La transmission d'une crise financière à l'économie réelle - Maxicours

La transmission d'une crise financière à l'économie réelle

Objectifs
  • Savoir expliquer la transmission d’une crise financière à l’économie réelle.
  • Savoir caractériser les principaux canaux de transmission.
Points clés
  • L’économie réelle désigne les échanges marchands, la consommation, l’emploi, etc.
  • La sphère financière regroupe les moyens servant au financement de l’économie réelle (le crédit, les actions, les obligations).
  • Un effet de richesse se produit lorsqu’une variation de la valeur de leurs actifs patrimoniaux incite les agents économiques à modifier leur demande de biens de consommation et d’investissement. L’effet de richesse positif entraîne donc une hausse de la demande et l’effet de richesse négatif entraîne une baisse de la demande.
  • Une contraction du crédit ou « credit crunch » correspond à une baisse brutale du nombre de crédit du fait du durcissement des conditions d'octroi.
  • Un collatéral est un actif offert en garantie lors d’une opération de crédit.
Pour bien comprendre
  • Une crise financière est une déstabilisation brutale du système financier.
  • Une panique bancaire (« bank run ») est une crise de confiance à l’égard des banques qui conduit à une crise de liquidité quand les déposants retirent simultanément leurs avoirs.
  • Un comportement mimétique est un comportement d’imitation des agents, déterminé par des anticipations collectives mutuelles et irrationnelles.
1. La transmission d’une crise financière à l’économie réelle se fait par la réduction du financement des agents

Le système financier est au cœur de l’activité économique. Sans financement, les ménages ne peuvent pas consommer plus que leurs revenus, les entreprises ne peuvent pas investir pour se créer, se développer et produire, et les États ne peuvent faire face à leurs dépenses. Ainsi, sans les banques ou les organismes financiers, les agents en besoin de financement ne rencontreraient pas les agents en capacité. De ce fait, il apparaît logique que si le système financier s’écroule, il entraîne avec lui tout le système économique.

La crise économique voit le jour dans les marchés financiers, et se diffuse rapidement à l’économie dite réelle.

L’économie réelle désigne les échanges marchands, la consommation, l’emploi, etc., et la sphère financière regroupant les moyens servant au financement de l’économie réelle (le crédit, les actions, les obligations).

Pour rappel, les entreprises financières et non financières ont traditionnellement recours à deux sources de financement : le financement bancaire indirect et le financement direct par les marchés.

Le premier canal à l’origine de la propagation de la crise financière à la sphère réelle est la réduction du financement du secteur privé.

Un « credit crunch » signifie une réduction drastique de l’offre de crédit consécutive à une crise bancaire et qui résulte généralement d’un effondrement de la confiance.
Exemple : Pour obtenir un prêt de X €, il faut avoir X revenu, mais en cas de crise, les banques vont exiger un revenu plus élevé pour garantir le paiement de la dette.

Ainsi, le crédit interbancaire s’arrête : les banques cessent de se prêter les unes aux autres et, craignent la défaillance de leurs clients, réduisent leurs prêts aux entreprises et aux ménages. Cela met en difficulté les agents économiques qui doivent réduire leurs activités et leurs achats de consommation ; certains d’entre eux se trouvent en situation d’illiquidité ou d’insolvabilité. Or, cela amplifie la crise de confiance et déclenche une crise de surendettement.

Cette situation aggrave la crise car elle limite la production et l’emploi, aboutissant ainsi à une véritable récession accompagnée d’un chômage de masse. En effet, tout d’abord, privées de crédit, les entreprises vont devoir diminuer leurs investissements. De ce fait, elles ne pourront pas se développer, innover ou simplement être capable de répondre à la demande. Ainsi, la production va diminuer et elles vont devoir supprimer des emplois.

Ensuite, privés de crédit, les ménages ne vont pas pouvoir consommer plus que leurs revenus, ni investir dans l’immobilier. De ce fait, le « credit crunch » s’accompagne d’une baisse de la demande qui induit une baisse de l’offre et donc de l’emploi. De plus, les ménages privés d’emplois vont davantage diminuer leur consommation. Ainsi, la crise financière se transmet aux activités de production et de consommation.

