Étude de cas : la Chine, un État émergent - Cours de Géographie 4eme avec Maxicours - Collège

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Étude de cas : la Chine, un État émergent

La Chine est un géant : couvrant quelques 9 677 009 km2, elle est la plus grande puissance démographique du monde, avec plus d'1,3 milliard d'habitants. Communiste depuis 1949, elle a commencé à libéraliser son économie sous la houlette du Premier ministre Deng Xiaoping en 1978.

Aujourd'hui, la Chine est considérée comme le plus puissant des États émergents. En tête des pays formant les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) regroupant les 5 États émergents les plus dynamiques au monde, la Chine est une puissance montante avec laquelle les pays riches et industrialisés de la Triade doivent désormais compter.

Quels sont les fondements de la puissance chinoise ? Et quelles sont les raisons pour lesquelles elle ne fait pas encore partie des pays riches du Nord et se contente d'un statut de pays émergent ?
1. Une économie dynamique
a. Les principales caractéristiques de ce pays émergent
La Chine réunit les principaux critères qui font d'elle un pays considéré comme émergent :
Son PIB / habitant (Produit intérieur brut) reste très inférieur à celui des pays développés. En 2010, son PIB / habitant était de 4 300 dollars environ. (Celui de la France était de 41 018 dollars et celui de la Norvège atteignait les 84 443 dollars). Ce PIB sert d'indicateur du niveau de vie des pays.

- En revanche, sa croissance économique est extrêmement rapide et ce, depuis plusieurs années.

- Son niveau de vie commence à converger vers celui des pays riches du Nord.

La Chine est donc une force économique en forte expansion.
b. Les facteurs de la croissance chinoise
Cette performance économique s'explique par plusieurs facteurs :

- L'insertion de la Chine dans l'économie mondiale après 1978. Elle a permis le décollage économique d'un pays très longtemps replié sur lui-même.

- De très fortes exportations. Ce sont elles qui tirent la croissance. En 2009, la Chine est devenue le premier exportateur mondial, devant l'Allemagne et les États-Unis. Par ailleurs, les importations chinoises ne cessent pas non plus d'augmenter : le pays est également devenu le 3e importateur mondial en 2006.

- La création de ZES (Zones économiques spéciales) offrant une législation plus avantageuse que dans le reste du pays aux investisseurs étrangers (surtout aux Chinois de la diaspora). Les IDE (Investissements directs étrangers) étaient en 2005 de 72 milliards de dollars. Les ZES ont été un franc succès. Elles ont permis le développement du commerce extérieur, les échanges de technologie avec l'étranger et l'arrivée d'investissements étrangers.

Doc. 1. La Chine émergente
c. Les transformations de la vie quotidienne liées à la croissance
« Gao a décidé de quitter l'imprimerie d'État où il travaillait pour créer une agence de pub avec l'aide financière de son cousin revenu d'Allemagne. Tout à l'heure, il a fait un dîner somptueux au restaurant (...). Âgés de 20 à 45 ans, issus du nouveau secteur privé, architectes, avocats, entrepreneurs, Gao et ses amis sont tous à la recherche d'une notion que la Chine communiste avait oubliée : le plaisir. Dans la Chine des années 1980, tous les volets roulants tombaient à la tombée de la nuit. Aucun lieu de sortie après 19h et les cartes des restaurants étaient déprimantes. Désormais, c'est l'abondance d'enseignes, et de plats. Croiriez-vous que le premier bar a ouvert en 1994 ? Aujourd'hui, il est impossible de les recenser. Il y a aussi profusion sur les marchés, dans les magasins qui regorgent de vêtements, de chaussures ou de lingerie ». D'après Libération, 1er octobre 2009.

Le niveau de vie de la population a globalement augmenté
. Le revenu par habitant s'est nettement amélioré. On considère qu'en moyenne, il s'est accru de 8,5 % entre 1980 et 2005. La Chine a maintenant un revenu par habitant deux fois plus important que l'Inde.
2. Un État qui demeure encore une nation en développement
a. Une main d'œuvre bon marché
Le développement économique de ce pays s'est fait grâce à une main d'œuvre bon marché et peu exigeante. En Chine, le secteur des ressources humaines est encore très peu implanté. Les employés et les ouvriers n'ont pas véritablement vu leurs salaires augmenter alors qu'ils étaient les principaux acteurs de la croissance. Les entrepreneurs privés, chinois ou étrangers, ont jusque-là bénéficié d’une main d’œuvre à des prix bas. Mais dans la décennie à venir, l'État chinois va devoir se préoccuper de former sa main d'œuvre, de rémunérer plus justement  et de mettre en place une protection sociale pour ses citoyens.
b. La Chine, entre folie des grandeurs et dénuement le plus total
« Toute la génération de Gao n'a pas une vie aussi facile. Le plaisir de ses anciens collègues de l'imprimerie, c'est les emplettes du week-end (accordé sur 2 jours depuis 1997) pour acheter des produits électroménagers. Mais pour la grande majorité, paysans, ouvriers ou petits fonctionnaires, il n'est même pas question d'accéder à ces frivolités ». D'après Libération, 1er octobre 2009.

