La présidence gaullienne - Cours d'Histoire Terminale pro avec Maxicours

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La présidence gaullienne

1. Les succès du premier septennat (1958-1965)
a. La fin de la décolonisation
De Gaulle choisit de régler de façon pragmatique les problèmes de décolonisation. En Afrique noire, la décolonisation s'effectue de manière pacifique. En 1958, les Etats africains obtiennent l'autonomie interne, et à partir de 1960 accèdent à l'indépendance. En Algérie, la situation est beaucoup plus grave. Malgré les tentatives de négociations, le FLN refuse de cesser la guerre. De Gaulle choisit alors de s'acheminer vers l'indépendance de l'Algérie. Les accords d'Evian en mars 1962 reconnaissent cette indépendance et mettent fin à la guerre. Mais cette évolution vers l'indépendance n'a pas été acceptée par les Européens d'Algérie. Ils ont le sentiment d'avoir été trompés par De Gaulle et s'organisent en une armée secrète (l'OAS) qui multiplie les attentats. Mais leurs actions échouent.

Après le règlement de la question algérienne, les partis politiques espéraient voir le général de Gaulle s'effacer. Mais celui-ci choisit au contraire de renforcer son pouvoir. Il nomme un nouveau Premier ministre : Georges Pompidou, et décide une révision de la Constitution, afin de faire élire désormais le président de la République par tous les Français. Les partis politiques, à part le parti gaulliste, s'opposent tous à ce projet et renversent le gouvernement. De Gaulle dissout l'Assemblée et organise un référendum : les Français approuvent le 28 octobre 1962 la modification de la Constitution. Georges Pompidou reste Premier ministre.

b. La stabilité et la croissance
La présidence du général de Gaulle est marquée par la stabilité gouvernementale. Durant les années 1958-1969, le général de Gaulle n'a que trois Premiers ministres : Michel Debré (1958-1962), Georges Pompidou (1962-1968) puis Maurice Couve de Murville (1968-1969). Certains ministres conservent longuement leur poste, comme Pierre Messmer, ministre des Armées entre 1960 et 1969.
La conjoncture économique et la confiance dans le nouveau régime permettent une remarquable croissance économique, avec un taux moyen de croissance supérieur à 5 % par an. La situation financière est assainie grâce au plan Pinay-Rueff en 1958. Le gouvernement, grâce à la planification, encourage les investissements et la modernisation de l'appareil de production. Des lois d'orientation agricole en 1960 et 1962 cherchent à moderniser le monde rural. Mais cette rapide expansion engendre des tensions : l'inflation reprend et oblige le ministre des Finances Valéry Giscard d'Estaing à adopter un plan de stabilisation en 1963. Ce plan freine l'expansion et provoque un mécontentement social.
c. La politique de la grandeur
Le général de Gaulle est très attaché à la grandeur de la France et souhaite préserver l'indépendance nationale. Pour assurer cette indépendance, il décide de doter la France de l'arme nucléaire. La première bombe atomique française explose en février 1960. D'autre part, De Gaulle choisit en 1966 de quitter les organismes militaires de l'OTAN. Soucieux de préserver un équilibre entre les deux blocs, De Gaulle condamne l'action des Etats-Unis au Vietnam, reconnaît la Chine populaire, mais se montre d'une loyauté sans faille envers les Etats-Unis lors de la crise de Cuba en 1962.
En matière européenne, il refuse l'idée de supranationalité et s'oppose à l'entrée de la Grande-Bretagne dans le marché commun mais noue avec l'Allemagne d'excellentes relations.
2. Les difficultés du deuxième mandat (1965-1969)
a. La montée des oppositions et l'élection présidentielle de 1965
Les succès du premier septennat faisaient apparaître l'élection présidentielle de 1965 comme une simple formalité pour le général de Gaulle. C'est pourtant le moment où les oppositions renaissent. Pour la première fois, les Français élisent leur président au suffrage universel. Les deux principaux candidats à se présenter contre De Gaulle sont François Mitterrand soutenu par la gauche, et Jean Lecanuet pour le centre. Contre toute attente, De Gaulle est mis en ballottage, c'est-à-dire qu'un second tour l'oppose à F. Mitterrand. Le général de Gaulle n'est finalement élu qu'avec 54,5 % des voix.
Son prestige est atteint et l'opposition prépare les élections législatives de 1967. A l'issue de ces élections, la majorité gaulliste ne conserve le pouvoir que d'extrême justesse.
b. La crise de mai 1968
Les élections de 1965 et 1967 ont montré la fragilité nouvelle du pouvoir gaulliste. Valéry Giscard d'Estaing dénonce l'« exercice solitaire du pouvoir ». Ce climat de contestation culmine lors de la crise de mai 1968, qui s'explique par la conjonction de trois phénomènes.
La crise débute par le mouvement des étudiants et le soulèvement d'une jeunesse contestataire qui remet en cause l'autorité, la société de consommation et le capitalisme.
A cette crise s'ajoute à partir du 13 mai une très forte agitation sociale. Les syndicats organisent une grève générale. Les accords de Grenelle sont négociés entre les syndicats et le gouvernement mais les salariés les rejettent. La situation paraît être dans l'impasse.

Enfin, la crise s'étend au domaine politique. L'impuissance du gouvernement donne une impression de vide politique. F. Mitterrand se déclare prêt à assumer le pouvoir. Le trouble est à son comble quand le général de Gaulle s'éclipse le 29 mai. Mais le lendemain, il reprend la situation en main, dissout l'Assemblée, et s'adresse aux Français. Le soir même 500 000 personnes défilent sur les Champs-Élysées pour lui apporter leur soutien. Progressivement, le travail reprend.

c. Le départ du général de Gaulle (avril 1969)
Les élections législatives de juin 1968 sont un triomphe pour les gaullistes. Mais ce résultat cache l'usure du pouvoir dont est victime le général de Gaulle.
Pour tenter de remédier au malaise révélé par la crise de mai 1968, le général de Gaulle tente des réformes. Il nomme un nouveau Premier ministre : Maurice Couve de Murville, et fait préparer une loi réformant l'enseignement supérieur. Enfin, il décide une réforme du Sénat qu'il soumet au référendum en avril 1969.
Ce référendum permet à toutes les oppositions de s'exprimer. Le général de Gaulle voit se dresser contre lui la gauche, mais aussi les centristes qui appellent à voter non. Une partie de la droite vote également non, assurée que Georges Pompidou succèdera à De Gaulle.
Le référendum est un échec pour le général de Gaulle : le non l'emporte. S'estimant désavoué, De Gaulle choisit de se retirer de la vie politique et démissionne.
Il meurt peu après le 9 novembre 1970.
L'essentiel

Durant près de dix ans, le pouvoir politique français est aux mains du général de Gaulle. Après avoir réussi à régler la question algérienne, il parvient à assurer la croissance économique et la stabilité politique. Il mène à l'extérieur une politique de grandeur et d'indépendance nationale. Mais l'usure du pouvoir rend le second mandat plus difficile : les élections de 1965 et 1967 sont difficilement gagnées et la crise de mai 1968 ébranle le régime. En avril 1969, De Gaulle se retire après l'échec du référendum sur la réforme du Sénat.

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