La gestion durable d'un milieu : l'exemple du milieu montagnard alpin - Cours de Géographie avec Maxicours

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La gestion durable d'un milieu : l'exemple du milieu montagnard alpin

Face aux multiples contraintes subies par les milieux naturels, la volonté est de préserver voire même de sanctuariser certains espaces. Cette volonté constitue une tendance forte développée depuis quelques années par de nombreux acteurs. C'est le cas du milieu montagnard et des Alpes en particulier. Il convient d'adapter ces territoires aux contraintes nouvelles. Il faut assurer le développement économique, prendre en compte les besoins exprimés par les populations, tout en veillant à la préservation d'un environnement naturel qui subit de multiples pressions.
1. Un milieu profondément transformé
a. Contraintes et atouts du milieu montagnard
La contrainte est une difficulté que présente le milieu, soit pour son occupation, soit pour sa mise en valeur. Le milieu montagnard alpin présente des contraintes spécifiques liées principalement au relief.
Les fortes pentes
de ce massif jeune peuvent être à l'origine de crues torrentielles, d'avalanches ou de mouvements de terrain. Les pentes accentuent le phénomène d'érosion c'est-à-dire la dégradation des sols et roches par l'action du vent, des précipitations. À cela s'ajoute la contrainte liée au climat : le froid s'accentue en altitude et la température perd entre 0,6°C et 1°C tous les 100 mètres.

Ces contraintes rendent l'installation humaine et le développement des activités économiques difficiles mais elles peuvent aussi, aujourd'hui, constituer des atouts. La pente permet aux cours d'eau d'alimenter des centrales hydroélectriques. Ainsi à Chamonix, le torrent qui circule sous la mer de glace alimente une installation souterraine qui produit 50MW par an, ce qui peut fournir en électricité une ville de 50 000 habitants.
La pente, autrefois obstacle majeur, constitue également un atout pour le développement du tourisme d'hiver avec l'installation de stations de ski.
b. La rupture du 20e siècle
L'économie montagnarde a longtemps été organisée en fonction des atouts et des contraintes du milieu. L'économie, centrée sur l'élevage s'est diversifiée au 19e siècle grâce à la présence de l'eau qui a permis le développement d'une activité industrielle dans les vallées. La forêt fournit la matière première à une industrie dynamique du bois. Mais l'agropastoralisme demeure l'activité première, c'est-à-dire le secteur qui réunit les éleveurs (ou bergers) et leurs troupeaux.

Au milieu du 19e siècle, la pression démographique importante oblige la population à défricher et à transformer une partie de la forêt en parcelles cultivables. Cependant l'agriculture devient progressivement une activité difficile et au 20e siècle, a du mal à rivaliser avec l'agriculture intensive pratiquée dans les plaines. Un mouvement d'exode rural débute dès la fin du 19e siècle et se poursuit jusqu'aux années 1960. Le milieu montagnard subit dès lors de profondes mutations liées aux bouleversements socio-économiques de la période. La croissance économique à partir des années 1950 contribue à l'essor d'un tourisme de masse. Celui-ci s'organise en particulier autour du développement de stations de sport d'hiver.
2. Les pressions et les impacts sur le milieu alpin
a. Une forte mise en valeur touristique
Les Alpes du Nord concentrent une grande partie des stations françaises. Les stations dites de première génération sont les premières à se développer autour d'un village préexistant, entre 900 et 1200 mètres d'altitude. Par la suite, des stations dites de « deuxième génération » vont être créées plus en altitude, entre 1600 et 1800 mètres. Elles sont créées ex-nihilo, c'est-à-dire de toutes pièces, à partir de rien.
Une troisième génération naît avec l'essor du tourisme dans les années 1960. Elle est impulsée par l'État qui lance en 1964 le plan neige, vaste programme d'aménagement au service du ski et fondé sur un urbanisme vertical. Des mesures sont prises pour attirer les investisseurs et promoteurs qui développent les domaines sans concertation avec les habitants. Ceux-ci sont parfois expropriés.

L'environnement naturel est lui aussi méprisé quand sont conçus ces gigantesques projets. La station d'Avoriaz en Haute-Savoie naît ainsi en 1964 sur d'anciens alpages de faible valeur (le terme « Avoriaz » signifie « ne vaut rien »). La station fait partie du domaine des Portes du Soleil, qui comprend au total 12 stations partagées entre la France et la Suisse. Son domaine skiable comporte 61 pistes et couvre près des 110 km. Pour cette station en plein développement, comme pour beaucoup d'autres, il a fallu aménager le milieu et rompre avec un équilibre naturel.

