Le Joueur d'échecs : l'œuvre - Cours de Français avec Maxicours - Lycée

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Le Joueur d'échecs : l'œuvre

1. La genèse de l’œuvre
a. La solitude

Zweig écrit Le Joueur d’échecs à Pétropolis, au Brésil, dans un isolement affectif et intellectuel volontaire. Il n’a pas emporté de livres, ne reçoit aucun de ses amis dont la plupart sont des intellectuels européens, écrivains ou musiciens. Seule sa seconde épouse et ancienne secrétaire, Lotte Altmann, l’assiste dans son labeur d’écrivain.

Le Joueur d’échecs est donc le fruit du travail d’un homme qui a souffert et qui souffre encore de la perte de ses repères, d’un homme en proie à une profonde dépression, qui se raccroche à l’écriture et à la lecture.

b. Les activités annexes

On sait qu’au moment où il rédige sa nouvelle, Zweig lit un manuel d’échecs de Xavier Tartakower, dont il rejoue les meilleures parties. En outre, en 1942, il vient de finir son autobiographie, au titre révélateur de l’état mélancolique de son auteur : Le Monde d’hier (1948).

On a aussi retrouvé les manuscrits d’un ambitieux travail (probablement un essai) sur le penseur humaniste Montaigne. Cette tâche absorbe la plus grande part de son énergie et Le Joueur d’échecs n’est alors considéré par son auteur que comme une récréation.

c. La gestation
Dès 1938, on relève dans la correspondance de Zweig des allusions à ce qui deviendra Le Joueur d’échecs. Aussi précise-t-il à son ami Joseph Roth, qu’il a en cours « une nouvelle symbolique ». Peu de temps avant sa mort, il informe son ex-épouse qu’il est en train d’écrire « une nouvelle un peu à part, une nouvelle philosophique sur le jeu, avec pour actualiser le texte, des allusions précises à l’Autriche de 1938. »
2. Un genre : la nouvelle
a. Un genre éprouvé
Le choix du genre de la nouvelle mérite d’être commenté. En effet, cette forme brève ayant largement contribué au succès de Zweig, aussi bien en langue allemande qu’en langue anglaise, on peut légitimement penser que l’auteur maîtrise parfaitement les lois de ce genre littéraire. Il est intéressant aussi de savoir que la nouvelle possède de réelles lettres de noblesse dans la littérature de langue allemande. Le poète allemand Goethe définit le genre de la manière suivante : « un événement inouï qui s’est produit » (Entretiens avec Eckermann, 29 janvier 1827).
b. Les caractéristiques du genre

Zweig connaît cette formule de Goethe et l’on peut considérer Le Joueur d’échecs comme son application scrupuleuse. Premier élément, la victoire du docteur B… sur le champion du monde d’échecs est tout à fait invraisemblable. Deuxièmement, cela n’empêche pas que la nouvelle comporte un certain nombre de références à l’Autriche de 1938, et par là-même, on peut lui accorder un haut degré de réalisme.

Mais la nouvelle de Zweig dépasse la définition de Goethe pour correspondre à la définition plus générale du genre qui stipule qu’une nouvelle est un récit dense porteur d’une dimension symbolique, concentré autour de quelques moments cruciaux. Ainsi, l’affrontement entre les deux joueurs d’échecs se déroule-t-il sur moins de cinq jours effectifs et a-t-il pour objectif de mettre en scène la défaite de l’humanité face à un monde brutal.

3. La place de la nouvelle dans l’œuvre de Zweig

La situation de la nouvelle de Zweig au sein de son œuvre est suffisamment remarquable pour mériter d’être soulignée. Il s’agit d’un récit que l’on ne peut rattacher à aucun autre de sa production. Surtout, c’est l’ultime écrit du nouvelliste.

a. Une œuvre atypique
Le Joueur d’échecs est une nouvelle atypique car elle permet à son auteur de renouer avec le genre qui avait fait son succès des débuts, tout en développant un thème qu’il n’avait jamais abordé : la passion pour le jeu. On note cependant que ses nouvelles ou romans précédents se centraient sur les ravages de la passion ; Zweig en fait ne délaisse pas réellement son sujet de prédilection (la passion), mais il substitue les sentiments ou l’attirance d’un être pour un autre à l’affrontement de deux hommes au cours d’une partie d’échecs.
b. Une œuvre testamentaire

Le caractère décisif du manuel d’échecs dans la vie du personnage du docteur B… est encore plus troublant si on le met en perspective avec la pratique intensive du même jeu par Zweig sur la fin de sa vie.

Le rapprochement entre le personnage et son auteur paraît alors plus flagrant et l’on ne peut s’empêcher d’interpréter la nouvelle comme une tentative d’autothérapie de la part d’un Zweig qui aurait mis en scène un personnage à l’état mental troublé pour mieux combattre sa propre détresse… en vain. Hélas, le suicide de l’auteur confère à la nouvelle, qui se clôt sur une rechute du docteur B… dans la folie, un caractère douloureusement prémonitoire et testamentaire. Cette œuvre de Zweig est donc celle qui porte sa dernière parole.

L’essentiel

La dernière nouvelle de Zweig est le fruit d’une gestation d’au moins plusieurs années ; l’ambition de son auteur est assez importante : son récit délivre une réflexion sur l’évolution politique et métaphysique récente du monde. Le jeu d’échecs ne semble donc être qu’un prétexte pour illustrer la vision du monde totalement désespérée de l’auteur qui se donne la mort après avoir fini cette œuvre.

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