La Cinquième République en héritage - Cours d'Histoire Terminale pro avec Maxicours

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La Cinquième République en héritage

1. La présidence de Georges Pompidou
a. L'élection de Georges Pompidou
Avant même le départ du général de Gaulle de l'Elysée, Georges Pompidou avait annoncé qu'il serait candidat à la présidence de la République. Aux élections présidentielles de 1969, il est le candidat de la majorité formée par l'UDR (parti gaulliste) et les Républicains indépendants. Face à lui se présentent Alain Poher pour le centre et plusieurs candidats de gauche (Jacques Duclos pour le PCF, Gaston Defferre pour la SFIO, Michel Rocard pour le PSU). Le 15 juin 1969, Pompidou bat au second tour Alain Poher et devient président de la République.
Normalien, agrégé de lettres, Georges Pompidou est un brillant universitaire, et un fidèle du général de Gaulle, dont il fut le Premier ministre entre 1962 et 1968. Soucieux de sauvegarder l'héritage gaulliste, Georges Pompidou se veut aussi un homme d'ouverture.
b. Le « changement dans la continuité »
La première phase du mandat de Georges Pompidou est marquée par une volonté d'ouverture et de changement, sans pour autant revenir sur les grands principes gaullistes : primauté du chef de l'Etat, indépendance de la politique extérieure.
Pompidou nomme comme Premier ministre Jacques Chaban-Delmas, un gaulliste historique, mais des centristes entrent au gouvernement. Le gouvernement montre plus de respect envers le Parlement que pendant la présidence gaullienne. Dans le domaine économique, le gouvernement cherche à rétablir les grands équilibres, et dévalue le franc.
L'ouverture se traduit surtout par le projet de « nouvelle société » de Jacques Chaban-Delmas : conseillé par des hommes de gauche comme Jacques Delors, le Premier ministre souhaite mettre fin aux blocages de la société française par une politique contractuelle de concertation entre l'Etat, le patronat et les syndicats. Mais cette ligne politique est désapprouvée par Pompidou lui-même. Jacques Chaban-Delmas est fragilisé par des scandales financiers, et le référendum sur l'entrée de la Grande-Bretagne dans la CEE ne parvient pas à mobiliser les Français. Pompidou décide alors de renvoyer son Premier ministre et de le remplacer par Pierre Messmer, plus soumis, et plus conservateur.
Mais la fin du mandat de Georges Pompidou est difficile : la hausse des prix du pétrole en 1973 freine la croissance et relance l'inflation. Le président, gravement malade, meurt le 2 avril 1974.
c. L'évolution du paysage politique français sous la présidence de Pompidou
Après mai 1968 et l'écrasante défaite aux élections présidentielles de 1969, la gauche française se réorganise. En juillet 1969, au congrès d'Issy-les-Moulineaux, la SFIO devient le Parti socialiste et fusionne avec de nombreux autres groupes et clubs socialistes. Au congrès d'Epinay-sur-Seine, en 1971, François Mitterrand est élu premier secrétaire du nouveau parti. Celui-ci met en oeuvre l'union de la gauche et signe en 1972 avec les communistes un programme commun de gouvernement. Ce programme, qui prévoit des nationalisations, donne une dynamique nouvelle à la gauche française.
La vie politique française semble donc tendre vers une bipolarisation. Le gaullisme doit désormais compter avec la présence d'un adversaire organisé : le Parti socialiste.
Mais la présidence de Pompidou a enraciné la Ve République dans la vie politique française et a montré que la Constitution de 1958 pouvait fonctionner sans le général de Gaulle. Le régime est accepté par toutes les forces politiques.
2. Le septennat de Valéry Giscard d'Estaing
a. L'élection de Valéry Giscard d'Estaing
A la mort de Pompidou, Jacques Chaban-Delmas annonce sa candidature à la présidence de la République mais il ne fait pas l'unanimité au sein des gaullistes. Les candidatures se multiplient à droite, la plus importante étant celle de Valéry Giscard d'Estaing, chef des Républicains indépendants. A gauche, F. Mitterrand est le candidat présenté par le PCF, le PS et les radicaux. Le second tour oppose Valéry Giscard d'Estaing à François Mitterrand.
Le 19 mai 1974, Valéry Giscard d'Estaing est élu de justesse président de la République : pour la première fois dans la Cinquième République, l'Elysée échappe aux gaullistes.
Mais la situation politique est très délicate ; la France est politiquement coupée en deux et économiquement elle apparaît profondément en crise.
b. Le gouvernement Chirac (1974-1976)
Pour neutraliser l'opposition des gaullistes, amèrement déçus de la défaite de leur candidat J. Chaban-Delmas, Valéry Giscard d'Estaing choisit l'un d'entre eux comme Premier ministre : il s'agit de Jacques Chirac. Ce dernier prend la tête du mouvement gaulliste (UDR).
Le président de la République cherche à donner de lui une image moderne, et des mesures libérales sont adoptées : abaissement de la majorité à 18 ans, légalisation de l'avortement (loi Veil de 1975), augmentation du salaire minimum (SMIC), augmentation du minimum vieillesse.
La conjoncture économique est très difficile : la crise se traduit par une forte inflation, une montée des licenciements et une réduction de la croissance. Pour y remédier, le gouvernement Chirac tente en 1975 un plan de relance qui ne donne pas satisfaction.
D'autre part, les relations entre Valéry Giscard d'Estaing et Jacques Chirac se dégradent rapidement. En août 1976, ce dernier donne avec éclat sa démission de son poste de Premier ministre.
c. Le gouvernement Barre et la lutte contre la crise
Raymond Barre, économiste inconnu du grand public, est alors choisi par Valéry Giscard d'Estaing pour être le nouveau Premier ministre. Il donne la priorité à la lutte contre la crise économique et adopte en 1976 un vaste plan (plan Barre) visant à lutter contre l'inflation. Mais cette tentative de solution libérale ne parvient pas à endiguer la hausse du chômage. A la veille des élections présidentielles de 1981, on compte deux millions de chômeurs en France.
Politiquement, la France est divisée. A droite, Jacques Chirac rénove le parti gaulliste qui prend le nom de RPR (Rassemblement Pour la République) et n'hésite pas à critiquer la politique du gouvernement. Pour rassembler les forces qui le soutiennent, le Président de la République Valéry Giscard d'Estaing crée l'UDF (Union pour la Démocratie Française).
A gauche, le parti communiste choisit de se désolidariser du parti socialiste en 1977, ce qui explique que la droite ait pu remporter les élections législatives de 1978.
Mais l'échec du gouvernement Barre à endiguer la crise permet à la gauche d'aborder l'élection présidentielle de 1981 avec toutes ses chances.
Le 10 mai 1981, le candidat de la gauche, François Mitterrand, sort vainqueur des élections : il est le nouveau président de la République.
L'essentiel

Après le départ du général de Gaulle du pouvoir, la présidence de la République est assurée par un autre gaulliste : Georges Pompidou. Fidèle à la politique de son prédécesseur, il contribue à enraciner les institutions de la Cinquième République. En 1974, Valéry Giscard d'Estaing est élu président de la République : il appartient à la droite non gaulliste. Son septennat est marqué par l'entrée dans la crise économique.

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