Histoire des arts : la Première Guerre mondiale - Cours d'Histoire 3eme avec Maxicours - Collège

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Histoire des arts : la Première Guerre mondiale

Objectif :
Comment les artistes représentent-ils la Première Guerre mondiale ?
1. Félix Vallotton, Verdun, 1917
Verdun est une œuvre du peintre français Félix Vallotton (1865-1925). Il s’agit d’une huile sur toile peinte en 1917. Son titre entier est : Verdun, Tableau de guerre interprété, projections colorées noires, bleues et rouges, terrains dévastés, nuées de gaz.

Doc.1. Verdun, Félix Vallotton, 1917

En 1916, les poilus et leurs ennemis sont engagés dans un conflit qui a sombré dans l’immobilisme total. La ligne de front n’évolue plus et les combats épuisent tant les soldats que les stocks des deux camps adverses. Désireux de trouver une issue, les Allemands préparent une offensive dans la région de Verdun en vue de « saigner à blanc » les Français. La bataille de Verdun s’ouvre le 21 février avec un déferlement incessant de bombes qui s’abattent sur les tranchées françaises. Elle s’achève le 18 décembre avec la proclamation de la victoire française. La situation n’a pourtant pas été modifiée après de longs mois d’intenses combats. Les centaines de milliers de morts n’ont pas offert un tournant au conflit. La ligne de front n’a quasiment pas évolué et les épuisants échanges de tirs reprennent.

Trop âgé pour participer aux combats, Félix Vallotton s’est néanmoins approché de la ligne de front en juin 1917 dans le cadre d’une mission de peintres aux armées pour laquelle il était volontaire. L’objet de cette opération est de constituer une collection publique d’œuvres relatives au conflit. Face au désastre causé par l’ « enfer de Verdun » et la reprise aveugle des hostilités, Vallotton tente de renouveler les codes de la peinture de guerre. S’écartant de la représentation de soldats héroïques, il privilégie une vision abstraite et cubiste, voire futuriste (ce qui est particulièrement rare dans son œuvre), de l’effroyable « no man’s land ». Le paysage n’est que désolation avec ses arbres brûlés et ses terres devenues vierges. La cause en est essentiellement les pluies de balles (représentées dans le premier quart de gauche), les incendies rougeoyants et les envois d’obus fumants.

Dans cette œuvre, la présence du soldat est totalement éclipsée par la supériorité de la puissance mécanique. Le tableau donne d’abord à voir un jeu de lumières et de couleurs représentant les forces massives en action. Appuyée par la géométrie, elle incarne la réalité froide et déshumanisée des fronts de la Première Guerre mondiale.
2. Otto Dix, La Guerre, 1929-1932
La Guerre est une œuvre du peintre allemand Otto Dix (1891-1969), réalisée entre 1929 et 1932. Cette œuvre est constituée de trois panneaux peints : c’est un triptyque. Cette forme rappelle celle des retables (panneaux placés derrière l’autel d’une église) de la Renaissance représentant des scènes religieuses. Certains détails de cette œuvre d’Otto Dix rappellent d’ailleurs ceux du Retable d’Issenheim de Mathias Grünewald et du Christ mort de Hans Holbein.

Otto Dix s’est engagé volontairement dans le conflit dans la Première Guerre mondiale. Il en a donc vécu toute l’horreur. Il a eu l’occasion de parcourir les affreux paysages de tranchées où la mort domine. Lieu des combats, le front est constellé de corps des soldats abattus. Il concentre un amas de cadavres, de résidus d’armes et de barbelés, englués dans une boue infestée de rats. Cet environnement révèle un manque d’hygiène criant dans les tranchées : les soldats ne peuvent pas se laver autant qu’ils le voudraient et les épidémies sont fréquentes.

Le panneau de gauche reproduit des soldats français, vus de dos, marchant dans la brume vers les champs de bataille. Le panneau principal, au centre, porte en arrière-plan un paysage de ruines (maisons brûlées ou écroulées, sol désertique). Ses éléments principaux représentent l’horreur de la tranchée avec un amoncellement de corps déchiquetés et ouverts. Parmi ceux-ci se distingue un cadavre à la peau couverte de pustules et à la bouche ouverte d’où sortent des vers. Sa main est tendue comme s’il demandait de l’aide. De l’autre côté, un squelette embroché dans une pièce en ferraille désigne du doigt l’épouvantable massacre. Énigmatique, un soldat, dissimulé sous une cape et un masque à gaz, semble pétrifié. Le panneau de droite nous montre le peintre lui-même transportant dans ses bras et sans crainte un soldat blessé. Enfin, la prédelle (partie inférieur du triptyque) rappelle un caveau dans lequel repose des hommes en uniforme.

Otto Dix est revenu de la guerre en révolté et en pacifiste. Traumatisé par les combats, il ne cesse d’en reproduire la cruauté jusque dans les années 1930, beaucoup plus tard après la signature de l’armistice. Il semble nécessaire pour l’artiste de continuer de témoigner sur ce long épisode de l’histoire pour ne pas l’oublier. Parallèlement, il exprime tout son dégoût pour cette sauvagerie inutile. Il veut clairement dénoncer l’absurdité de la guerre.
3. Boris Kustodiev, Le Bolchevik, 1920
Le Bolchevik est une œuvre du peintre russe Boris Kustodiev. Il s’agit d’une huile sur toile réalisée en 1920.

En février 1917, une première révolution oblige le tsar Nicolas II à abdiquer. Un gouvernement provisoire se met alors en place. Il est rapidement renversé quand, au mois d’octobre, les Bolcheviks provoquent une nouvelle révolution. Conduits par Lénine et Trotski, ils s’emparent du pouvoir et étendent leur mouvement à Moscou et au reste du pays.

Sur ce tableau, un géant surréaliste, au regard fixe et obstiné, tient fermement un drapeau rouge, couleur symbolique de la révolution. Il traverse une ville enneigée à l’architecture typiquement russe. À ses pieds, une foule d’hommes armés convergent de chaque rue et le suivent. Le point de vue pourrait être celui d’un observateur, depuis l’intérieur d’un bâtiment. Cet angle n’est pas le fruit du hasard : le peintre, paralysé depuis 1916, peignait ses scènes extérieures depuis sa fenêtre.

Peint moins de trois ans après la révolution russe, ce tableau évoque la marche inéluctable de la révolution. Le peuple se dirige inéluctablement vers un nouvel avenir : la Russie tsariste n’est plus. La massification de la foule incarne l’union d’un peuple qui a adhéré aux principes du mouvement initié par Lénine.
L'essentiel
Verdun de Félix Vallotton exprime la déshumanisation des champs de bataille de la Première Guerre mondiale : les armes ont supplanté le soldat. Désormais, la mécanisation conduit à un paysage froid et entièrement dévasté.

La Guerre d’Otto Dix témoigne de la cruauté au front. La mort y est omniprésente : des cadavres s’entassent dans la boue. Acteur du conflit, l’artiste dénonce l’absurdité des combats et tente d’entretenir la mémoire des disparus.

Le Bolchevik de Boris Kustodiev rappelle l’épisode de la révolution d’octobre 1917. Guidé par la révolution, le peuple russe se réunit et marche vers un autre avenir. La Russie tsariste n’existe plus ; elle laisse place à un nouveau régime dont Lénine se veut le fondateur.

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