Elles me faisaient l'effet d'un épouvantable mob, d'une incroyable populace, non d'hommes, mais de chiens aboyants, un million, un milliard de dogues acharnés, ou plutôt fous... »
(Jules Michelet, La Mer, 1861.)
c. Le lexique
On trouve dans le registre épique de nombreux termes empruntés à l'Antiquité ou à la période phare de l'épopée, à savoir le Moyen Age, notamment tout un vocabulaire spécialisé pour désigner des armes.
« Il met à nu Durendal, sa bonne épée,
   Il pique des deux, va frapper Chernuble :
   Lui brise le heaume où brillent des escarboucles. »
(La Chanson de Roland, vers 1090.)

Enfin, l'omniprésence des termes collectifs, des pluriels, ainsi que l'emploi de superlatifs et d'adverbes d'intensité sont spécifiques au registre épique.

« Et les hommes déboulèrent ensuite, deux mille furieux, des galibots, des haveurs, des raccommodeurs, une masse compacte qui roulait d'un seul bloc, serrée, confondue, au point qu'on ne distinguait ni les culottes déteintes, ni les tricots de laine en loques, effacés dans la même difformité terreuse. »
(Emile Zola, Germinal, 1885.)
3. Les genres littéraires concernés
Le terme « épique » est l'adjectif qui correspond à l'épopée, ce long poème narratif relatant de hauts faits héroïques où se mêlent la légende et l'histoire ; et l'on peut affirmer que c'est, par excellence, le genre privilégié du registre épique.

Cependant, l'épique dépasse largement le cadre de l'épopée et il figure dans le théâtre et le roman où, précisément, les personnages mis en scène et décrits accèdent au statut de héros. Le registre épique doit donc être considéré comme faisant partie intégrante de la vision du monde de l'auteur puisqu'il lui permet ainsi de faire l'éloge ou la dénonciation d'un type d'individu dans une situation donnée.

L'essentiel

Le registre épique est l'un des plus anciens de la littérature. Il fut très employé durant l'Antiquité, au Moyen Age et jusqu'à l'époque classique pour raconter des combats. Depuis, il est un peu moins présent, ce qui, paradoxalement, donne aux descriptions épiques une saveur toute particulière qui le place souvent du côté de la réécriture ou de l'hommage.

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