Le non-alignement - Cours d'Histoire Terminale pro avec Maxicours

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Le non-alignement

Au milieu des années cinquante, les jeunes Etats issus de la décolonisation refusent, dans un premier temps, de s’allier à l’un ou l’autre camp.

C’est de cette position de rejet de la logique de blocs que naît le non-alignement.

Comment est né ce mouvement, quelles sont les idées qui le portent et comment a-t-il évolué ?
1. Les origines
a. Les débuts
Le refus de s’engager dans la guerre froide, le souhait de rompre avec les puissances colonisatrices et de se développer rapidement, le désir de s’affirmer comme une force de proposition dans les instances internationales, sont les principales motivations qui conduisent les nouveaux Etats d'Afrique et d'Asie au « non-alignement ».

La paternité de l’expression non-alignement revient à Nehru qui l’utilise pour la première fois dans un discours prononcé à Colombo en 1954, devant ses partenaires du « groupe des cinq » qui réunit outre son pays (l’Inde), l’Indonésie, Ceylan, la Birmanie et le Pakistan.
b. Bandung
Du 18 au 25 avril 1955, vingt neuf Etats, indépendants ou aspirant à l’être, se réunissent à Bandung située sur l'île de Java à l’initiative du groupe des cinq.

Cette conférence afro-asiatique affirme dix principes qui fondent le socle du non-alignement :
- droit à l’indépendance,
- règlement pacifique des conflits,
- non ingérence,
- égalité entre les peuples…

Dans le même temps on proclame le soutien aux Etats encore colonisés et qui ont vocation à devenir indépendants. Les non-alignés montrent ainsi du doigt les puissances qui s'accrochent à leurs colonies, comme par exemple la France qui, six mois après avoir signé la paix avec le Vietminh, repart en guerre contre le FLN algérien.
c. L’affirmation
L’année suivante, du 18 au 20 juillet 1956, Tito qui veut prendre ses distances vis-à-vis du bloc communiste, Nasser, Nehru et le cambodgien Norodom Sihanouk se réunissent à Brioni, en Yougoslavie.

A l'issue de cette réunion, une déclaration commune affirme la nécessité de se tenir à distance des Etats-Unis et de l’URSS. 

Ce refus d’un monde bipolaire conduit les pays non alignés à rejeter aussi bien le capitalisme et l’impérialisme économique de l'Occident que le communisme et l’impérialisme politique du bloc soviétique.
2. Maintenir le cap du non-alignement
a. La conférence de Belgrade
Cinq ans après la déclaration de Brioni, vingt-cinq pays du Tiers Monde se réunissent du 1er au 6 septembre 1961 à l’initiative de Tito à Belgrade. Plusieurs leaders charismatiques étaient présents : l'égyptien Gamal Abdel Nasser, l'indonésien Soekarno, l’empereur d’Ethiopie Hailé Sélassié et l’indien Nehru.

Cette conférence réaffirme les principes énoncés à Bandung, invite les deux grands à dialoguer pour éviter un nouveau conflit mondial et faire cesser la guerre froide. L’idée d’une coexistence pacifique est avancée ainsi que la nécessaire coopération des pays riches pour aider au décollage économique des jeunes Etats.
b. Les tentatives de consolidation
En 1962, la conférence du Caire se fixe pour objectifs d’affermir le mouvement, de le faire participer au débat mondial et surtout de mettre en place une coopération entre les pays du nord, riches et ceux du sud qui cherchent les voies de leur développement.

Mais peu à peu, devant les difficultés politiques et économiques qui se font jour de manière pressante, les non-alignés tentent d'établir un dialogue nord sud. Dans ces conditions se maintenir à l’écart des deux grandes puissances devient difficile voire impossible.
c. Le rôle de l’ONU
L’ONU ouvre largement sa tribune aux pays du Tiers Monde qui peuvent ainsi faire connaître leurs préoccupations, leurs revendications et intervenir dans la politique internationale.

Ils réclament la fin de la mainmise des nations du Nord sur leurs richesses naturelles. Celles-ci ne sont pas exploitées directement par ces nations mais sont pillées par leurs multinationales. Ce pillage favorise l’appauvrissement, l’endettement et en définitive le sous-développement des jeunes Etats du Tiers Monde.

La dénonciation de cet état de fait conduit à la création de la Conférence des Nations Unies pour le Développement (CNUCED) en 1964.
3. Un mouvement qui perd peu à peu de son importance
a. Les tentatives pour maintenir la cohésion
Du 3 au 15 janvier, en 1966, la conférence de Solidarité avec les Peuples d’Asie, d’Afrique et d’Amérique Latine, appelée aussi Conférence Tricontinentale, se tient à La Havane (Cuba). 

Cette conférence préconise entre autres :
- le renforcement de la solidarité entre les pays du Tiers monde,
- la lutte contre le néo colonialisme,
- le soutien au Vietnam en guerre contre les Etats-Unis

Elle affirme par ailleurs, que les Etats-Unis sont l’ennemi principal des peuples en développement. Mais cette conférence « procommuniste » déçoit un certain nombre des participants et n’a pas été suivie d’actions concrètes.

Les non-alignés se réunissent de nouveau en 1973, à Alger. Cette nouvelle conférence rassemble 75 Etats qui mettent sur pied un programme visant à établir de nouveaux rapports entre pays riches et pays pauvres dans le cadre d’un Nouvel Ordre Economique Mondial (NOEI).
b. Des crises qui affaiblissent cette cohésion
Mais dans les faits, au cours des crises de la guerre froide, les non-alignés ont été obligés de choisir l'un ou l'autre des deux camps.
 
Ainsi, lors de la crise de Suez en 1956 Nasser, accepte l'aide financière de l’URSS. De même lors de la seconde guerre du Vietnam, les non-alignés prennent position contre les Etats-Unis condamnant leur agression contre le peuple vietnamien, sortant ainsi de leur position de ne soutenir ni de s'opposer à aucun des blocs.

Parfois des pays non-alignés s'affrontent militairement comme par exemple l'Inde et la Chine en 1962, les buts de cette guerre déclenchée par la Chine étaient le contrôle des territoires hymalayens.

Par ailleurs certains événements internationaux provoquent des divisions au sein du mouvement comme par exemple, lors de l’invasion de l’Afghanistan par l’URSS en 1979.
c. La situation actuelle
D’autres conférences ou sommets réunissent régulièrement les non-alignés : à La Havane en 1979, à Jakarta en 1992, à nouveau à la Havane en 2006 mais des divergences profondes à l’intérieur des 114 Etats adhérents (en 2006) affaiblissent la cohésion du mouvement.

L’axe principal de leurs revendications s’inscrit de plus en plus dans les rapports nord-sud. En outre, l’effondrement du bloc communiste a changé la donne et aujourd’hui non-alignement est surtout l’expression du refus de la domination unilatérale des Etats-Unis.

Sur bien des points le mouvement des non-alignés se confond avec le mouvement altermondialiste.
L’essentiel

Né de la décolonisation, le mouvement des non-alignés était porteur de l’espoir de millions de femmes et d’hommes. Ne faire partie d’aucun des deux blocs, s’affranchir du capitalisme et du communisme, trouver un mode de développement propre où l’économique, le social, la solidarité et la paix se seraient fondus en en tout cohérent et harmonieux n’était pas une utopie.

Mais rapidement, en fonction de crises régionales, il a fallu choisir l’un ou l’autre camp. Très vite aussi les différences de richesses entre les pays détenteurs de matières premières indispensables, comme le pétrole, et ceux qui n’ont rien, ont creusé le fossé à l’intérieur du mouvement et l’ont vidé de son contenu initial.

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