Le prix, un indicateur de rareté - Cours de SES Première pro avec Maxicours

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Le prix, un indicateur de rareté

1. Rareté et richesse sociale
La rareté représente une tension entre des besoins que l'on prétend illimités et les ressources disponibles pour les satisfaire, forcément limitées par la nature. Cette tension représente plus qu'une hypothèse : il s'agit d'une réalité constitutive de nos sociétés. Tout est rare : les ressources naturelles, le temps et l'information. Il faut donc faire des choix, effectuer des calculs, ce qui suppose un comportement rationnel à l'origine de la notion d'« homo œconomicus ».

Mais, plus profondément, de cette tension est issu le concept de richesse en économie, objet même de cette discipline que Léon Walras définissait ainsi : « l'ensemble de toutes les choses, matérielles et immatérielles ; qui sont susceptibles d'avoir un prix parce qu'elles sont rares, c'est-à-dire à la fois utiles et limitées en quantité ». Les auteurs néoclassiques montrent que les prix de marché constituent non seulement des indicateurs de la rareté mais permettent aussi, par l'exercice du libre échange, l'élévation du niveau de vie et une relative abondance.

Cette pensée diffère de celle de Karl Marx pour qui la rareté est relative au mode de production capitaliste et notamment au fait que les rapports de production sont des rapports d'exploitation qui entravent le développement des forces productives.
2. Rareté et utilité marginale
L'origine du lien entre prix et rareté doit être recherchée dans l'analyse faite par les auteurs néoclassiques de l'utilité, et notamment de l'utilité marginale. La théorie de l'utilité marginale que l'on doit à trois auteurs (Jevons, Menger, Walras) se fonde sur la satisfaction individuelle procurée par la dernière unité consommée d'un bien.

Cette approche élémentaire apporte, en outre, la solution au paradoxe de l'eau et du diamant ; l'eau a une utilité totale extrêmement élevée mais une utilité marginale très faible : l'abondance de l'eau fait que les besoins sont satisfaits jusqu'à satiété sans que cela coûte quoi que ce soit à quiconque, le prix en est donc nul (ce constat n'est plus tout à fait en phase avec l'actualité, l'eau devenant un bien de plus en plus difficile à obtenir).

Inversement, le diamant possède une utilité totale insignifiante comparée à celle de l'eau mais sa grande rareté fait qu'il a une forte utilité marginale et donc un prix élevé (document 1).

L'utilité totale fait la richesse, constitue l'essence de la valeur et donne un fondement à la notion de richesse en économie.

L'utilité marginale détermine les valeurs marchandes et ainsi intègre ces richesses dans une compréhension de l'échange et des prix.
 
  Utilité totale Utilité marginale
Très faible
(pas indispensable)
Très forte
(prix élevé)
Très forte
(indispensable)
Très faible
(prix faible)
3. Rareté et prix
L'information transmise par le mécanisme de prix porte sur la rareté relative des biens et des services. On vient de le voir, un prix élevé est révélateur d'une certaine rareté, tandis que l'abondance se manifeste par un prix faible.

Cependant, il convient de constater que cette rareté peut être relative ou absolue : le concept de rareté fait à la fois appel à l'intensité de la demande pour un bien et à la rareté des ressources nécessaires à sa production.
C'est à ce stade qu'interviennent les courbes d'offre et de demande. La demande reflète l'intensité du besoin : un bien peut être rare parce qu'il est fortement désiré par la population. L'offre, elle, prend en compte les difficultés relatives à la production : celle-ci peut se révéler coûteuse, requérir des ressources rares compte tenu de toutes leurs utilisations possibles.

Dans une perspective libérale, si tous les prix sont parfaitement flexibles sur tous les marchés, il ne peut y avoir de déséquilibre durable dans l'économie.

En effet, les variations des prix jouent un rôle de signal efficace pour l'affectation des facteurs de production aux différentes activités. En toute logique, les producteurs sont incités à affecter plus de facteurs de production aux produits dont les prix montent et moins aux produits dont les prix baissent.
Cette même logique contribue à satisfaire l'attente de la collectivité en partant de la satisfaction d'intérêts particuliers et notamment la recherche du profit maximum.

Le jeu du marché est le processus le plus important dans la détermination de ce qu'il faut produire, de la façon de le faire et des destinataires de cette production. En effet, les prix des biens, des services et des ressources s'ajustent en fonction de ce que désire la société.

L'adaptation continuelle de la structure de la production réalise la satisfaction optimale de la demande. Tout se passe comme si une « main invisible » conduisait les actions individuelles parfaitement égoïstes vers la réalisation du bien commun, ce qu'Adam Smith avait déjà conceptualisé en 1776.
L'essentiel
Le concept de rareté fonde la valeur en économie par le biais de l'utilité marginale et contribue ainsi à la détermination d'un prix d'équilibre.

Ce prix est un indicateur des tensions existant sur un marché (pénurie, surproduction…) et joue un rôle important dans l'allocation des ressources, justement parce que celles-ci sont rares.

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