Luther, un nouveau rapport de l'homme à Dieu - Cours d'Histoire Seconde avec Maxicours - Lycée

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Luther, un nouveau rapport de l'homme à Dieu

L'humanisme qui gagne l'Europe au 16e siècle place l'homme au cœur des préoccupations. Cette révolution intellectuelle touche rapidement l'Église catholique, qui connaît une crise grave depuis la fin du Moyen âge.

Certains ecclésiastiques, tel Luther, s'interrogent sur le rapport de l'homme à Dieu et souhaitent retrouver ce lien fort qui s'est, selon eux, progressivement perdu.
1. La crise de l'Eglise catholique à la fin du Moyen âge
a. Le « temps des malheurs »
Les malheurs vécus par les populations au cours du 14e siècle renforcent le sentiment d'angoisse face à la mort : la guerre de cent ans, la peste noire, les épisodes de famines accablent des individus fragilisés. Les danses macabres et de nombreuses enluminures sont l'expression de cette omniprésence de la mort et de la peur qui marque les communautés.

Elles espèrent trouver le réconfort spirituel auprès des prêtres. Ils doivent les soutenir face aux malheurs et leur garantir la vie éternelle, le paradis.

La crainte de l'enfer, justifiée par les malheurs du temps que l'on attribue à la punition divine, donne à la parole de ces prêtres, à leur présence auprès des fidèles, une place centrale.
Mais cette attente, ce besoin fort de la religion, sont déçus par l'attitude de la hiérarchie ecclésiastique qui ne parvient pas à satisfaire à ces demandes.
b. Une Eglise qui ne répond plus aux attentes
Le pape Eugène IV reconnaît lui-même en 1434 que « depuis la plante des pieds jusqu'au sommet de la tête, il n'y a pas dans le corps de l' Église une seule partie saine ».

Les humanistes critiquent très rapidement le comportement moral des ecclésiastiques : Érasme fustige l'attitude du bas-clergé, des prêtres qui oublient les règles de conduite que l'on attend d'eux. Ils se font remarquer dans les tavernes, ont parfois une vie maritale...

Les fidèles ne trouvent avec ces serviteurs de Dieu, aucune règle de conduite. Plus grave, sur le plan spirituel ces prêtres ne répondent pas aux besoins et aux attentes. Le latin est mal maîtrisé et les messes ne respectent pas toujours le rituel traditionnel, ces messes en latin ne sont d'ailleurs pas forcément comprises, ce qui désespère ces fidèles. L'absentéisme fréquent des prêtres ternit enfin l'image de cette Église qui semble se désintéresser du sort des croyants.

Le haut-clergé aussi subit les critiques : les cardinaux, selon Érasme, semblent plus attirés par les fastes de la cour pontificale que par les préoccupations des fidèles. Certains papes vivent éloignés de ces préoccupations et cherchent avant tout à asseoir le pouvoir et la richesse de l'Église qu'ils dirigent.
c. Des fidèles qui s'éloignent de l' Eglise catholique
Face à cette situation, les croyants se détournent de plus en plus de l'Église catholique. Les pratiques anciennes, superstitions, magies, renaissent.

L'Église catholique réprime, parfois sévèrement, ces pratiques qualifiées d'hérésies. Le tribunal religieux de l'inquisition n'hésite pas à conduire au bûcher ceux qui sortent de la ligne de conduite fixée par la papauté et les conciles.

L'objectif est de garder la main mise sur les populations.
2. Luther, une volonté de retrouver un lien fort avec Dieu
a. Qui est Luther ?
Luther n'est pas un humaniste mais il reprend en partie certaines critiques de ce mouvement intellectuel. Il fait partie de l'Église catholique, c'est un moine augustin.

Il est né en Allemagne en 1483 et entre en 1505 au couvent d'Erfurt où il mène une vie pieuse et d'études. Docteur en théologie, professeur à l'université de Wittenberg, il se spécialise dans les commentaires de la Bible. Luther, comme tout chrétien de son temps, est très préoccupé par le fait de se rapprocher de Dieu, par le moyen d'assurer le Salut de son âme et de ce fait, d'accéder à la vie éternelle, au paradis.

La situation de l'Église, la crise spirituelle qui s'accentue au 16e siècle, le fait réagir. Il dénonce l'attitude de cette hiérarchie qui a perdu de vue l'essentiel, le message du Christ transmis par  les Évangiles. En octobre 1517, il placarde sur la porte de l' Église de Wittenberg ses 95 Thèses où il critique le système des indulgences. Ce système, voulu par le pape Léon X, demande au fidèle de racheter tout pécher commis par une action méritante et surtout par de l'argent. C'est la condition pour éviter le purgatoire à celui qui a fauté.

Pour Luther, ce scandale illustre plus que tout la décadence de l'Église. Il conteste ce pouvoir que s'attribue l'institution ecclésiastique d'effacer les peines dans l'au-delà.
b. Que préconise Luther ?
Pour Luther seul le discours du Christ compte. Pour en avoir connaissance, il faut revenir aux sources de son message, c'est-à-dire la Bible. Pour devenir accessible, elle doit donc être traduite en langue vulgaire. En 1534, il publie une traduction en allemand qui contribue à la diffusion et à la fixation de la langue dans le pays.

Cette parole accessible à tous se veut sans contrôle d'une hiérarchie. Cette hiérarchie devient injustifiée et l'autorité du pape, des conciles ne s'imposent donc pas. « Nous sommes tous prêtres » affirme Luther.

Le pasteur devient le seul lien avec Dieu, un fidèle parmi d'autres qui, comme tout chrétien est désormais autorisé à se marier et à fonder une famille.
Sa doctrine refuse les œuvres qui rachèteraient les fautes commises : « Seule la foi compte ».

Cette foi est un don de Dieu qui ne peut être acheté par les hommes.

Enfin, les sacrements, moments de communion avec la grâce de Dieu, doivent cibler sur les moments essentiels : le baptême et l'eucharistie.
c. Un discours réformateur qui connaît un succès rapide et provoque le schisme
La position de Luther entraîne la colère du pape qui l'excommunie en janvier 1521, mais ses idées se sont déjà largement diffusées. En 1529, quatorze villes allemandes émettent une protestation devant le refus de l'empereur Charles Quint d'accorder la liberté religieuse. La Réforme gagne et l' Église luthérienne, grâce à la protection du prince Frédéric de Saxe, compte de plus en plus de fidèles.

Cette diffusion gagne le nord de l'Europe, une partie de la France...
Les protestants, nom donné à ces réformateurs, fondent d'autres églises qui confirment la rupture, le schisme, avec les catholiques. Calvinisme, anglicanisme, quel que soit le courant, Luther a été à l'origine ou a favorisé une autre vision de la pratique religieuse qui marque désormais le paysage européen.
L'essentiel
Luther initie le mouvement religieux qui au 16e siècle donne naissance aux Églises protestantes et permet l'affirmation en Europe d'une religion chrétienne cherchant à renouer avec le christianisme primitif. Cette nouvelle façon de concevoir la pratique religieuse doit rapprocher le fidèle de Dieu et assurer un lien que le catholicisme, pour de nombreux adeptes, ne permettait plus de garantir.

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