Le terrorisme dans les années 1990 et 2000 - Maxicours

01 49 08 38 00 - appel gratuit de 9h à 18h (hors week-end)

Le terrorisme dans les années 1990 et 2000

1. Qu'est ce que le terrorisme ?

Définir le terrorisme n'est pas un exercice aisé. Car le phénomène est tellement multiforme, variable dans le temps et l'espace, divers selon ses tenants et ses aboutissants, individuel et collectif, aveugle et sélectif, criminel et idéaliste, révolutionnaire et réactionnaire, qu'aucune définition ne permet véritablement de le circonscrire. Nous écarterons de l'analyse ce que l'on appelle le terrorisme d'Etat.

Le terrorisme est d'abord une action, une stratégie. On peut également le définir comme le recours illégal et médiatique à la violence pour intimider des individus, des sociétés, des Etats et pour imposer, par la terreur, des objectifs politiques, religieux ou idéologiques. Il recourt à des armes et utilise la société de consommation pour provoquer le choc des images.
Pour les Etats visés, c'est un adversaire difficile à localiser parce qu'il est souvent transnational et impossible ou presque à dissuader. S'attache toujours au terrorisme une consonance péjorative, même s'il est parfois difficile de distinguer des actes de résistance des actes terroristes. Le fait de toucher des civils voire des enfants, de manière aveugle, est un facteur discriminant.

2. Acteurs, moyens, objectifs et cibles
a. Les acteurs du terrorisme

Les acteurs du terrorisme sont des groupuscules, des réseaux, parfois des Etats qui offrent leur concours ou leur complicité.
Un acteur important est le nouveau courant islamiste qui s'affirme dans le cadre d'un « néo fondamentalisme » qui procède du terrorisme. Il se développe surtout dans les communautés musulmanes déracinées, souvent en proie à des difficultés économiques et sociales et à la recherche d'une nouvelle identité. Ceci dit, il ne faut pas généraliser. Les attentats du 11 septembre ont montré l'existence parmi les kamikazes, d'intellectuels, de scientifiques et d'universitaires appartenant à des milieux favorisés, bien intégrés et souvent loin des mouvances fondamentalistes.

Des mouvements terroristes sont présents partout :
* en Europe : terrorisme nationaliste basque, irlandais ou corse ;
* en Amérique latine : par exemple le Front zapatiste de libération nationale ;
* en Asie.

Mais aujourd'hui, le terrorisme est surtout très actif au Moyen-Orient et en Extrême-Orient ; il est dirigé contre les Etats-Unis et plus généralement le monde occidental (Al Qaïda), ainsi que contre Israël (Hamas, Hezbollah, Djihad islamique).

b. Les objectifs

Depuis les années 1990, l'islamisme est un mouvement politique qui poursuit son projet de réislamisation de la société mais qui ne passe pas forcément par la révolution. Il s'inspire d'une lecture particulière du Coran et radicalise le rejet des valeurs et de la présence occidentales dans le monde musulman. Sans but politique vraiment précis, il engage la lutte contre le « Grand Satan » américain et ses alliés.

Des revendications autonomistes ou indépendantistes peuvent également être à l'origine des actions terroristes : indépendance de la Corse, ou de l'Irlande, ou encore Zapatistes mexicains, par exemple.

Le terrorisme peut aussi prendre le visage d'une résistance contre. C'est le cas en Palestine où des groupes comme le Hamas ou le Djiahd islamique disent combattre l'occupation et l'existence même d'Israël, en réponse au « terrorisme d'Etat » hébreu.

Souvent, les mobiles sont difficiles à discerner parce que multiples. En Tchétchénie par exemple, se mêlent aspirations nationalistes et fondamentalisme religieux. On parle même de « nébuleuse » pour définir Al Qaïda

c. Les moyens et les armes

Le nouveau terrorisme tel qu'il s'exerce au Moyen-Orient utilise les techniques les plus sophistiquées.