La hausse du revenu moyen ne s'est pas répercutée uniformément sur la population chinoise. Le pays fait le grand écart permanent. D'un côté les quelques millions de personnes qui bénéficient des effets du boom économique, de l'autre des millions d'individus privés du minimum vital. Au milieu, ceux qui, grâce à l'intégration de leur pays dans la mondialisation, ont trouvé du travail, et parviennent à consommer, sans trop faire de folies cependant.

La grande majorité des Chinois est rurale (environ 900 millions de personnes). 1/3 des ruraux sont pauvres. 400 millions de Chinois habitent en ville et 10% d'entre eux sont pauvres. Cela signifie qu'au total, il y a 340 millions de Chinois pauvres. Et parmi eux, plus de 100 millions de personnes (soit autant que la population du Japon) se contentent de vivre avec moins de 2 dollars par jour.

Doc. 2. La Chine rurale
c. Une belle avancée sociale : la réduction de la pauvreté
Si le constat de ce grand écart est exact, il ne faut pas cependant, masquer une autre réalité, une avancée sociale incontestable en Chine : le recul de la pauvreté. Certes, il reste 340 millions de pauvres, mais depuis le début des années 1980, des centaines de millions de Chinois ont pu sortir de la misère grâce au développement économique de leur pays.
3. Un modèle de croissance spatialement déséquilibré
Les fruits de la croissance n'ont pas été équitablement répartis à l'ensemble du territoire chinois. Il existe dans ce pays de très grandes inégalités spatiales car les autorités ont opté pour un modèle de développement privilégiant certaines régions à d'autres en espérant que les laissés pour compte finiraient, à terme, par bénéficier à leur tour des effets de l'ouverture.

- L'ouverture du territoire sur l'extérieur s'est donc limitée aux provinces côtières, qui sont devenues les moteurs de l'économie chinoise. Les activités et le commerce se concentrent, pour l'essentiel, à l'Est, sur la façade maritime. Ce sont ces régions qui, à 88%, attirent les IDE (Investissements directs étrangers). Poussées par la nécessité de se rapprocher des lieux d'exportation, des ports, les entreprises tournées vers le commerce international ont choisi de se localiser sur la côte plutôt que dans les villes intérieures (avantages fiscaux, pas de coûts de transports inter-régional...). Ces régions concentrent 43% de la population sur 18% du territoire.

L'intérieur du pays est devenu une périphérie, plus ou moins intégrée à la Chine dynamique des échanges et de la richesse :

- Le centre de la Chine regroupe 44% de la population sur 20% du territoire. C'est une périphérie en voie d'intégration, une vaste région à dominante agricole, qui compte quelques grandes villes dynamiques.

- La Chine de l'Ouest est la Chine oubliée. Pauvre, désertique, elle est essentiellement peuplée par des minorités ethniques (Tibétains, Mongols, Ouïgours...). Elle comptabilise 13% de la population sur 61% du territoire. Son peuplement est très discontinu et les villes y sont rares.
L'essentiel
En choisissant, depuis 1978, de s'appuyer sur une stratégie de développement économique basé sur l'exportation et sur l'attraction de ses provinces littorales aux investissements étrangers, la Chine est parvenue à faire décoller son économie engourdie. Depuis les années 80, le pays enregistre des taux de croissance élevés et il est devenu en 2010 la deuxième économie du monde.

Pays émergent, la Chine cependant, n'a pas encore atteint le niveau de développement des riches États du Nord anciennement industrialisés. Derrière le « miracle économique chinois », derrière les gratte-ciel de Pundong à Shanghai, se dissimule une réalité nettement moins brillante : un déséquilibre régional terrible. La croissance et la richesse n'ont pas profité à tous, ni à toutes les régions. La façade côtière, nettement privilégiée, cumule les avantages. Les régions oubliées de l'Ouest, peuplées de minorités, tentent de survivre.

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