Les Mots : les thèmes - Cours de Français avec Maxicours - Lycée

01 49 08 38 00 - appel gratuit de 9h à 18h (hors week-end)

1. La lecture

« J’ai commencé ma vie comme je la finirai sans doute : au milieu des livres » (p. 35). La lecture est toute l’enfance de Sartre.

Tout au long de son récit, Sartre s’attache à montrer comment la lecture, puis l’écriture, le deuxième thème majeur de l’œuvre, durant son enfance ont forgé l’homme, l’écrivain qu’il est devenu.

a. La lecture a fondé l’adulte

L’enfant qui lisait en cachette les lectures pour enfants que lui donnait sa mère, avoue adulte lire « plus volontiers les « Série Noire » que Wittgenstein » (p. 65).

L’enfant a un rapport sacré avec les livres. Les séances de lecture avec le grand-père sont comparées à une messe. Le bureau du grand-père, la bibliothèque, est un véritable sanctuaire. L’enfant ne savait pas encore lire mais déjà il les « révérai[t], ces pierres levées » (p. 35).

b. La lecture a fait Sartre
La lecture est « l’humus de [ma] mémoire » (p. 43).

- Sartre va rejoindre la vie dans la lecture, « la folie dans les livres » (p. 43), une vie qui lui permet d’occulter sa solitude.
- Il a découvert le monde dans les livres. Poulou préfère les livres aux enfants de son âge, et n’en a pas vraiment le choix. Il se coupe et est coupé du monde réel.
- L’apprentissage se fait par la lecture ; Poulou apprend la langue française dans les livres, et il ne découvrira le sens de certains mots lus dans son enfance que des années plus tard (« Amante n’était encore qu’un mot ténébreux que je rencontrais souvent dans les tragédies de Corneille », p. 46).
- Les auteurs sont « les Saints et les Prophètes » (p. 53). Le grand-père leur voue un culte, alors Poulou aussi, par mimétisme. Les auteurs sont les amis de Poulou, qui n’a d’ailleurs pas de « vrais » amis. La lecture est un refuge à la solitude. Corneille, Flaubert, Hugo, Voltaire deviennent ses proches.

La lecture domine la première partie du récit, l’écriture, la deuxième.

2. L’écriture

Le grand-père est auteur d’une méthode d’apprentissage de l’allemand, réactualisée tous les ans. Le rapport à l’écriture de Poulou commence donc avec l’édition, la découverte du milieu éditorial grâce au livre qu’écrit son grand-père. Charles inculque à Poulou que l’’éditeur est un « ennemi mortel » (p. 38), qui exploite l’auteur. Sartre découvre alors « l’exploitation de l’homme par l’homme » (p. 38). Au même titre que la lecture, l’éducation et la découverte du monde passent par l’écriture.

L’écriture est la suite logique de l’éducation par la lecture de Sartre. Poussé par son grand-père, il se prépare « la plus irrémédiable solitude bourgeoise : celle du créateur » (p. 94). L’écriture, c’est, après la lecture, « une imposture nouvelle qui changea [sa] vie » (p. 112). L’échange de lettres lors des vacances à Arcachon fait du grand-père encore une fois l’initiateur de Sartre : il demande à l’enfant de lui écrire en vers. Sartre essaie de retracer, à travers son enfance, comment il est devenu écrivain. On suit la naissance d’une vocation, poussée par le grand-père.

Ecrire est avant tout un jeu pour l’enfant : « fils unique, je pouvais y jouer seul » (p. 118).

Les grands écrivains sont posthumes, ils survivent à leurs œuvres, pense le jeune Sartre. L’adulte Sartre dénonce la pensée de l’enfant, car c’est refuser la vraie vie que d’admettre ce postulat.
Les lectures d’enfance de Sartre lui ont permis de démystifier les grands écrivains, qui sont des hommes comme les autres. Ecrire est un métier qui s’apprend ; Sartre suit les leçons de son grand-père, tout comme Maupassant a pu suivre celles de Flaubert.

