La naissance d'Israël et la première guerre israélo-arabe - Maxicours

La naissance d'Israël et la première guerre israélo-arabe

Objectifs
  • Connaitre les conditions de création de l’État d’Israël en 1948.
  • Comprendre pourquoi il constitue un nouveau terrain de conflictualité au Moyen-Orient.
Points clés
  • La doctrine sioniste est une idéologie qui porte le nouvel État d’Israël.
  • Les pays arabes font preuve d’hostilité face à la formation de l’État juif.
  • Le conflit dure depuis plus de 70 ans.
Pour bien comprendre

La Seconde Guerre mondiale

1. À l’origine de l’État d’Israël : du sionisme à la déclaration Balfour
a. Le sionisme, une idéologie moderne puisant dans l’histoire biblique

À la fin du XIXe siècle nait le sionisme, c’est un nationalisme juif à l’image des autres nationalismes qui se développent à cette époque. Le sionisme est créé par Theodor Herzl, l’auteur de L’État des Juifs en 1896. Son postulat de départ repose sur le fait que les Juifs ne peuvent plus vivre en diaspora, car ils sont partout persécutés : pogroms en Russie et dans l’Est de l’Europe, affaire Dreyfus en France. Il faut donc un état pour les Juifs, il doit se constituer en Palestine, le berceau historique du peuple juif, et la colline de Sion à Jérusalem en est le symbole. Elle est à l’origine du terme sionisme.

La région de Palestine est le lieu de naissance du Judaïsme dans l’Antiquité, la Torah (Livre sacré des juifs) a été écrite et se déroule dans ces régions désertiques. La ville de Jérusalem est à cette époque le principal lieu saint des habitants de Judée. On trouve au cœur de la ville le Temple de Jérusalem, où selon la tradition religieuse se trouvent les Tables de la Loi données par Dieu à Moïse sur le Mont Sinaï. Il sera détruit en + 70 par les Romains, il en reste un mur d’enceinte appelé en Occident : « Mur des Lamentations ».

Dans la tradition juive, le souvenir de Jérusalem est resté très présent au cours des millénaires, certaines prières récitées par les juifs pieux reprennent ce verset de la Torah :

Si je t’oublie, Jérusalem, que ma main droite se dessèche ! Que ma langue s’attache à mon palais, si je ne me souviens de toi. (Livre des Psaumes)

Arc de Titus à Rome qui représente la destruction de Jérusalem en 70 et la Ménorah (chandelier) en or ramené par les Romains comme trophée | © Bridgeman Images
b. Les Britanniques et la déclaration Balfour

Au début du XXe siècle, la région est en grande partie sous contrôle ottoman, la Palestine n’existe pas en tant qu’État, elle est gérée dans le cadre de l’administration turque. Après la Première Guerre mondiale, ce sera au tour de la Grande Bretagne d’administrer ce territoire après la défaite ottomane. L’Angleterre se voit confier un mandat par les Nations unies pour administrer la région.

Le 2 novembre 1917, les anglais, qui ont pris le contrôle de la Palestine devenue Britannique, rédigent la déclaration Balfour qui donne une réalité au sionisme en proposant de créer un foyer national juif sur l’antique terre de Judée. Dès lors, le mouvement d’émigration s’accélère, des colons arrivent surtout d’Europe et de Russie. Des terres sont rachetées aux populations arabes par l’Agence Juive créée en 1929 qui réunit des fonds provenant de donations.

À partir des années 1920, les autorités musulmanes de Jérusalem représentées par le Mufti (dignitaire religieux) et les États de la région s’inquiètent de ces vagues continues de population fuyant les persécutions européennes. Les premiers affrontements apparaissent entre les implantations juives et des groupes armés arabes. Avec les années 1930, la situation se dégrade, entre 1936 et 1939 éclate la Grande Révolte arabe, les colonies juives, mais aussi les troupes britanniques sont attaquées. La région est au bord de l’embrasement et de la guerre civile.

2. De la Seconde Guerre mondiale à la première guerre israélo-arabe
a. La Palestine britannique après la Seconde Guerre mondiale

La Seconde Guerre mondiale rebat les cartes et donne de nouvelles perspectives aux partisans de la formation d’un État pour les survivants de la Shoah. Aux États-Unis, l’arrivée d’un nouveau président, Truman, qui a remplacé Roosevelt mort en avril 1945 et qui était plutôt hostile au sionisme, infléchit la position des États-Unis. Même chose du côté soviétique qui voit sa position évoluer en faveur des sionistes. D’autre part, l’Angleterre mandataire est de plus en plus contestée et épuisée par le conflit, elle mobilise davantage de soldats en Palestine pour maintenir l’ordre qu’en Inde 500 fois plus peuplée.