Les terroristes tentent aussi de recourir à des armes de destruction massive (nucléaires, chimiques, bactériologiques) et des missiles.

Le premier acte de terrorisme chimique est l'attentat au gaz sarin contre le métro de Tokyo en 1995, perpétué par la secte Aum.

Les terroristes n'hésitent pas à se transformer en kamikazes. Ce terme signifie en japonais « vent divin », nom donné aux typhons qui dispersèrent une flotte mongole venue envahir l'archipel en 1281. Il désigne aujourd'hui les personnes qui commettent des attentats-suicides.

Ainsi, en 1983, à Beyrouth, l'attentat-suicide du 18 avril visant l'ambassade des États-Unis (63 morts) puis, surtout, celui du 23 octobre, où deux camions-suicides tuent 241 marines américains et 58 parachutistes français, marquent un des succès politiques majeurs du terrorisme contemporain. En effet, peu après ces attentats qui produisent un choc considérable dans l'opinion publique, les États-Unis - encore marqués par la guerre du Vietnam - et leurs alliés européens retirent leurs troupes du Liban, ce qui permet à la Syrie d'y imposer une paix qui lui est favorable.
Ce type d'attentat est presque totalement imparable : le seul objectif du candidat au suicide étant de causer un maximum de victimes, n'importe quel lieu public peut être choisi pour cible, ce qui multiplie à l'infini les terrains d'action et rend difficiles les mesures de protection.

C'est souvent dans des Etats en décomposition (Soudan, Somalie, Afghanistan), dans les « zones grises » (régions qui échappent au contrôle d'un Etat parce qu'elles sont aux mains d'un groupe séparatiste ou d'une mafia), que les réseaux terroristes trouvent refuge. Ils savent utiliser les moyens modernes de la communication (GPS, portable, Internet). Certains groupes ont même leur propre chaîne de télévision comme ETB pour l'ETA.

Le narcotrafic (trafic international de la drogue) permet de financer les combats, de gangréner les économies, de corrompre les gouvernements.

Al Qaïda
, fondé en 1987, par le saoudien Oussama Ben Laden, fonctionne comme une multinationale, sous-traitant les opérations à de multiples groupes locaux. Il maîtrise les techniques de la médiatisation (notamment bandes vidéo envoyées à la chaîne du Qatar Al Djezira).

d. Les victimes

Les Etats-Unis restent la principale cible du terrorisme international. Mais la destruction du World Trade Center est particulièrement symbolique : elle touche l'ensemble du monde industrialisé puisque une quarantaine de nationalités s'y côtoyaient.

Les attentats spectaculaires se multiplient à travers le monde, notamment en Indonésie (Bali, 2002 puis 2004), au Maroc (Casablanca, 2003), en Arabie Saoudite (Ryad, 2003) ou en Turquie (Istanbul, 2003) et en Espagne (Madrid, 2003).

Aux attentats aveugles qui touchent des civils, certains groupes continuer de préférer les attentats politiques ciblés, plus « classiques », comme le montre le récent attentat contre le ministre de l'économie démissionnaire, M. Hamadé, à Beyrouth (2004).

3. Le 11 septembre et ses conséquences
a. Le 11 septembre : un tournant

Le mardi 11 septembre 2001, un Boeing de la compagnie American Airlines heurte de front l'une des deux tours du World Trade Center. Dix-huit minutes plus tard, un deuxième avion percute l'autre tour. Un troisième avion s'écrase sur le Pentagone (ministère de la Défense), à Washington.
Au total, on dénombre plus de 3000 morts. La télévision a transmis l'attaque en direct et ne cesse de repasser les images des deux tours qui s'effondrent. Le monde est frappé de stupeur. Un nouveau cap vient d'être franchi. Jamais les Etats-Unis n'ont connu un désastre de cette ampleur sur leur territoire. Pour la première fois, ils apparaissent vulnérables.
C'est le mouvement de Ben Laden, Al Qaïda, basé en Afghanistan qui endosse la responsabilité de ces attentats, plusieurs semaines après.