Le surendettement des ménages et des entreprises, peut en effet constituer un canal supplémentaire de transmission de la crise financière à l’économie réelle. La baisse de leur niveau de consommation et d’investissement pèse sur la demande agrégée et, in fine, dans certains cas, sur le niveau général des prix.

En conclusion, lorsque les prêteurs n’ont plus confiance dans les marchés financiers et qu’ils cessent de financer les activités économiques, la crise financière se propage à la sphère réelle.

2. La transmission d’une crise financière à l’économie réelle se fait par l’impact négatif des effets de richesse

Le deuxième canal à l’origine de la propagation de la crise financière à la sphère réelle est l’impact négatif des effets de richesse sur la consommation et l’emploi, moteurs de la croissance.

Un effet de richesse (ou effet Pigou) se produit lorsqu’une variation de la valeur de leurs actifs patrimoniaux incite les agents économiques à modifier leur demande de biens de consommation et d’investissement. C’est donc la propension à dépenser de manière proportionnellement plus importante au fur et à mesure que le patrimoine augmente : autrement dit, lorsque la richesse des ménages s'accroît, la consommation augmente encore plus rapidement. L’effet de richesse positif entraîne une hausse de la demande et l’effet de richesse négatif entraîne une baisse de la demande.

A cela, il faut ajouter la baisse du prix du collatéral et les ventes forcées des biens hypothéqués. Notamment la crise des subprimes (2007) a révélé un mécanisme dangereux dans le développement des hypothèques : lorsque les personnes peu solvables voient leur biens immobiliers saisis et vendus et que le nombre de saisies accélère, on observe une chute du prix des biens.

Aux États-Unis où une large part du patrimoine des ménages est composée d'actions, l'évolution boursière conditionne souvent l’effet de richesse. La dévaluation des patrimoines financier et immobilier des ménages va les inciter à moins consommer. Cette réduction des patrimoines financier et immobilier des agents privés non financiers peut avoir un impact sur la croissance par trois principaux mécanismes :

Premièrement, quand les ménages jugent durable une baisse de leur richesse et la considèrent comme une baisse de leur revenu permanent, ils ont plus de difficultés à atteindre leur objectif de patrimoine et sont encouragés à épargner pour cela. Cet impact est plus important dans les pays où le financement de l’économie repose principalement sur le marché (États-Unis, Royaume-Uni, Pays-Bas, etc.), car une fraction plus importante du patrimoine des ménages est investie en actions, dont la valeur fluctue davantage que celle des autres placements financiers. Il est en revanche moins significatif dans les pays où le financement repose sur le système bancaire (Allemagne, France, Italie, etc.).

Exemple : Si un agent possède un bien qu’il loue, la baisse de la location de ce bien va diminuer ses revenus, l’empêchant ainsi de pouvoir investir ailleurs.

Deuxièmement, la baisse du prix des actifs entraîne l’augmentation du coût du capital, c’est-à-dire la rémunération servie aux apporteurs de fonds propres. Cela a un impact sur l’investissement des entreprises du secteur productif.

Exemple : La baisse du prix des actions va limiter les ouvertures de capital pour financer de nouveaux investissements.

Troisièmement, la baisse des prix peut peser sur la distribution des crédits de deux façons. D’une part, les banques sont, même en période « normale », en situation d’information imparfaite (« asymétrique ») vis-à-vis des emprunteurs (elles ne connaissent pas en détail les projets qu’elles financent, et ne savent pas si l’emprunteur va faire face à ses échéances de prêt). Elles exigent donc des garanties réelles de la part de l’emprunteur, souvent sur son patrimoine personnel. Or, en période de crise, la valeur de ce dernier, comme indiqué ci-dessus, est plus faible. D’autre part, dans un environnement économique plus incertain en période de crise, tous les projets — même les plus profitables — deviennent plus risqués.

Exemple : les banques vont exiger une valeur plus grande d’hypothèque ou d’apport, limitant le nombre d’agent pouvant y répondre.

 

 

En conséquence on peut déterminer que les baisses des crédits et de la valeur du patrimoine ont été les deux principaux canaux de propagation de la crise bancaire à la sphère réelle, qui s’est ensuite propagée à l’ensemble des acteurs de la mondialisation.

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