Dans ce contexte favorable aux revendications sionistes, des mouvements nationalistes juifs l’Irgoun et le groupe Stern utilisent la violence pour précipiter la création de l’État d’Israël.
Le 22 juillet 1946, l’Irgoun fait exploser l’Hôtel King David de Jérusalem où se trouvent les bureaux britanniques, cent morts sont à déplorer. Les chefs de cette organisation Menahem Begin et Yitzhaz Shamir deviendront premier ministre de l’État d’Israël des années plus tard.
Dans ces conditions, la Grande Bretagne décide de rendre son mandat sur la Palestine aux Nations unies en janvier 1947, le départ des troupes britannique est prévu pour le mois de mai 1948.

L’ONU en charge de ce dossier explosif envoie une délégation visiter le pays et propose de le diviser entre une partie arabe et une partie juive. Dans le même temps, le 10 juillet 1947 le bateau Exodus va émouvoir la communauté internationale. Ce vieux navire composé de survivants de la Shoah est arrêté au large des côtes alors qu’il s’apprête à débarquer en Palestine. Les britanniques renvoient le bateau à son port de départ et les passagers entament une grève de la faim. Cet évènement va influencer l’ONU et l’opinion internationale.

Le 29 novembre 1947, la résolution 181 propose un plan de partage de la Palestine, entre les 600 000 juifs et les 1,3 millions arabes de Palestine. Pour entériner celui-ci, il faut obtenir les deux tiers des voix à l’ONU : 33 pays votent pour, 10 s’abstiennent et 13 votent contre (surtout des pays arabes). Le résultat du vote ouvre la voie à la création de l’État d’Israël.

Plan de partage de l'ONU en novembre 1947

Entre le 29 novembre 1947 et mai 1948, date à laquelle l’Angleterre devra avoir retirée toutes ses troupes, les tensions entre les communautés de Palestine prennent un tournant dramatique. En avril 1948 a lieu le massacre du village arabe de Deir Yassin par les combattants de l’Irgoun, de nombreux arabes fuient alors la région pour se réfugier dans les pays voisins. Pour les arabes de Palestine, la création de l'État hébreu est appelé la Nakba, ce qui signifie la catastrophe en arabe.

b. La proclamation de l'État d’Israël et l’embrasement de la région

Le 14 mai 1948, David Ben Gourion proclame la naissance de l’État Israël et au même moment nait le conflit israélo-palestinien. Le lendemain, le 15 mai, les pays arabes : Liban, Syrie, Irakiens, Transjordanie et Égypte attaquent le nouvel État juif sur trois fronts. Les armées arabes sont supérieures en nombre avec 50 000 hommes bien équipés et entrainés à l’image de la légion arabe de Transjordanie, une troupe d’élite de 10 000 hommes qui prendra le contrôle de Jérusalem-Est. Côté israélien on compte 35 000 hommes mal équipés, car les anglais ont détruit et emporté l’armement disponible au moment de leur départ.

L’enjeu est crucial pour les Israéliens, la victoire ou la mort, car une défaite marquerait la disparition du tout jeune État juif. Entre mai 1948 et avril 1949, Tsahal, l’armée israélienne repousse ses adversaires sur tous les fronts et des armistices sont signés par l’intermédiaire de l’ONU entre les belligérants.

La première guerre israélo-arabe a fait 6 000 morts côté israéliens et 15 000 morts chez les arabes. Des territoires sont conquis principalement au Nord, l’État d’Israël a doublé sa superficie. Le 11 mai 1949, l’État d’Israël est admis à l’ONU qui valide sa reconnaissance officielle par la communauté internationale. La loi du retour votée par la Knesset (le parlement israélien) permet aux juifs du monde entier de venir s’installer en Israël. Les pays arabes, quant à eux préparent leur revanche, qui provoqueront les guerres israélo arabes de 1967, la guerre des Six-jours et celle de 1973, la guerre de Kippour.

La première guerre israélo-arabe et ses conséquences

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