Histoire des arts : la valorisation de l'homme par les arts - Maxicours

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Histoire des arts : la valorisation de l'homme par les arts

Objectifs :
Comprendre comment l’humanisme de la Renaissance redéfinit la place de l’homme dans l’univers.
La période de la Renaissance marque un véritable renouveau dans la pensée humaine : les intellectuels, les humanistes comme ils ont été appelés par la suite, se font entendre, après le Moyen âge où la religion est toute puissante. Leur ambition est de procéder à un rééquilibrage dans les rapports entre l’Homme et l’univers et aussi entre l’Homme et Dieu. Pour eux, l’humain peut progresser, il est perfectible. C’est à cette époque que tous, intellectuels et artistes, se liguent pour célébrer, d’une part l’esprit de l’homme, mais aussi son corps. Pour cela, l’humanisme est aidé dans sa réflexion, non seulement par la redécouverte des chefs-d’œuvre de l’Antiquité, mais aussi par les avancées du siècle précédent : les inventions comme l’imprimerie, la révolution copernicienne et la découverte du Nouveau Monde. Tout cela représente un véritable ferment pour une nouvelle conception de l’Homme dans son univers.
1. La célébration de l’esprit
Parmi les auteurs gréco-romains redécouverts à cette époque figurent Cicéron, Aristote, Platon qui mettent l’être humain en valeur. La pensée de Platon marquera celle des humanistes qui reprennent à leur compte cette célèbre affirmation : l’homme est la mesure de toute chose (extraite du Protagoras). C’est en quelque sorte du point de vue de l’homme que tout est perçu.

Sans forcément contester l’autorité religieuse, les penseurs humanistes mettent la vie humaine au cœur de leur réflexion. Ce qui a pour conséquence le changement de statut de l’Homme qui perd son caractère de créature privilégiée de Dieu mais qui gagne sa liberté dans un monde où il doit choisir lui-même son destin.

L’humanisme affirme avec conviction les capacités et la dignité de l’être humain. À ce titre, l’éducation devient une composante essentielle qui doit permettre cette liberté et l’épanouissement de l’homme. Rabelais, Érasme, Montaigne ont même la volonté de créer un homme parfait par l’éducation. Ils ont une conception optimiste. Pic de la Mirandole, humaniste italien célèbre dit même qu’On ne peut rien voir de plus admirable que l’Homme.

Ils prônent une éducation libérale, caractérisée par le respect de la personnalité de l’enfant, un dialogue entre maîtres et élèves, un équilibre entre toutes les disciplines : mens sana in corpore sano, un esprit sain dans un corps sain, propos de l’écrivain latin Juvénal, repris par les humanistes. Ces principes sont tirés des nombreux traités de pédagogie de Vivès, Montaigne ou Érasme. Érasme, le précepteur du futur roi Charles Quint, rédige un traité de civilité puérile dans lequel il met la sociabilité au cœur de l’éducation. Dans ses Essais, Montaigne s’insurge contre l’éducation forcée, la culture imposée par la force doit être remplacée par une sévère douceur qui alterne entre l’autorité sans faille et la bienveillance.

C’est ainsi que l’Homme parviendra à être heureux. La quête du bonheur est aussi recherchée par les humanistes. Dans leurs modèles de société, ils imaginent des lieux où ce bonheur existe. Rabelais, pour qui l’homme est « un abîme de science » invente l’abbaye de Thélème, un lieu mixte où chacun invite le reste du groupe à une activité de son choix, selon le principe « Fais ce que tu voudras. » L’Anglais More publie Utopie, un ouvrage dans lequel il prône la tolérance et la discipline au service de la liberté dans un lieu imaginaire et idéal, Utopia.

Les sujets politiques sont également abordés par les Humanistes qui tentent d’éduquer les Rois, et d’influencer leurs décisions : Érasme auprès de Charles Quint, Budé auprès de François Ier et More auprès de Henry VIII.

Cependant, la redécouverte des valeurs morales de l’Antiquité et l’affirmation d’une liberté de l’homme par la pensée ont souvent engendré des conflits avec l’Eglise. En effet, l’humanisme pousse à une indépendance d’esprit, un libre examen des textes religieux, ce qui est vite considéré comme subversif. L’imprimeur humaniste Dolet sera brûlé comme hérétique et athée en 1546, bien d’autres auront la même fin tragique.
2. La célébration du corps
Les sciences se développent, nourries par l’étude des textes antiques et le renouveau de l’intérêt pour la nature. La pensée humaniste ne reconnaît pas de suprématie entre les disciplines, les avancées en mathématiques, géométrie anatomie (Vésale, Servet) et dans les arts se répondent. Tandis que le corps est étudié en détail par les chirurgiens (Ambroise Paré), les artistes ont le souci de le montrer dans sa réalité organique.

La beauté du corps humain va être valorisée, exaltée même, par tous les artistes. Le souci d’exactitude dans le rendu du corps est un hommage à Dieu qui, selon la Bible, a fait l’homme à son image, mais c’est aussi un hommage aux œuvres antiques.
 
Les représentations humaines sont harmonieuses, symétriques, fidèles, proportionnées. Les exemples sont nombreux et riches : La Naissance de Vénus de Botticelli, Le Martyre de Saint-Sébastien de Mantegna.

Doc.1. La naissance de Venus.
Peinture de Sandro Botticelli (1444-1510)

On trouve même une étude de proportions du corps humain, un dessin de Léonard de Vinci à la plume : l’homme de Vitruve (1492). Chez ce maître de la Renaissance, la représentation de la figure humaine correspond à un long travail d’observation anatomique, retranscrit ensuite dans la minutie descriptive du trait dessiné. Léonard de Vinci a peint des visages admirables de vie, c’est un artiste humaniste qui met l’homme au centre de son travail. Il cherche à représenter l’humain dans sa diversité.

Doc.2. Les proportions humaines, 1490 d'après Vitruve par Leonard de Vinci (1452 - 1519)

De nouveaux thèmes pour figurer l’humain apparaissent : le nu, chez le Titien, le portrait, chez Léonard de Vinci, l’autoportrait, chez Albrecht Dürer, les thèmes de société, chez Van Eyck. Les artistes cherchent aussi à représenter l’émotion, les sentiments humains.

Le nu féminin s’impose aussi dans les arts plastiques. Certains sujets de la mythologie comme Vénus, la déesse de l’amour ou Danaé, mortelle aimée de Zeus, autorisent qu’on consacre des œuvres d’art à la sensualité et à la séduction du corps féminin. La pose, les éléments du décor, les couleurs, les ombres et les lumières concourent à la mise en scène du désir et de la vie sexuelle.
L'essentiel
Durant cette période de la Renaissance, où l’humanisme fédère tous les penseurs européens, la production littéraire, les débats et échanges d’idées, l’éducation, la réflexion pédagogique montrent que l’homme est leur principal sujet et qu’ils font le pari de son intelligence. Ils rêvent aussi pour lui de mondes utopiques où la tolérance et la paix règnent. Si l’Homme est valorisé pour son esprit, il l’est aussi dans son corps. Les artistes de l’époque le représentent avec réalisme, précision, rendant hommage à sa beauté. Les humanistes affirment avec conviction les capacités et la dignité de l’être humain.

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