Le Guépard : l'auteur et son œuvre - Cours de Français avec Maxicours - Lycée

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Le Guépard : l'auteur et son œuvre

1. L’auteur
Ecrivain à la personnalité complexe, Tomasi Di Lampedusa a été l’auteur d’un seul roman, Le Guépard. Personnage très taciturne et solitaire, il passait la plus grande partie de son temps à lire et à méditer, et il avait l’habitude de dire de lui : « J’étais un jeune homme qui aimait la solitude qui aimait davantage être avec les choses qu’avec les gens ».

a. De l’enfant au Prince de Lampedusa
En 1896, Giuseppe Maria Fabrizio Salvatore Stefano Vittorio Tomasi, duc de Palma de Montechiaro et prince de Lampedusa, naît à Palerme, de Giulio Maria Tomasi, duc de Palma, et de Béatrice Mastrogiovanni Tasca Filangeri de Cutò. Resté fils unique après le décès de sa sœur Stefania à la suite d’une diphtérie, Giuseppe Tomasi est très lié à sa mère, femme à la forte personnalité qui a une grande influence sur l’écrivain.

À partir de 1915, il suit des études de droit qu’il n’achèvera pas car il est appelé sous les drapeaux. Dans les années 20, après de nombreux voyages en Italie et à l’étranger, il est nommé ambassadeur d’Italie à Londres où il rencontre sa future femme, Alexandra Wolff Stomersee, dite Licy, étudiante en psychanalyse, issue d’une famille noble, d’origine allemande qu’il épousera en 1932.

En 1934, son père Giulio Tomasi meurt et Giuseppe lui succède sous le titre de Prince de Lampedusa.
Pendant la seconde guerre mondiale, en 1940, il est mobilisé dans le régiment d'artillerie à Palerme. Mais il sera réformé très peu de temps après, dans la même année car il doit assurer la pérennité du domaine familial dont il a hérité.

b. Ses rencontres et ses expériences littéraires
En 1953, il se lie d’amitié avec un groupe de jeunes intellectuels de la maison de la Baronne Sgadari de Monaco : Francesco Agnello, Francesco Orlando, Antonio Pasqualino, et surtout, Gioacchino Lanza, avec lequel il établit de telles relations affectives qu’il adopte Tomasi peu d’années après.

Tomasi de Lampedusa devient l’hôte fréquent de son « presque » cousin le poète Lucio Piccolo. Ensemble, ils se rendent, du 16 au 19 juin 1954, aux thermes de San Pellegrino, pour assister à un colloque littéraire où son cousin est invité. Tomasi de Lampedusa y fait la connaissance d’Eugenio Montale, de Maria Bellonci et de Cecchi. Il dira que c’est au retour de ce voyage, à la fin de l’année, qu’il a commencé à écrire Le Guépard, qu’il achèvera deux années après, en 1956.

Pendant l’hiver 1957, il écrit La Sirena (traduit en français par Le Professeur et la Sirène). Il commence à recopier à la main et intégralement Le Guépard. Il écrit aussi le premier chapitre d’un nouveau roman, I gattini ciechi (Les Chatons aveugles).
À partir de ce moment, il rencontre de graves problèmes de santé et on lui diagnostique un cancer du poumon. Il mourra le 23 juillet seul dans une chambre d’hôtel à Rome.

2. Le contexte de l’œuvre
a. Le contexte historique
La rédaction du roman le plus connu du prince Tomasi di Lampedusa a commencé vers la fin de 1954. L'idée était, à l'origine, celle de raconter une journée de son arrière-grand-père à l'époque du débarquement de Garibaldi en Sicile. Son roman embrasse en fait une période de cinquante ans : 1860-62, débarquement de Garibaldi (premier et second chapitre, situés à Palerme et à Donnafugata) ; 1883, mort du Prince (troisième chapitre) ; 1910, fin de tout (quatrième chapitre conclusif).

Le roman trouvera sa forme définitive en 1956. Définitive mais non pas par volonté de l'auteur : il aurait voulu y ajouter au moins un ou deux autres chapitres mais un début de maladie l'obligea à abandonner ce projet.

b. Une publication difficile
Les plus grands problèmes, après avoir conclu l'élaboration de son œuvre, ont concerné sa publication. Bon nombre de tentatives furent faites, aussi bien par l'auteur que par son cousin Lucio Piccolo, auprès de plusieurs maisons d'édition (Mondadori, Einaudi, Longanesi) mais les réponses, au-delà des appréciations, furent toutes négatives.

