Walter Gropius, fondateur du Bauhaus - Cours d'Histoire de l'art Terminale L avec Maxicours - Lycée

01 49 08 38 00 - appel gratuit de 9h à 18h (hors week-end)

Walter Gropius, fondateur du Bauhaus

Objectif 
Montrer ce qui, dans le cheminement de Walter Gropius, fondateur du Bauhaus de Weimar en 1919, peut expliquer sa volonté de concilier deux aspects apparemment contradictoires de la production moderne : la créativité artistique et l'efficacité technologique.
1. Formation, réalisations
Fils d'un architecte officiel, petit-fils du peintre Carl Wilhelm Gropius, qui avait pour ami le célèbre architecte Karl Friedrich Schinkel, Walter Gropius semble avoir été déterminé dès sa naissance, en 1883, à Berlin, pour faire carrière dans l'architecture.
a. La formation
De 1905 à 1907, il étudie à l'Ecole technique supérieure de Berlin dont il ressort avec un diplôme d'ingénieur du bâtiment.

Après avoir travaillé plusieurs mois dans une usine de céramique en Espagne, il revient en 1908 à Berlin pour intégrer le bureau d'architecture de Peter Behrens ; il y est nommé premier assistant.

Peter Behrens est alors un des représentants les plus fameux de la nouvelle architecture rationnelle et fonctionnaliste défendue par le Werkbund, association allemande d'architectes modernes.
C'est à cette époque que Behrens conçoit la salle des turbines d'AEG, la Société générale d'électricité allemande, premier édifice en acier et en verre.

Gropius apprendra de Behrens une nouvelle approche dans le traitement des problèmes architecturaux, s'appuyant sur la logique inhérente à la fonction d'un édifice plutôt que sur les dogmes académiques dominants.

b. Les premières réalisations
Dès 1910, Gropius s'installe à son propre compte : il a 27 ans.

• Son premier grand projet est en 1911 la conception des plan de l'usine d'embauchoirs Fagus à Altfeld, pour lequel il collabore avec Adolf Meyer (qui rejoindra plus tard le Bauhaus).

• Gropius dessine également les formes d'une locomotive Diesel et des carrosseries d'automobiles.

• En 1914, au congrès du Werkbund à Cologne, auquel il adhère depuis 1912, Gropius présente un projet d'usine-modèle aux murs de verre, dont seule la façade est en briques, qui soulève des discussions.

• C'est toujours en cette veille de guerre qu'il invente les maisons préfabriquées, projet auquel il revient plus tard.

A son retour du front en 1918, Gropius intègre le Groupe Novembre et le Conseil de travail pour l'art, deux groupes militants à une époque de graves troubles politiques en Allemagne, devenue une république après la défaite.

Début 1919, il se porte candidat à la succession de Henry van de Velde à la tête de l'Ecole des arts et métiers de Weimar, fermée pendant la guerre.

c. La création du Bauhaus
C'est finalement la fondation d'une nouvelle école, le Bauhaus, qu'il propose et entreprend en avril 1919.
Il en est le directeur attentif jusqu'en 1928, possédant toujours, par ailleurs, un cabinet d'architecte.

Il réalise relativement peu de choses durant cette période, si ce n'est les projets émanant directement du Bauhaus : les bâtiments de l'école à Dessau et l'ensemble urbain de Törten.

Il formule également, en 1927, son projet de « Théâtre total », qui doit être réalisé en grande partie en verre en collaboration avec le metteur en scène Erwin Piscator, mais qui ne sera jamais réalisé.

Après avoir quitté le Bauhaus en 1928, Gropius se consacre à des projets de logements populaires et continue à dessiner des carrosseries.

d. L'exil aux Etats Unis et la reconnaissance
Contraint à l'exil par les nazis dès leur arrivée au pouvoir en 1933, il se rend à Londres puis aux Etats-Unis où il est nommé de 1937 à 1952 professeur d'architecture à l'Université de Harvard.

Son influence en Amérique est effective à partir de 1945, avec la création, conjointement avec d'autres architectes, de TAC : The Architects Collaborative.

De jeunes architectes américains se reconnaissent en lui et les années cinquante voit enfin Gropius atteindre à une vraie reconnaissance puisqu'il obtient, jusqu'à sa mort à Boston en 1969, de nombreux contrats.

