Elaborer un plan - Cours de Philosophie avec Maxicours - Lycée

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1. Pourquoi un plan ?
a. Nécessité du plan
« Disserter, disait Diderot, c'est parler avec détail sur une matière quelconque, en observant une certaine suite dans ses raisonnements » : ce qui importe dans une dissertation, ce n'est pas seulement la pertinence de son contenu, mais aussi l'organisation, la « suite » des idées qui y sont énoncées. Elaborer un plan est en ce sens une étape indispensable de la dissertation, puisque c'est ce qui va permettre d'élaborer une réflexion qui progresse de façon cohérente vers une réponse à la question posée.

Le plan doit être élaboré, de façon détaillée, avant toute rédaction, si l'on veut éviter les défauts inhérents à qui écrit « au fil de la plume » et sans savoir où il va.

b. Deux types essentiels de plan
S'il est vrai que la plan dit « dialectique » (« thèse-antithèse-synthèse ») est le type de plan le mieux connu, il n'est pourtant pas le seul possible. Nous le distinguerons, ici, du plan dit « notionnel » ou « thématique », qui procède en traitant successivement la question à travers trois domaines ou thèmes différents.
c. Faire un plan détaillé
Faire un plan véritable, ce n'est pas seulement envisager globalement les trois grandes parties du devoir, mais c'est prévoir aussi l'organisation des idées à l'intérieur de chacune d'elles : on évitera ainsi de réduire telle partie de son devoir à une idée unique, suivie d'une série d'exemples censés remplacer la richesse de la réflexion.

Ainsi le plan doit indiquer à la fois les « parties » et « sous-parties », prévoir les exemples et références qui seront utilisés : plus le plan est précis, plus la rédaction finale du devoir sera aisée et plus on évitera les défauts liés à l'improvisation et à l'imprévoyance.

d. Ce qu'il ne faut pas faire
Deux défauts fondamentaux sont à éviter :
la simple juxtaposition des idées, qui revient à ne pas faire de plan véritable : les idées, références, exemples, quelle que soit leur pertinence, ne doivent pas être simplement juxtaposés, mais toujours logiquement liés entre eux, que ce soit par des liens déductifs, de conséquence ou d'opposition critique... La réflexion doit progresser continûment, sans rupture logique ;

le plan simplement « historique », défilé de doctrines qui se contente d'exposer chronologiquement les thèses de divers auteurs quant à la question posée : Descartes a affirmé telle chose, qui fut critiquée par Kant, qui fut lui-même remis en cause par Heidegger... Les connaissances historiques sont certes nécessaires mais n'ont de sens que si elles sont utilisées dans le cadre d'une réflexion personnelle : c'est précisément celle-ci qu'il faut élaborer et organiser en faisant un plan.

2. Le plan dialectique
a. Qu'est-ce qu'un plan dialectique ?
La dissertation philosophique en tant que telle, parce qu'elle implique d'argumenter, de discuter, est par essence dialectique. En ce sens, le plan le plus couramment invoqué est le plan dit « dialectique », que l'on décrit en général comme constitué de trois parties : « thèse », « antithèse », « synthèse ».

Mais il vaudrait mieux, afin d'éviter toute confusion, le décrire ainsi : un plan dialectique consiste à défendre une thèse (le plus souvent d'abord une thèse issue de l'opinion commune), à la critiquer en faveur d'une thèse nouvelle (qui n'est pas nécessairement son exact contraire), pour aboutir finalement à une position ultime qui parviendra soit à concilier les deux points de vue précédents, soit à les dépasser tous deux.

b. Ce que n'est pas un plan dialectique 
La difficulté propre de ce plan est qu'il est souvent utilisé de façon caricaturale et par suite incohérente : il ne saurait s'agir en effet d'affirmer d'abord une chose, puis son exact contraire, avant d'essayer de concilier deux points de vue absolument contradictoires !

Faire un plan dialectique, ce n'est pas se contredire mais progresser, à partir d'une idée commune et par la voie d'une réflexion critique, vers une idée plus fine et plus élaborée.

Exemple

Sur le sujet « Peut-on tolérer toutes les opinions ? », on pourra obtenir un plan de ce type :
I. Il faut autant que possible tolérer les opinions d'autrui (= nécessité du respect d'autrui, échange d'idées comme facteur de progrès...).
II. Mais toutes les opinions ne peuvent être tolérées (= exigence de vérité, exigences rationnelles ou morales).
III. La tolérance implique compréhension et critique rationnelle : elle n'est pas acceptation passive de toute opinion (= redéfinition de la notion de tolérance).

Mais on évitera à tout pris un plan absurde ou contradictoire du type :
I. Il faut tolérer toutes les opinions.
II. Il ne faut pas tolérer toutes les opinions.
III. Cela dépend des cas.

3. Le plan notionnel ou thématique
a. Qu'est-ce qu'un plan notionnel ?
Certains sujets, même s'ils portent explicitement sur une notion du programme, exigent d'être traités à travers divers domaines de réflexion.
Exemple

Le sujet : « Peut-on tolérer toutes les opinions ? » peut être traité d'un point de vue strictement théorique (eu égard à la question de la science), mais aussi d'un point de vue pratique (eu égard à la question morale, politique, mais aussi religieuse).

D'autres sujets encore exigent parfois que l'on fasse appel à diverses notions (implicites dans l'intitulé même du sujet).
Exemple

La question : « Notre connaissance du réel se limite-t-elle au savoir scientifique ? » implique de faire appel, non seulement à la notion de science exacte, mais aussi à celle de science humaine, d'histoire, et, aussi bien, à l'art (qui constitue lui aussi un certain mode d'accès au réel).

Le plan notionnel est ainsi celui qui permet de donner à la réflexion toute l'étendue possible, et au devoir davantage de richesse, en ne se limitant pas seulement à ce qui apparaît explicitement dans la question posée.
b. Ce qu'il ne faut pas faire
Le plan notionnel présente des difficultés spécifiques.

Il faut, d'abord, dans la recherche des divers domaines ou notions, éviter tout hors sujet, ce que doit permettre une analyse initiale rigoureuse de la question posée.

Il est, d'autre part, absolument interdit, dans le cas où un sujet comporte plusieurs notions du programme, de « découper » la question pour traiter chacune de ces notions dans une partie différente du devoir.

Exemple

Sur la question « Peut-on tolérer toutes les opinions ? », on s'interdira absolument de traiter de l'opinion dans une première partie, de la tolérance dans la seconde, pour n'aborder la question globale que dans la troisième : le sujet dans son entier doit être traité durant la totalité du devoir, même si on l'aborde sous différents points de vue ou dans divers domaines.

On pourrait obtenir par exemple le plan notionnel ou thématique suivant :
I. D'un point de vue théorique, c'est-à-dire au sein de la science :
      1. L'opinion ne saurait être tolérée (Cf. Bachelard)
      2. ...Si ce n'est à titre d'hypothèse provisoire
II. Du point de vue pratique, c'est-à-dire au sein de l'action humaine, on doit le plus souvent se contenter nécessairement d'opinions probables :
      1. Aussi bien en ce qui concerne l'action individuelle...
      2. ... que l'action politique
III. Le problème de l'opinion religieuse : la science et la vérité doivent-elle être intolérantes ?

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