Si c'est un homme : problématiques essentielles - Cours de Français avec Maxicours - Lycée

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Si c'est un homme : problématiques essentielles

1. Faire retentir un sinistre signal d’alarme

Comme Primo Levi l’écrivait dans sa Préface de 1947 : « Puisse l’histoire des camps d’extermination retentir pour tous comme un sinistre signal d’alarme », ainsi son œuvre soulève d’abord une problématique essentielle autour de la singularité de la Shoah et de la barbarie mise en œuvre.

a. La singularité de la Shoah
Dès le premier chapitre, Primo Levi souligne le sort exceptionnel et inédit réservé aux déportés : ce ne sont pas des prisonniers ordinaires, jugés par la société qui veut punir les criminels. En effet, Primo Levi et ses semblables sont innocents et leur châtiment leur apparaît comme incompréhensible : « de quoi aurions-nous dû nous repentir ? Qu’avions-nous à nous faire pardonner ? »
b. La barbarie
C’est notamment au cours des diverses sélections subies par Primo Levi que la barbarie mise en œuvre par les nazis apparaît dans toute son horreur.
 
Au cours de cette épreuve, les prisonniers étaient catalogués selon qu’ils pouvaient encore être utiles par leur travail ou non. Cette dernière catégorie était alors dirigée vers les chambres à gaz.
On remarque tout d’abord le caractère systématique de cette organisation qui ne laisse rien à l’imprévu. De ce fait elle s’appuie sur la participation de tous, y compris des prisonniers juifs qui se font zélés complices. En effet, le système concentrationnaire poussait la perversité jusqu’à impliquer activement les détenus eux-mêmes en créant des catégories de privilégiés qui opprimaient les non-privilégiés.

La barbarie naît aussi du caractère à la fois cérémonieux et expéditif de la sélection. Les prisonniers sont conduits devant une sorte de tribunal constitué de trois hommes, respectant ce qui paraît être un rituel rigoureusement codifié : ils sont parqués comme des animaux, nus, dans le froid, et triés selon des critères qui semblent bien obscurs. Par ailleurs, tout est fait dans la précipitation et il faut quelques secondes à peine pour décider du sort d’un homme. Ainsi, le risque d’erreur est important, mais ce n’est pas ce qui importe puisque le plus important est « de faire rapidement place nette en respectant le pourcentage établi » (chap. 13).

Dans cette barbarie, l’inhumanité des bourreaux est certes dénoncée, mais ce que montre aussi Primo Levi, c’est la déshumanisation qu’ils font subir à leurs victimes : animaux menés à l’abattoir qui finissent par perdre toute conscience morale, guidés par le seul instinct de la survie. Cette volonté d’animalisation des détenus apparaît à plusieurs reprises, au point que Primo Levi lui-même le souligne : « La dernière trace de civilisation avait disparu autour de nous. L’œuvre entreprise par les Allemands vaincus : ils avaient bel et bien fait de nous des bêtes » (chap. 17).
c. Le sentiment de culpabilité

Contre attente, et néanmoins de manière assez compréhensible, le système barbare et pervers mis en place par les nazis fait naître chez ceux qui ne sont pourtant pas coupables, un fort sentiment de culpabilité.

On peut tout d’abord s’étonner de l’absence de rébellion chez les prisonniers : de fait toute velléité de révolte est éteinte par la ritualisation extrême de la vie au camp et l’exemplaire exécution capitale mise en scène (cf chap. 16).

Le sentiment de culpabilité vient aussi du fait que pour survivre au Lager, il faut la plupart du temps avoir renoncé à une part de son humanité : « Survivre sans avoir renoncé à rien de son monde moral, à moins d’interventions puissantes et directes de la chance, n’a été donné qu’à un tout petit nombre d’êtres supérieurs, de l’étoffe des saints et des martyrs » (cf chap. 9). De plus, le survivant se sent coupable d’être en vie et se demande finalement pourquoi il n’a pas subi le sort de ses camarades.

2. La question de l’Homme

Dans ce témoignage que Primo Levi nous livre sur les camps de concentration, il nous invite aussi à une réflexion sur l’Homme.

a. Révéler ce dont l’homme est capable
L’expérience des camps de concentration a permis à Primo Levi, tel un anthropologue, d’observer ce dont était capable l'être humain, contraint à des conditions de vies exceptionnelles, ainsi écrit-il au chapitre 9 : « le Lager a été […] une gigantesque expérience biologique et sociale. […] pour déterminer ce qu’il y a d’inné et ce qu’il y a d’acquis dans le comportement de l’homme confronté à la lutte pour la vie ».
b. Les élus et les damnés
Primo Levi observe deux catégories d’hommes : les élus qui vont survivre et les damnés enchaînés inéluctablement dans une voie mortelle. Parmi les élus, il distingue encore deux catégories : les prominents juifs, complices passifs de leurs oppresseurs puis oppresseurs eux-mêmes ; les non-prominents dont la voie de salut vient soit d’une élévation de l’esprit, soit au contraire d’un renoncement aux valeurs humaines au profit de l’instinct de survie animale. Pour cette dernière catégorie, la lutte est difficile et Primo Levi laisse planer le doute sur ce qui lui a permis, à lui, de survivre.
c. La Foi en l’Homme
Au terme de l’œuvre, on prend conscience de l’optimisme qui la fonde : en effet, après la descente aux enfers, on s’élève peu à peu pour voir triompher l’humanité (cf dernier chapitre). Le texte rend tout d’abord hommage à l’ingéniosité et à l’opiniâtreté de l’homme quand il s’agit de sa survie. Il montre l’immense pouvoir de la volonté sur le corps. Par ailleurs, la résurrection de l’homme est rendue manifeste par le retour du partage, de la prise en compte de l’autre.
L’essentiel

Si c’est un homme témoigne du caractère singulier de la Shoah, du fait de l’innocence des victimes mais aussi de la barbarie, savamment calculée et systématique, mise en œuvre par les autorités nazies : notamment cette volonté de déshumaniser les prisonniers, de leur ôter toute dignité humaine en les rabaissant au rang des animaux.
De cette douloureuse expérience, Primo Levi en tire une connaissance anthropologique de l’humanité. De fait, il observe deux catégories d’hommes : les élus et les damnés. Pour ceux qui survivent, la lutte est difficile et le prix à payer parfois très lourd : celui de la perte de son humanité. Cependant, Si c’est un homme ne sombre pas dans le pessimisme, l’œuvre se termine en effet par la résurrection de l’Homme qui recouvre sa dignité.

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