La désillusion républicaine - Maxicours

01 49 08 38 00 - appel gratuit de 9h à 18h (hors week-end)

La désillusion républicaine

1. La République désavouée
a. Les journées de juin 1848
La République avait accepté d'aider les chômeurs en s'inspirant des ateliers sociaux du théoricien socialiste Louis Blanc, membre du gouvernement provisoire. Des ateliers nationaux ont donc été créés. Ils attirent près de 100 000 ouvriers sur Paris pour travailler sur des chantiers publics (Champ-de-Mars). Mais les libéraux du gouvernement contestent cette décision et la fermeture des ateliers est annoncée le 21 juin 1848.
Les ouvriers dressent alors des barricades dans l'Est de Paris et manifestent lors des journées révolutionnaires du 23 au 26 juin. Le gouvernement de Thiers décide alors de réprimer cette révolte et envoie l'armée (le général Cavaignac) qui écrase la révolte dans le sang (3 000 morts). La rupture entre la République et les ouvriers est désormais consommée.
b. Le parti de l'Ordre
La France, apeurée par les journées révolutionnaires, se rallie alors à une conception plus conservatrice de la République. Deux moments vont sceller le sort de la République et de son projet social : tout d'abord, l'élection triomphale du neveu de Napoléon Ier, Louis-Napoléon Bonaparte, à la présidence de la République le 10 décembre 1848. Dans son programme, celui-ci avait mis en avant « l'ordre et la sécurité » pour profiter de l'inquiétude causée par les journées de juin. En outre, si sa thématique est conservatrice (famille, religion...), il tend cependant aussi la main aux ouvriers en promettant des réductions d'impôts et du travail pour tous. Ses adversaires sont déconsidérés soit par leur soutien à la gauche la plus activiste (Ledru-Rollin, Raspail) soit par la répression orchestrée en juin 1848 (Cavaignac perd ainsi les voix ouvrières).
Dans le droit fil de cette victoire, lors des législatives de mai 1849, le parti de l'Ordre dirigé par Thiers remporte la majorité absolue avec 500 sièges, contre 100 pour les républicains modérés et 200 pour la « Montagne » composée des républicains les plus radicaux dirigés par Ledru-Rollin.
La majorité conservatrice qui s'appuie sur les campagnes et les notables développe alors une politique de réaction (retour en arrière) : liberté de la presse contrôlée, limitation du suffrage universel (loi du 31 mai 1850) à ceux qui peuvent justifier d'un domicile fixe durant 3 ans, pour empêcher les ouvriers encore souvent itinérants de voter, loi Falloux qui libéralise l'éducation, permettant à une Eglise catholique opposée à la République et au progrès de développer son influence sur les jeunes consciences (mars 1850). Quelques personnalités républicaines fortes comme Victor Hugo ou Carnot s'opposent à cette évolution et réclament la laïcité, mais sans succès.
2. La République subjuguée
a. Louis-Napoléon Bonaparte
Entre Louis-Napoléon Bonaparte et le parti de l'Ordre cependant va naître une opposition masquée durant l'année 1849 par leur alliance de circonstance.
Si Bonaparte était en effet plutôt favorable lui aussi à la religion, à l'ordre et au conservatisme social, il symbolisait aussi une tradition impériale désireuse de faire des conquêtes révolutionnaires. Son parcours l'a d'ailleurs conduit à participer au mouvement nationaliste italien contre le pape et les Autrichiens et à œuvrer contre la monarchie de Juillet dans les années 1830.
De plus, ses écrits montraient un souci des pauvres et des ouvriers et prônaient un rôle économique actif pour l'Etat. Il a d'ailleurs visité dans sa jeunesse les régions industrielles anglaises et a été influencé par les Saint-Simoniens (socialistes désirant regrouper les travailleurs dans des collectivités – les phalanstères). Beaucoup de points l'opposent donc aux bourgeois conservateurs du parti de l'Ordre, et s'il s'est servi d'eux pour arriver au pouvoir, la volonté de conserver celui-ci marque une rupture.
b. La fin de la République
D'après la constitution républicaine, le président de la République ne peut exercer plus d'un mandat de quatre ans. Bonaparte souhaite pourtant conserver le pouvoir. Il va donc entrer en conflit avec l'Assemblée, garante de la légalité républicaine, qui refuse en juillet 1851 de lui accorder une révision de la constitution. Il va donc préparer et mettre en œuvre un coup d'Etat. Dans la nuit du 1er au 2 décembre 1851 (anniversaire d'Austerlitz), s'appuyant sur l'armée, il fait arrêter une partie des députés, dissout l'Assemblée et déclare le couvre-feu, tout en rétablissant le suffrage universel pour se rallier le peuple. Des barricades apparaissent sporadiquement dans les grandes villes comme Paris, mais les ouvriers refusent de défendre la République qui a réprimé les journées révolutionnaires de juin 1848. La répression contre les Républicains fait plus de 300 morts dans la capitale. De nombreux républicains comme Hugo partent en exil.
L'essentiel

La nouvelle République établie en 1848 se voulait universelle, regroupant autour d'un projet démocratique l'ensemble de la population française. Mais le problème ouvrier déstabilise la jeune République, avant que les conservateurs ne lui donnent le coup de grâce après 4 ans d'existence. La victoire de la réaction en 1849 puis le coup d'Etat de Louis-Napoléon Bonaparte en décembre 1851 marquent en effet la fin de la République née en 1848, même si celle-ci ne disparaît vraiment qu'un an plus tard.

Comment avez vous trouvé ce cours ?

Évaluez ce cours !

 

Découvrez
Maxicours

Des profs en ligne

Géographie

Des profs en ligne

  • 6j/7 de 17h à 20h
  • Par chat, audio, vidéo
  • Sur les 10 matières principales

Des ressources riches

  • Fiches, vidéos de cours
  • Exercices & corrigés
  • Modules de révisions Bac et Brevet

Des outils ludiques

  • Coach virtuel
  • Quiz interactifs
  • Planning de révision

Des tableaux de bord

  • Suivi de la progression
  • Score d’assiduité
  • Une interface Parents