Expressionnisme 1 : die Brücke - Cours d'Histoire de l'art Terminale L avec Maxicours - Lycée

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Expressionnisme 1 : die Brücke

Objectif
évoquer le groupe d'artistes Die Brücke (« Le Pont »), premier foyer de l'expressionnisme allemand, apparu à Dresde en juin 1905, dissout en 1913.
L'expressionnisme allemand s'est ramifié tant dans les arts plastiques et l'architecture que dans la littérature, le cinéma et le théâtre.
Localisé en Allemagne, il a cependant attiré à lui des artistes étrangers : russes, autrichiens, finlandais, etc.Il est d'autre part difficile de délimiter l'expressionnisme allemand dans le temps. Si l'on s'accorde pour le faire débuter en 1905 avec la création du groupe Die Brücke, les avis divergent quant à sa fin, généralement situé vers 1920, c'est-à-dire aux alentours de la fin de l'Empire de Guillaume II et des troubles politiques qui l'accompagnent.L'expressionnisme renvoie effectivement davantage à une époque et aux idées qui s'y sont développées qu'à une école ou à un style précis.Le règne de Guillaume II, dernier empereur d'Allemagne, voit en effet apparaître des idées neuves, véhiculées par de jeunes gens désireux d'affirmer leur individualité dans une société bourgeoise et rigoriste. Les premiers à se manifester seront les peintres du groupe Die Brücke.
1. A l'origine du mouvement impressionniste <i>die Brücke</i>
a. Une communauté d'artistes
Ce sont quatre étudiants en architecture, Fritz Bleyl, Ernst Ludwig Kirchner, Erich Heckel et Karl Schmidt-Rottluff qui fondent Die Brücke le 7 juin 1905 à Dresde.

Leur but est de renouer avec le principe d'une communauté d'artistes, cher aux romantiques allemands du 19e siècle. Par son biais, ils espèrent accéder à une émulation mais aussi à une certaine reconnaissance, eux qui n'ont reçu aucune formation académique.

A Kirchner revient l'idée de la création du groupe, à Schmidt-Rottluff celle de son nom, sans doute pour le double sens symbolique du mot, « le pont » comme moyen d'atteindre une autre rive, quelle qu'elle soit.

Le groupe accueillera par la suite quantité d'autres artistes. Ainsi, Emil Nolde sera membre actif entre début 1906 et fin 1907.

D'autres peintres, dits membres passifs, souvent étrangers, se joindront au groupe, comme le Hollandais Kees Van Dongen en 1908.

Bleyl quitte le groupe en 1907, d'autres l'intègrent, comme Max Pechstein (dès 1906) et Otto Mueller (à partir de 1910), qui tous deux contribueront de manière décisive à son évolution.

b. Travailler dans un univers idyllique
Heckel se charge de l'organisation du groupe, et découvre en septembre 1906 une cordonnerie désaffectée dans un quartier ouvrier de Dresde. Elle deviendra l'atelier dans lequel se réunit et travaille la communauté.

Son aménagement est en lui-même révélateur de l'esprit qui guide le groupe : les meubles, décorés de motifs exotiques, comme les batiks accrochés aux murs, ont été conçus par les artistes eux-mêmes. Ils se recréent donc un univers idyllique qui doit leur rappeler ceux évoqués par Gauguin, l'une de leurs principales sources d'inspiration.

Dans l'atelier, on peint mais on se lit aussi des poèmes et des textes de Nietzsche. Chaque activité se fait en accord avec une philosophie en élaboration, une vision du monde que les artistes explorent et qui les distingue de leurs contemporains français du fauvisme ou du cubisme, dont les recherches sont avant tout d'ordre esthétique.

2. Die Brücke comme philosophie de vie
Il n'y a pas véritablement de programme dictant aux membres de Die Brücke ce qu'il doivent faire ou penser. Le début d'ébauche d'un programme écrit par Kirchner sera même le motif de la dissolution du groupe en 1913.

