Le registre comique - Cours de Français avec Maxicours - Lycée

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Le registre comique

Le mot « registre » correspond à ce qu'on appelait avant les tonalités. Ce terme est emprunté au vocabulaire de la musique pour lequel il désigne la palette des sons d'un instrument ou d'une voix (des graves aux aigus).
En littérature, il désigne l'impression particulière que provoque un texte sur le lecteur : de la tristesse à la peur, en passant par la joie, toutes les émotions peuvent être engendrées par un texte et l'étude des différents registres a pour objectif de les analyser.
1. Les effets recherchés sur le lecteur
Le comique est un registre à la fois simple et difficile à définir. Au plus simple, on pourrait se contenter d'un constat évident : le comique cherche à provoquer le rire ou le sourire. Mais il faut alors se demander ce qui peut être à l'origine de cette hilarité. La cause la plus immédiatement identifiable – ce qui déclenche le rire –, c'est toujours la surprise, l'inattendu. On peut donc affirmer que le registre comique vise, à l'origine, avant même le sourire, à étonner le lecteur, à détoner par rapport à ce qui serait la norme.
2. Les procédés mis en oeuvre
a. Le comique de gestes ou de situation
Cet aspect du registre comique est réservé au théâtre sans se restreindre pour autant à la comédie. Ces gestes sont les mêmes que ceux qui pourraient nous amuser dans la vie, comme de voir quelqu'un rater une marche. On note, parmi ces gestes, tout ce qui relève de la maladresse involontaire, du moment qu'elle ne prête pas à des conséquences fâcheuses.

C'est ainsi que dans la pièce Art (1994) de Yasmina Reza, un personnage dessine « un petit skieur avec un bonnet » sur un tableau monochrome blanc acheté 30 490 euros (200 000 francs) pour manifester son mépris pour ce type de peinture.
Le geste est à ce point inattendu qu'il provoque immanquablement l'hilarité de la salle.

b. Le comique de mots
Parmi les procédés d'écriture les plus efficaces, on compte le décalage entre des images, des sens et des mots attendus et ceux qui viennent ainsi que l'enchaînement mécanique des idées sans rapport avec les circonstances :
« Catherine adore sa belle-mère qui l'a quasiment élevée, elle la veut sur le carton, elle la veut, la belle-mère n'envisage pas, et c'est normal, la mère est morte, de ne pas figurer à côté du père, moi je hais la mienne, il est hors de question que ma belle-mère figure sur le carton, mon père ne veut pas y être si elle n'y est pas. »
(Yasmina Reza, Art, 1994.)

Cette tirade sur les difficultés de l'organisation de son mariage, débitée à toute allure par un personnage qui arrive en retard à son rendez-vous, provoque un franc rire chez le spectateur qui ne s'attend qu'aux excuses ordinaires du type « difficultés de la circulation ».

L'accumulation et la répétition peuvent créer ou souligner un manque de logique ou une fausse logique et amener le sourire. Le monologue de Figaro repose tout entier sur ce phénomène :

« On me dit que, pendant ma retraite économique, il s'est établi dans Madrid un système de liberté sur la vente des productions, qui s'étend même à celles de la presse ; et que, pourvu que je ne parle en mes écrits ni de l'autorité, ni du culte, ni de la politique, ni de la morale, ni des gens en place, ni des corps en crédit, ni de l'Opéra, ni des autres spectacles, ni de personne qui tienne à quelque chose, je puis tout imprimer librement, sous l'inspection de deux ou trois censeurs. »
(Beaumarchais, Le Mariage de Figaro, 1784.)

Les effets de disproportion, le mélange des niveaux de langue ainsi que les jeux de mots forment la palette des procédés d'écriture du registre comique. C'est le fameux « merdre » qui débute la pièce d'Alfred Jarry, Ubu Roi (1896).

3. Les genres littéraires concernés
Le terme « comique » se trouve d'emblée associé au genre théâtral de la comédie. Cette référence logique ne doit cependant pas être considérée comme une limite. En effet, le rire ou le sourire ne sont pas réservés à la comédie, et inversement, la comédie ne fait pas toujours rire.

Le comique littéraire n'est pas aisé à manipuler et encore moins à analyser, néanmoins le plus aisément perceptible concerne les pastiches ou les parodies. Ces deux derniers éléments sont l'occasion de réécrire et de détourner les textes soit en amplifiant les procédés de style d'un écrivain (pastiche), soit en reprenant une oeuvre célèbre en modifiant des éléments qui lui sont propres comme le genre ou le cadre géographique ou historique. Ainsi Marivaux écrit-il L'Homère travesti ou l'Iliade en vers burlesques (1717) en détournant la célèbre épopée d'Homère dans le but clairement affiché d'amuser ses lecteurs.

L'essentiel

Le registre comique, s'il est facile à identifier par le rire ou le sourire qu'il entraîne, est en revanche malaisé à analyser. En effet, ce registre n'existe que par le décalage avec une norme donnée, ce qu'on pourrait désigné par l'expression « horizon d'attente ». Il est donc impératif de maîtriser cette norme pour analyser ce registre décalé.

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