Doc. 1. La station d'Avoriaz

b. L'impact du développement touristique sur le milieu naturel
Le développement dès la fin des années 1960 des stations intégrées se marque d'une destruction du cadre paysan alpin. L'édification des grands immeubles s'accompagne d'infrastructures indispensables au tourisme. Il s'agit avant tout d'axes de communication qui doivent faciliter la circulation et conduire les touristes jusqu'aux stations (routes, lignes ferroviaires...). Ces équipements favorisent l'essor du nombre de touristes. En 20 ans le nombre de skieurs a ainsi été multiplié par quatre. Le département de la Savoie totalise près de la moitié de l'offre française de sports d'hiver et la seule vallée de la Tarentaise accueille plus de touristes que le département n'a d'habitants.

Les aménagements sont également indispensables dans la station même. Ils portent souvent atteinte au paysage et aux équilibres biologiques. L'aménagement des pistes de ski conduit à des coupes rases dans les forêts. Elles sont également opérées pour construire les remontées mécaniques ou creuser des lacs artificiels qui servent de réserves pour la neige de culture et les canons à neige. La destruction du cadre paysager apparaît clairement en été lorsque le manteau neigeux a disparu.
Le milieu économique a par ailleurs été bouleversé. Le développement de ces stations s'est opéré à partir de capitaux exogènes, extérieurs au milieu alpin. La société locale n'a pas été associée aux investissements. Elle est donc très dépendante de décisions prises par des acteurs étrangers. Les activités agricoles ont été largement bouleversées. Beaucoup de montagnards cherchent désormais une pluri-activité, comme salariés saisonniers dans les stations, et peu restent agriculteurs-éleveurs.

Doc. 2. Le paysage de montagne transformé

3. Gérer durablement le milieu alpin
a. Mieux appréhender le développement du milieu urbain
Les Alpes, dans leur partie septentrionale, sont devenues un espace fortement attractif.

L'attractivité s'illustre par une croissance démographique et urbaine. Grenoble, Chambéry, Annecy sont des aires urbaines particulièrement dynamiques. L'expansion de ces villes dans les vallées est à l'origine de pollutions très diverses. L'un des enjeux est de mieux gérer le trafic automobile, la circulation intense liée au développement économique. L'A43, dans la vallée de la Maurienne, est par exemple un axe stratégique, emprunté par de nombreux poids lourds reliant l'Italie et par les touristes accédant aux stations de sport d'hiver. La pollution atmosphérique est importante. Sous la pression des populations locales, par l'action des pouvoirs publics, de nouvelles stratégies de transport se développent comme le ferroutage qui permet aux camions de franchir les cols alpestres par le biais des axes ferroviaires.

Mieux appréhender le développement du milieu passe également par un développement des stations plus respectueux de l'environnement. Depuis la fin des années 1970, les stations de quatrième génération ou « stations villages » ont émergé. Elles se développent autour de villages traditionnels, avec un souci de l'intégration à l'architecture locale et au respect des activités traditionnelles et des populations qui y sont associées. La plupart de ces stations sont concentrées dans les départements de l'Isère, de Savoie et de Haute-Savoie.
b. Protéger le milieu naturel
La création des Parcs Nationaux par l'État en 1960 est une réponse à la dégradation de l'environnement. Au nombre de 10 aujourd'hui, le parc comprend une partie centrale où certaines activités sont réglementées et organisées afin que le milieu ne subisse aucune altération. Il est entouré d'une zone périphérique qui n'est pas réglementée et qui constitue un espace de transition pour l'accueil, l'hébergement des visiteurs. La Vanoise en 1963 est le premier parc, avec celui des Pyrénées, à être mis en place.

Doc. 3. Col des fenestres, Parc National du Mercantour,
Alpes Maritimes


Des Parcs naturels régionaux complètent le dispositif à partir de 1967. Ils illustrent la volonté de gérer de manière globale les territoires. La conception de la station de Valmorel en Savoie illustre cette philosophie. L'agriculture, jusque-là marginalisée est réintégrée au développement par une production de qualité et l'entretien des paysages. La loi montagne, en 1985, consacre au niveau législatif la recherche de cet équilibre entre préservation de l'environnement et « droit de l'aménagement ».
L'essentiel
Milieu contraignant à l’origine, le domaine de la haute-montagne a subi depuis plus d’un siècle de profondes mutations. L’essor du tourisme de masse a considérablement bouleversé les paysages et les sociétés. Pour faire face aux transformations, souvent négatives pour le milieu naturel, les acteurs de l’aménagement sont de plus en plus soucieux d’un développement durable. Ils cherchent à préserver ce milieu naturel tout en garantissant la poursuite du développement économique.

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