La société - Cours de Philosophie avec Maxicours - Lycée

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1. Le lien social
De manière générale, qui dit société dit lienentre les individus regroupés. Ce regroupement n'est pas une simple juxtaposition (une foule n'est pas une société) mais association et différenciation, coordination et hiérarchisation car chaque individu tient une place définie, un rôle précis, impliquant des relations d'interdépendance.

Tous les animaux forment des sociétés ayant pour fin la survie : celle de l'espèce et celle de l'individu. Les membres d'une même espèce sont liés entre eux par nécessité biologique. En ce sens l'homme ne semble jouir d'aucune prérogative. En effet, comme tout animal, il craint la mort, fuit la douleur, recherche le plaisir, entre en rapport avec ses semblables et satisfait ses instincts.

2. Sociétés animales et sociétés humaines
L'éthologie – c'est-à-dire la discipline étudiant le comportement et les mœurs des animaux – refuse de privilégier l'homme et a tendance à mettre sur le même plan les sociétés animales et les sociétés humaines, tout en accordant à ces dernières une plus grande complexité.

L'ethnologie – la discipline qui étudie les mœurs, coutumes, modes de vie et institutions, propres aux sociétés humaines primitives – insiste quant à elle sur la différence radicale entre sociétés animales et sociétés humaines. L'ethnologue Claude Lévi-Strauss (1908-) signale que seules les familles humaines interdisent les rapports de procréation entre membres d'une même famille : la prohibition de l'inceste caractérise ainsi la société humaine.

La philosophie, qui refuse de réduire l'homme à l'animal, met en évidence la puissance et la souveraineté de l'espèce humaine, capable de se détacher, grâce à sa culture, du simple règne naturel. Dans les sociétés humaines, le lien social ne repose pas tant sur la nécessité biologique que sur la volonté de s'associer en fonction de buts communs conscients.

Les communautés humaines ne se bornent pas à satisfaire des besoins vitaux, se rapportant aux instincts, mais permettent également la satisfaction des intérêts matériels et des intérêts spirituels qui caractérisent un être doté de raison. L'homme développe au sein de la société l'ensemble de ses aptitudes, il y perfectionne, comme le dit Diderot, « ses facultés et ses talents » et s'y procure « un vrai et solide bonheur » (L'Encyclopédie, article « Société »). La société fournit à l'homme un cadre économique, éducatif, et culturel propice à l'accomplissement de ses dispositions naturelles.

3. Nature humaine et société : l'homme « animal politique » ?
Les philosophes insistent sur la complexité de la nature humaine : l'homme est un être qui se socialise, c'est-à-dire se forme, se cultive et s'humanise. L'homme ne devient pleinement homme qu'au sein de la société. L'homme privé de lien social et isolé de ses semblables ne développe pas ses aptitudes naturelles.

En ce sens, on peut dire avec Aristote (384-322 av. J.-C.) que l'homme est « un animal politique » (La Politique, livre I) car seule la « cité » – en grec polis signifie cité, communauté organisée dotée d'institutions – lui offre le moyen d'actualiser la totalité de sa nature ou, avec Kant (1724-1804), que « la discipline transforme l'animalité en humanité » (Réflexions sur l'éducation), car seules les contraintes imposées par la société rendent possible le dépassement des tendances instinctives. Qui dit socialisation dit éducation et qui dit éducation dit répression de l'instinct au profit de la raison.

La société accomplit et parachève les dispositions naturelles de l'homme grâce à la culture et à l'éducation qu'elle transmet. Ce rôle à la fois répressif et libérateur de la culture humaine sera également mis en évidence par le psychanalyste Freud (1856-1939), qui signalera l'importance extrême de la socialisation pour le développement affectif et intellectuel de l'enfant.

4. L'épreuve de la socialisation
Toutefois les êtres humains, quels que soient pour eux les bénéfices de la vie sociale, éprouvent des difficultés à s'associer et à coopérer entre eux. En effet, conflits, rivalités et intérêts, rendent difficiles la vie en commun et limitent les initiatives individuelles.

Dans cette perspective, la vie sociale, loin d'être propice à l'accomplissement personnel serait cause d'aliénation. C'est ce qu'avancent des philosophes comme Schopenhauer (1788-1860) et Nietzsche (1844-1900) lorsqu'ils déclarent que seule la solitude permet à l'homme s'assurer sa liberté et d'épanouir sa puissance créatrice et spirituelle.

On ne saurait négliger, dans ces conditions, une réflexion approfondie sur la qualité du lien social, sur celle de l'éducation, sur le rôle et la valeur des antagonismes sociaux, sur les rapports entre liberté et société, socialisation et sociabilité. Une telle réflexion engage à prendre en considération les projets politiques expérimentés, historiquement, par les diverses sociétés humaines.

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