Si cette opération est perçue comme un tournant, c'est qu'elle démontre qu'un petit groupe déterminé peut acquérir une capacité de destruction autrefois réservée aux seuls Etats. C'est un acte hautement symbolique, qui touche le coeur de l'hyperpuissance américaine. 

b. Les conséquences : la lutte contre le terrorisme, élément structurant des relations internationales

La lutte asymétrique contre le terrorisme

Elle commence par la guerre contre les Talibans en octobre 2001, entraînant la chute du régime islamiste. Elle se poursuit, en mars 2003, par la guerre en Irak, soupçonné par les Etats-Unis de cacher des armes de destruction massive et d'apporter son concours au terrorisme international.

On parle de lutte asymétrique car le conflit oppose deux forces inégales dans leurs moyens militaires et la façon de les utiliser : d'un côté, un Etat doté d'une armée conventionnelle, de l'autre, des mouvements de guérilla ou groupes terroristes.

Le problème réside dans la difficulté à combattre des organisations transnationales et délocalisées :
* Un obstacle psychologique : la dissuasion repose sur l'idée que les adversaires sont rationnels et craignent les représailles alors que pour les terroristes islamistes, la mort et la souffrance ouvrent l'accès au paradis.
* Autre obstacle, « physique » celui-là : comment combattre un ennemi qui n'a pas de territoire et dont les bases sont mobiles et décentralisées ?

Le terrorisme au coeur de la politique américaine et des relations internationales

La nouvelle politique étrangère américaine se résume à cette guerre contre le terrorisme. Elle vise à détruire les Etats dangereux qui représentent une menace pour les Etats-Unis ou qui mettent en péril la paix dans le monde. Les Etats-Unis mènent donc des guerres dites préventives.
Faute de consensus, les Etats-Unis cherchent à se dégager des organisations internationales, quitte à agir seuls. Cette tendance s'est muée en un unilatéralisme revendiqué après le 11 septembre : les Etats-Unis de Bush déterminent seuls ce qui constitue une menace pour la sécurité du monde.

Beaucoup d'Etats qui sont opposés à l'intervention en Irak souhaitent préserver le multilatéralisme et réformer l'ONU qui pourrait faire appliquer le droit d'ingérence (intervention d'un Etat ou d'une organisation dans les affaires d'un Etat, sans l'accord de celui-ci). Les Etats doivent donc prendre en compte, à l'heure de la mondialisation, les autres acteurs des relations internationales. C'est l'idée d'une gouvernance globale qui permettraient de régler les problèmes de la planète de façon plus concertée et démocratique.

En fait, depuis 2001, les groupes terroristes sont devenus de nouveaux acteurs internationaux. Les attentats du 11 septembre ont montré que les groupes infra-étatiques pouvaient avoir un impact considérable sur la scène internationale.

L'essentiel

Le terrorisme offre des visages multiples, ce qui rend difficile voire vaine toute tentative de définition. Il est, depuis 2001, largement dominé par les attentats perpétués par les groupes islamistes, relayant au second plan le terrorisme plus régional.

Aujourd'hui, le terrorisme est extrêmement actif au Moyen et Extrême-Orient, dirigé contre les Etats-Unis, et le monde occidental plus largement.

Comment as-tu trouvé ce cours ?

Évalue ce cours !

 

Découvrez
Maxicours

Des profs en ligne

Géographie

Des profs en ligne

  • 6j/7 de 17h à 20h
  • Par chat, audio, vidéo
  • Sur les 10 matières principales

Des ressources riches

  • Fiches, vidéos de cours
  • Exercices & corrigés
  • Modules de révisions Bac et Brevet

Des outils ludiques

  • Coach virtuel
  • Quiz interactifs
  • Planning de révision

Des tableaux de bord

  • Suivi de la progression
  • Score d’assiduité
  • Une interface Parents