Die Brücke proclame tout de même la jouissance sans contrainte de la vie dont il faut retrouver l'essence naturelle et sensuelle, primitive et sauvage, perdue depuis longtemps par la société bourgeoise.

Heckel dit : « Le non-savoir et le non-vouloir sont la source de l'énergie artistique ».

La libération des instincts, le rejet des falsifications qu'ils attribuent à l'art léché qu'apprécient les bourgeois, conduisent tout de même les jeunes peintres du groupe à adopter, dans leurs premières années, un style commun, inspiré de la nature dans laquelle l'artiste aspire à se fondre.

A travers le dessin, la peinture et la gravure sur bois, Kirchner et ses comparses renouent avec la passion de Van Gogh, avec la spontanéité de Gauguin, revendiquent une vision subjective et extatique de la vie.
La peinture est posée librement et rapidement sur la toile (grâce à la dilution de la pâte dans de l'essence) mais des tensions sont créées par apposition de couleur complémentaires.

Entre 1909 et 1911, les artistes séjournent à plusieurs reprises aux étangs de Moritzbourg, où ils peuvent s'adonner à la peinture en plein air et se donner l'illusion de retourner au coeur de la nature.

Les motifs récurrents apparaissent alors dans leurs oeuvres, hommes et femmes nues, seuls ou en groupe, se prélassant dans la forêt, se baignant dans des étangs, perdus dans une nature paradisiaque. Gravés, peints ou dessinés, ces thèmes sont repris par tous les artistes dans un même style vif, sec, tendu, instinctif, libéré des canons en vigueur, qui rend parfois malaisées les attributions à l'un ou à l'autres de leurs auteurs.

3. La translation vers Berlin à l'origine de la dissolution
a. La translation vers Berlin
La lente translation du groupe de Dresde à Berlin marque le début de l'affirmation de caractères et de styles différents.

Max Pechstein est le premier à s'installer définitivement à Berlin en 1908, suivi par les autres membres en 1911.

Berlin forme un fort contraste avec Dresde, par sa taille, par l'anonymat qu'elle procure, par l'évidence des inégalités sociales qu'elle recèle, par la vie intense, mouvementée, décadente qui l'anime et l'éloigne d'autant plus de la nature.

Kirchner, peintre ultra sensible, déchiré, y trouvera son compte et s'y perdra.

Tous exprimeront de manière différente les sensations que fait naître en eux la fréquentation de la ville.

La thématique de Die Brücke est bouleversée et incitera la plupart de ses membres à repartir de temps à autres pour la campagne, mais jamais plus tous ensembles.

b. La dissolution de 1913
Peu après, en 1913, Die Brücke sera dissoute à la suite de la présentation par Kirchner d'une chronique (Chronik der KG Brücke) qui se veut un résumé des activités du groupe depuis sa création.
Il est reproché à Kirchner de s'être trop mis en avant au détriment des autres.

Cette rupture ne fait pourtant que confirmer la dislocation déjà avancée de la communauté.

L'essentiel

Premier groupe constitué de l'expressionnisme allemand, le groupe Die Brücke en est représentatif par la liberté que veulent s'accorder ses membres.

Une recherche passionnée, spontanée, directe de la jouissance, le retour vers la nature, le rejet d'une société engoncée dans ses préceptes sont le seul programme que se sont fixés ces admirateurs de Van Gogh et Gauguin.

Né à Dresde en 1905, le groupe déménagera à Berlin en 1911. Entre ces deux pôles, tout change : le thème du retour à une nature paradisiaque, traité dans un style commun, vif, tendu, en rupture avec celui de leurs aînés, laisse place au thème de la ville, de ses bars, de son chaos, de son anonymat, et chaque artiste se forge alors un style propre. C'est le début de la fin du groupe Die Brücke, définitivement dissout en 1913.

Mais l'expressionnisme allemand lui survit, car il s'exprime au travers d'autres artistes et d'autres groupes, en particulier celui du Blaue Reiter («le Cavalier bleu ») qui sera aussi important que Die Brücke.

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