2. Convictions
Souvent présenté comme un architecte, Gropius est sans doute beaucoup plus que cela.

La création du Bauhaus est une réponse apportée à une problématique avec laquelle il a dû composer, à savoir les bouleversements engendrés par la prééminence croissante de la machine sur la production, et ce au détriment de l'artisan.

a. Gropius : un partisan de la machine ?
Face à la modernité de ses réalisations, telles l'usine Fagus ou ses carrosseries d'automobiles, il serait aisé de voir en Gropius un partisan de la machine. Pourtant, Gropius a toujours manifesté une sollicitude affirmée à l'égard des artistes et des artisans.

Par exemple, il entend réunir, selon ses propres termes, « le travail artistique de l'architecte et celui économique de l'entrepreneur ». Ainsi, pour ses maisons préfabriquées en usine, Gropius souhaite accorder à chacune une individualité en fonction du désir de ses habitants, allant à l'encontre de toute idée de standardisation.

b. La défense de l'artisanat et de la création artistique
Gropius défend, dans le cadre du Werkbund, Henry van de Velde, pourtant fermement opposé à tout compromis entre artisanat et industrie.

En fait, ce ne sont pas seulement les architectes, mais les artistes en général que tente de défendre Gropius, ce qui s'en ressent dans l'enseignement dispensé au Bauhaus.

Ces apparentes contradictions n'en sont pas si l'on garde à l'esprit que Gropius a seulement compris que l'artisanat tel qu'il existait n'est plus en mesure de concurrencer l'industrie, et qu'il est devenu indispensable de l'adapter à la nouvelle donne, sans qu'il faille pour autant renier l'importance de l'art.

Gropius sait que toute production, même industrielle, dépend des formes qu'on lui confère, et que seul un artiste est en mesure de créer ces formes ; il suffit dès lors de former des artistes aux nouvelles technologies.

c. Une « science de la forme »
Comme William Morris avant lui, Gropius envisage la création artistique comme un tout, chaque forme d'art devant être sortie de son isolement : aux formes de l'architecture doivent répondre celles des ustensiles d'usage quotidien, jusqu'à l'apparence de toute une ville.

Dans la lignée des van de Velde et Behrens, dont il concilie les contradictions, Gropius revendique l'existence d'une science de la forme, à l'enseignement de laquelle il entend consacrer le Bauhaus dès 1919.

Des préoccupations sociales et humanistes guident également Gropius. Il refuse de voir l'industrie acquérir un ascendant définitif sur l'homme. Comme ses prédécesseurs, il espère influer sur les transformations sociales de son temps pour les tourner à l'avantage de chacun.
Cela passe, selon lui, par « l'union des artistes créateurs avec le monde de la production ».

L'essentiel

Architecte talentueux, pionnier du design moderne, Walter Gropius est aussi le fondateur, en 1919, et le directeur, pendant près de 10 ans, du Bauhaus de Weimar, censé devenir une école moderne, professionnelle, d'architecture et d'arts appliqués. Cette fondation est un acte militant dans une Allemagne déchirée par les soubresauts suivant la défaite de 1918.

Le Bauhaus reflète les convictions humanistes de son initiateur, qui se sont affirmés après-guerre, dans un contexte où toutes les réformes semblent possibles.
En effet, Gropius est convaincu tant de la nécessité de transformer l'artisanat pour l'adapter aux nouvelles formes de production industrielle, que de l'importance qu'il y a à inclure la faculté d'invention de l'artiste au cœur du processus.

Gropius développe ainsi l'idée d'une « science de la forme » dont la finalité est de mettre l'industrie au service de l'homme, et non l'inverse. Ce sera tout le propos de l'enseignement du Bauhaus.

Comment as-tu trouvé ce cours ?

Évalue ce cours !

 

Découvrez
Maxicours

Des profs en ligne

Géographie

Aidez votre enfant à réussir en histoire des arts grâce à Maxicours

Des profs en ligne

  • 6j/7 de 17h à 20h
  • Par chat, audio, vidéo
  • Sur les 10 matières principales

Des ressources riches

  • Fiches, vidéos de cours
  • Exercices & corrigés
  • Modules de révisions Bac et Brevet

Des outils ludiques

  • Coach virtuel
  • Quiz interactifs
  • Planning de révision

Des tableaux de bord

  • Suivi de la progression
  • Score d’assiduité
  • Une interface Parents