Les lois laïques des années 1880 - Maxicours

Les lois laïques des années 1880

Objectifs
  • Connaitre la mise en place de la laïcité à l'école.
  • Comprendre la séparation de l'Église et de l'État en France.
Points clés
  • Dans les années 1880, les républicains engagent le combat pour la laïcité à l’école et dans la société. La sécularisation à marche forcée de la France est une victoire pour la République qui se renforce dans cette lutte.
  • Cependant, elle crée aussi chez ses adversaires la volonté de se battre pour rétablir le poids de l’Église dans la société.
  • La loi de séparation de l’Église et de l’État marque en 1905 l’apogée de ce combat entre laïques et croyants.

Les fondateurs de la IIIe République (4 septembre 1870) prônent une société laïque, c'est-à-dire libérée de l’influence de la religion.
C’est avec l’arrivée des républicains au pouvoir en 1879 qu’une véritable politique de laïcisation est mise en œuvre. Les luttes d’opposition entre républicains et catholiques dominent de fait la vie politique jusqu’en 1914.

1. Le premier combat, l'école
a. Les lois Ferry de 1881-1882

Le premier lieu où les républicains comptent forger une société laïque est l’école. Ils entendent ainsi lutter contre l’influence de la religion dès le plus jeune âge afin d’affirmer la liberté de conscience et laïciser la société.

En 1881-1882, les lois Jules Ferry rendent l’école primaire gratuite, laïque et obligatoire :

  • les crucifix sont symboliquement retirés des salles de classe ;
  • en 1886, les enseignants des congrégations religieuses sont remplacés par des instituteurs laïques ;
  • profondément dévoués au combat pour la laïcité, on appelle rapidement ces instituteurs « les hussards noirs de la République », c’est-à-dire les soldats de la laïcisation de la société.

Expulsion de dominicains de la rue de Jean de Beauvais à Paris suite aux décrets de mars 1880 pris par Jules Ferry et enlevant le droit d'enseigner aux membres des congrégations religieuses non autorisées, gravure.

Congrégation : association religieuse vivant selon une règle commune. Synonyme d’ordre religieux.
Dominicains : religieux catholiques.
b. Une école nouvelle

L’école des années 1880 est en rupture avec l’école de la période précédente :

  • Par ses buts : construire une société laïque, visant à résoudre l’égalité sociale par le travail et le mérite.
  • Par ses enseignements nouveaux qui remplacent la morale chrétienne : l’instruction morale et civique remplace l’enseignement religieux, le culte de la patrie remplace le culte de Dieu, l’apprentissage de la Marseillaise remplace l’apprentissage des prières. On habitue aussi les élèves à l’idée d’une guerre future contre l’Allemagne.

Récits et leçons patriotiques d'instruction et d'éducation militaire dans une salle de classe, illustration, 1899

 

Les devoirs envers la patrie : Liberté, Égalité, Fraternité, gravure dans « Le livre unique de morale et d'instruction civique », destinée aux élèves

  • Par son ouverture : la loi Camille Sée de 1880 ouvre les études supérieures aux filles. Il s’agit moins de les former que de les soustraire de l’influence de la religion et de leur famille.
  • Par sa place dans la ville ou le village : désormais, les écoles sont accolées aux mairies, pour montrer leur rôle dans la formation du citoyen et dans la diffusion des valeurs républicaines.
2. La sécularisation de la société
a. Des mesures pour réduire l'influence de la religion

Le combat pour la laïcité concerne aussi la vie publique :

  • En 1881, les cimetières sont laïcisés.
  • En 1884, les prières publiques officielles sont supprimées. La même année, le droit au divorce est rétabli.
Sécularisation : lutte contre l'influence de la religion dans la société ou dans une organisation.
b. La création d'un culte républicain

Pour contrer l’influence de la religion tout en faisant la promotion des valeurs républicaines, on établit une symbolique républicaine :

  • la Marseillaise, chant des républicains, devient l’hymne de la France ;
  • la devise « Liberté, Égalité, Fraternité » est écrite sur le frontispice de toutes les mairies ;
  • un buste de Marianne, allégorie de la République, est placé dans chaque mairie de France ;
  • le 14 juillet devient fête nationale. Peu à peu des cérémonies s’organisent autour de ce jour férié : revue des troupes par le président de la République, notamment. C’est un jour de fête où les bals fleurissent dans toutes les villes et tous les villages de France ;
  • le Panthéon devient le lieu de culte des grands hommes à l’occasion des funérailles de Victor Hugo en 1885.
3. Une oeuvre inachevée et contestée
a. L'Église n'accepte pas cette sécularisation

L’Église catholique voit dans ce travail de sécularisation une atteinte à son poids dans la société française.

Dans les écoles, lorsque les enseignants des congrégations religieuses sont remplacés par des instituteurs laïques, beaucoup de catholiques refusent une « école sans Dieu » et ouvrent des écoles privées confessionnelles.

Illustration dénonçant « la science athée qui mène l'enfance à l'abîme en lui dérobant la vue [de Jésus-Christ] notre sauveur », publiée dans le Pèlerin, un journal catholique


Par plusieurs encycliques, le Pape Léon XIII appelle à un rapprochement des républicains et des catholiques : il admet les règles de la démocratie qui ont porté un gouvernement républicain au pouvoir en France mais regrette que le pouvoir soit exercé au mépris de la tradition catholique de la France.
Au tournant du siècle, sur 160 000 religieux et religieuses, 30 000 choisissent l’exil.

D’autres font le choix d’une action plus radicale. Certains catholiques soutiennent l’extrême-droite antiparlementariste, autour notamment de Charles Maurras, qui dirige le journal L'Action Française.

Caricature d'Émile Combes, connu pour ses positions anticléricales, en diable, égorgeant un ecclésiastique

Antiparlementarisme : doctrine des partisans d’un régime sans parlement ou avec un parlement aux pouvoirs limités.
Pape : évêque de Rome et chef de l’Église chrétienne catholique.
Encyclique : texte religieux à portée sociale ou politique que peut rédiger et diffuser le pape.
b. Les républicains veulent aller plus loin

L’anticléricalisme se développe dans les années 1880-1890 en France à travers des revues et des livres souvent caricaturaux.

Page de titre du roman anticlérical « La religion du crime »


Au début du XXe siècle, les républicains accentuent leur lutte pour la laïcité sous l’impulsion d’Émile Combes, Paul Bert ou Ferdinand Buisson.

La loi du 5 juillet 1904 retire aux congrégations religieuses le droit d'enseigner.
Au cours de l’été 1904, le gouvernement prend une série de mesures particulièrement radicales : les rues portant un nom de saint sont débaptisées, 2 500 écoles religieuses sont fermées. Le 30 juillet, le Pape rompt les relations diplomatiques avec la France.

Anticléricalisme : lutte acharnée contre la religion.

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