Le discours rapporté
Ex. : « Mais Loiseau dévorait des yeux
la terrine de poulet. Il dit : "A la
bonne heure, Madame a eu plus de précaution que nous. Il
y a des personnes qui savent toujours penser à
tout." »
(Guy de Maupassant, Boule de suif, 1880.)
On est en présence de deux situations d'énonciation distinctes : celle du narrateur qui raconte, et celle du locuteur dont on cite les paroles. Chacune conserve ses marques de personne, ses marques de subjectivité propres et ses références spatio-temporelles. Seule la narration permet d'identifier les personnes, les lieux et les moments du discours rapporté.
Ex. : « Alors son mari, arrondissant sa phrase,
demanda à leur "charmante compagne" si elle lui permettait d'offrir un petit morceau
à Mme Loiseau. »
(Guy de Maupassant, Boule de suif, 1880.)
Il se caractérise par :
– la disparition des exclamations, des interrogations et
des impératives du discours cité ;
– la transformation des marques de personne, de temps et
de lieu qui sont intégrées à la
narration ;
– les temps verbaux qui sont soumis à la
concordance des temps du récit.
On le repère grâce au verbe de locution qui
l'introduit. On en distingue deux types :
– les descriptifs : répondre,
répéter, annoncer, murmurer, balbutier...
– les évaluatifs, qui impliquent un
jugement de valeur de l'énonciateur du discours
cité ou du rapporteur de ce discours :
reprocher, déplorer, prétendre,
vociférer...
Ex. : « Elle continuait de se défendre
par des paroles entrecoupées. N'avait-elle pas trop souffert déjà des
commérages de la maison ? Voulait-il donc qu'elle
passât aux yeux des autres et à ses propres yeux
pour une gueuse ? Non, non, elle aurait de la force, elle
l'empêcherait bien de faire une telle sottise.
Lui, torturé, l'écoutait [...] »
(Emile Zola, Au bonheur des dames, 1883.)
On y retrouve des éléments du DD et
du DI :
– absence de subordination après un verbe de
locution ;
– absence de ponctuation particulière (guillemets
et tirets) ;
– effacement des marques de personne de l'émetteur
et du récepteur ;
– changement des temps verbaux ;
– marques des modalités exclamatives ou
interrogatives ;
– expressions langagières propres au personnage.
Son intérêt est de pouvoir atténuer la rupture entre le récit et le discours rapporté sans pour autant annuler l'autonomie de ce dernier. Les paroles ou les pensées des personnages sont évoquées directement, sans rompre la trame narrative. Il n'existe pas de marques linguistiques spécifiques pour cette forme de citation, si bien qu'il est impossible d'affirmer d'un énoncé, hors contexte, qu'il relève du DIL.
– Le DD permet de citer un passage relevant
d'une autre situation d'énonciation dont il contient les
marques de personne, de temps et de lieu. Il est
caractérisé par une ponctuation
spécifique.
– Le DI reformule l'énoncé
rapporté en l'intégrant à
l'énonciation de la narration dont il prend alors les
marques de personne et de temps. Il se construit avec une
complétive complément d'un verbe de locution.
– Le DIL n'a pas de marques linguistiques
spécifiques. Il se confond presque avec la
narration mais garde aussi les tournures du DD.
Hors contexte, il est difficile de le repérer.

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