3. La comédie familiale
a. Un grand-père metteur en scène

L’absence du père et la cohabitation au foyer grand-maternel contraignent le jeune Sartre à suivre l’éducation imposée par le grand-père. Avec Charles, il joue « une ample comédie aux cent sketches divers : le flirt, les malentendus vite dissipés, les taquineries débonnaires et les gronderies gentilles, le dépit amoureux, les cachotteries tendres et la passion» (p. 24).

C’est le pouvoir des adultes qui est dénoncé dans Les Mots. Le grand-père est le metteur en scène de cette comédie, sociale et familiale. Il prend des poses, pousse à l’extrême sa ressemblance avec Victor Hugo, aime mettre des photographies de lui dans la maison, réduit sa fille au rôle de sœur de Poulou et lui est le tuteur, l’éducateur de l’enfant. Il fait de Sartre un être malléable à son image. Poulou est tel que le veut son grand-père. Il n’y a que sa mère pour le garder dans la « vraie vie », lui faire lire des livres de son âge et l’emmener au cinéma ou jouer avec d’autres enfants au jardin du Luxembourg.

b. L'enfant Sartre se prend au jeu

La lecture et l’écriture font partie de cette comédie familiale : en lisant des livres d’adulte, Sartre entretient l’image de l’enfant modèle, l’enfant-adulte et entouré d’adultes. Mais il devinait que « ces défilés de phrases offraient aux lecteurs adultes des significations qui se dérobaient » à lui (p. 49). Il plonge avec délice dans cette comédie, lisant des livres qu’il ne comprend pas toujours.

Sartre « invente » (p. 25) sa liberté, donnée par la mort du père. On l’adore, il se rend donc adorable. « Un seul mandat : plaire » (p. 29), et il fait tout pour plaire à tout prix. La séduction fait partie de cette comédie. « Notre vie n’est qu’une suite de cérémonies et nous consumons notre temps à nous accabler d’hommages. » (p. 29). Sartre vie dans un monde de comédie, « c’était le paradis » (p. 30). Il vit dans « la famille la plus unie, dans le plus beau pays du monde » (p. 30).

Poulou croit à cette comédie, il joue le jeu ; Sartre l’adulte s’interroge sur le rapport de l’enfant à cette comédie : « J’ai rapporté les faits avec autant d’exactitude que ma mémoire le permettait. Mais jusqu’à quel point croyais-je à mon délire ? » (p. 59). Cette interrogation fait partie du travail d’introspection au cours de l’écriture de l’autobiographie.

L’enfant est lui-même un comédien. Il s’invente une vie qui n’est pas la sienne, se réfugiant dans l’écriture et l’invention de personnages. Il joue à la perfection le rôle qu’on veut qu’il joue. « Objet », « chien de salon », « caniche d’avenir » … l’enfant est souvent réduit à un objet de décor voire à une fonction esthétique.

L’enfant joue plusieurs rôles : d’abord celui de l’enfant sage et cultivé, qui ne pleure jamais, puis celui du lecteur, et enfin celui de l’enfant écrivain. Toujours en représentation, l’enfant singe aussi les adultes. L’ironie de Sartre adulte dans l’écriture de son autobiographie dénonce et souligne une comédie familiale dont le grand-père et l’enfant sont les personnages principaux.

Comment avez vous trouvé ce cours ?

Évaluez ce cours !

 

Découvrez
Maxicours

Des profs en ligne

Géographie

Aidez votre enfant à réussir en histoire des arts grâce à Maxicours

Des profs en ligne

  • 6j/7 de 17h à 20h
  • Par chat, audio, vidéo
  • Sur les 10 matières principales

Des ressources riches

  • Fiches, vidéos de cours
  • Exercices & corrigés
  • Modules de révisions Bac et Brevet

Des outils ludiques

  • Coach virtuel
  • Quiz interactifs
  • Planning de révision

Des tableaux de bord

  • Suivi de la progression
  • Score d’assiduité
  • Une interface Parents