Le Guépard fut publié, posthume, le 11 novembre 1958 par Feltrinelli, grâce à l'intervention de Elena Croce, la fille du philosophe Benedetto. Il obtint un succès extraordinaire qui, soudain et imprévu, prit tout le monde de surprise, y compris l'éditeur : il suffit de penser que le premier tirage de 3 000 exemplaires fut écoulé avant Noël et le second, de 4 000, à l'épiphanie. En quelques mois le roman fut vendu en plus de 60 000 exemplaires : sa popularité n'était plus désormais en discussion. Le 7 juillet 1959, Le Guépard obtint le prix Strega (prix littéraire italien).

c. L’adaptation cinématographique
Un tel succès auprès du public attira immédiatement l'attention de la critique, jusqu'alors peu favorable aux nouveaux écrivains. La question qui passionna et divisa les intellectuels ne fut cependant pas le débat sur la qualité esthétique du roman mais plutôt la dispute sur la vision historique de Tomasi, en particulier sur l'interprétation qu'il avait donnée au sujet de l'unification italienne.

Dans un tel climat d'attention, fait souvent de polémique et de contrastes, concentrée sur Le Guépard, Luchino Visconti décida d'en faire un film : il avait été séduit par le personnage du Prince de Salina qui trône dans le roman, agrandi par Lampedusa dans le but de mythifier les valeurs de la classe aristocratique en les opposant à la vulgarité des nouveaux venus. Il était fasciné par l'intériorisation des événements, avec la représentation conséquente d'un univers déformé par la perception changeante de l'auteur. Ce qui le frappait, c'était la description lucide de la résorption des idéaux du Risorgimento (= Résurgence : période de l’histoire d’Italie au terme de laquelle la péninsule italienne a été unifiée) le biais du transformisme politique avec l'inévitable contradiction entre la chute effective du vieux monde et la réalisation manquée d'un monde nouveau.

3. Le résumé
En 1860, Garibaldi et ses Mille débarquent à Marsala en bouleversant toute la Sicile. L'aristocratie sent que la fin de son système est proche alors qu'une nouvelle classe d'opportunistes, la bourgeoisie manœuvrière, se prépare à profiter des transformations en cours pour accomplir une escalade hardie basée sur la politique et l'affairisme.

Don Fabrizio Corbera , Prince de Salina, plus connu sous le nom de Guépard, l'effigie des armes de sa famille, se limite à assister aux événements sans y participer. Il est en effet conscient que sa classe sociale et son monde sont sur le déclin et préfère garder l’illusion du bonheur et son statut de pater familias.

Cependant, il approuve et encourage son neveu préféré Tancrède Falconeri, un jeune entreprenant et sans scrupules, à se jeter dans la mêlée, d'abord aux côtés des garibaldiens et ensuite aux côtés des Savoie plus modérés. Son but est de contrôler et piloter un changement inévitable, dans la tentative de neutraliser ce processus, de le rendre inoffensif et, en définitive, de laisser les choses comme elles sont. Une stratégie que synthétise son ordre cynique : « Il faut que tout change, afin que tout demeure tel quel. »

Don Fabrizio, en outre, conseille à Tancrède, qui appartient à une illustre famille, désormais appauvrie, d'épouser Angelica, très belle et pleine de vie, fille de Calogero Sedara, un paysan qui s'est enrichi. Don Calogero est le maire de Donnafugata, un village où les Salina possèdent une grande résidence. L'exubérance et la beauté d’Angelica, ainsi que les capitaux qui composent sa dot, permettront à Tancrède d'entreprendre une brillante carrière politique.
De son côté, Don Fabrizio refuse avec amertume et désenchantement le titre de sénateur du règne que lui propose l'envoyé du gouvernement Chevalley, indiquant à sa place, non pas sans une pointe de triste ironie, l'ambitieux Sedara.

Fatigué et déçu, le vieux Guépard, au cours d'un bal en l'honneur d’Angelica et Tancrède, perçoit l'appel mystérieux de la mort qui s'approche inéluctablement. C'est la lignée des Salina qui s'achemine vers son inévitable extinction.

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