Les sans-culottes : quel rôle dans la Révolution ? - Cours d'Histoire Seconde avec Maxicours - Lycée

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Les sans-culottes : quel rôle dans la Révolution ?

Figures emblématiques de la Révolution française, les sans-culottes incarnent l’intervention du peuple dans les bouleversements politiques et sociaux qui se jouent en cette fin de 18e siècle. Révolutionnaires radicaux issus des catégories populaires, ils influent à de nombreuses reprises sur le cours de la Révolution.
1. Qui sont les sans-culottes ?
a. Une appartenance sociale distincte ?
Lorsque l’on désigne les sans-culottes, on parle avant tout des révolutionnaires issus des couches populaires des grandes villes et en particulier Paris. Ils ne correspondent pas à une catégorie sociale homogène. Ils appartiennent tous à la partie modeste et laborieuse du peuple et sont en premier lieu des travailleurs manuels. Parmi eux se trouvent des travailleurs manuels ou des artisans comme des tapissiers, des ouvriers du meuble…, mais aussi des petits commerçants, des boutiquiers.
Ce milieu ne définit pas une classe économique en tant que telle, mais les sans-culottes se retrouvent autour d’intérêts communs. Ce qui les touche et intéresse avant tout est le problème des subsistances, c'est-à-dire la question des pénuries et le douloureux problème de l’augmentation des produits de consommation.
b. Affirmer son identité
Les sans-culottes cherchent surtout à se démarquer des catégories sociales supérieures dirigeantes. Animés par le désir d’égalité, ils méprisent la richesse incarnée par l’aristocratie et la grande bourgeoisie. Aussi est-il important d’affirmer à travers leur tenue et leur comportement, les valeurs du discours qu’ils défendent.

La tenue vestimentaire est un langage à part entière : la manière de s’habiller traduit le discours politique. Le sans-culotte est donc identifiable à cette tenue : il porte un pantalon long en bure rayée (la bure est un tissu de laine assez grossier) qui l’oppose à l’aristocrate, vêtu de la culotte courte et de bas de soie. Cette absence de la culotte explique le nom porté par ces révolutionnaires qui affirment ainsi leur rang.

Il est également revêtu de la blouse et du gilet ou de la veste courte à gros boutons : la carmagnole. Cette carmagnole donne lieu à une chanson créée en 1792 qui illustre le mépris de la famille royale.
Il est chaussé de sabots, parfois remplis de paille, pour là aussi marquer cette appartenance au peuple des travailleurs.

Il est enfin coiffé du bonnet phrygien rouge qui rappelle l’affranchissement des esclaves et les révoltes populaires du 17e siècle. Sur ce bonnet est arborée une cocarde tricolore. Ce bonnet était aussi utilisé à l’origine pour protéger la chevelure dans certaines professions.
La tenue vestimentaire est complétée par un symbole révolutionnaire que l’on porte pour certaines occasions : la pique. Cette arme symbolise la victoire du peuple souverain : c’est sur la pointe en fer que l’on fiche les têtes tranchées des ennemis de la Révolution.

L’affirmation de l’identité propre est soulignée par le langage qui contribue à répandre les usages démocratiques. Les sans-culottes se tutoient et s’appellent « citoyens ». Désormais il n’existe plus de distinctions. Ils renoncent également aux vieux patronymes de leur baptême et adoptent des noms glorieux de l’Antiquité.
2. Un engagement politique actif
a. Quel est le discours politique de ces sans-culottes ?
Les sans-culottes sont des républicains convaincus qui défendent avant tout le principe de souveraineté populaire. Cette souveraineté de la nation, les sans-culottes la défendent contre tous ceux qui la menacent. Il s’agit des ennemis de l’intérieur, partisans d’un régime royaliste, mais aussi ceux de l’extérieur, c'est-à-dire les monarchies européennes en guerre contre la France révolutionnaire.
Animés d’un idéal de démocratie, d’égalité entre citoyens, ils réclament le droit à la subsistance, à l’accès à la nourriture et ils souhaitent, pour cela, que l’État plafonne les prix, qu’il réglemente le commerce. Ils poussent parfois la passion politique jusqu’au fanatisme pour que le gouvernement révolutionnaire prenne en compte leurs revendications.
b. Comment se traduit leur engagement politique ?
Les sans-culottes ne sont pas en mesure de s‘exprimer par le vote. La Constitution de 1791 fixe un droit de vote restreint : les députés sont élus au suffrage censitaire, c'est-à-dire que seuls les citoyens qui paient des impôts obtiennent le droit de vote. Ce droit est alors déterminé par le cens, le montant des impôts payés. Les sans-culottes ne sont donc pas des citoyens actifs pouvant voter. Il leur faut trouver d’autres moyens d’expression et de pression pour se faire entendre.

Ils participent ainsi activement aux débats politiques qui animent les sociétés populaires. Ces sociétés apparaissent à Paris avant de gagner les provinces. On y veille à la sauvegarde des droits de la nation et on y discute des lois.
Les sans-culottes se rassemblent également au sein des sections. Les assemblées de sections sont des organismes présents dans chaque quartier de la ville. Ils sont institués en 1790 pour recevoir des citoyens actifs mais de plus en plus de sans-culottes les intègrent pour y débattre.
Les derniers espaces de débats sont les clubs, des associations où les citoyens débattent là aussi de questions politiques. Les lieux de réunion de ces clubs sont souvent d’anciens couvents qui vont leur donner leur nom comme le club des cordeliers ou des jacobins. Ces clubs sont des instruments privilégiés dont les sans-culottes se servent pour faire pression sur les députés de l’Assemblée.

Outre ces espaces de débats, les sans-culottes bénéficient de l’appui des journalistes. Ainsi les journaux de Jean-Paul Marat, l’Ami du peuple, ou de Jacques René Hébert qui est à l’origine du Père Duchesne, sont des relais efficaces du discours politique des sans-culottes. Ces journalistes appuient leurs revendications.
c. Un rôle déterminant à l'occasion de certains évènements révolutionnaires
Les sans-culottes sont des acteurs directs de certains moments importants de la Révolution. Dès le début de celle-ci, ils jouent un rôle décisif en permettant la prise de la Bastille, puis ils luttent activement contre la monarchie constitutionnelle à partir de juin 1791. Louis XVI, à cette date, quitte la capitale : c’est l’épisode de la fuite de Varennes, le roi perd alors la confiance du peuple. Le 17 juillet 1791, le club des cordeliers organise une manifestation sur le Champs de Mars pour obtenir la déchéance du roi. Celle-ci se termine dans un bain de sang : le maire de Paris ordonne de tirer sur la foule, provoquant une cinquantaine de morts. La chute de la monarchie constitutionnelle est consommée avec la journée du 10 août 1792. Après plusieurs assauts, les sans-culottes prennent le palais des Tuileries. Sous la pression des insurgés, l’Assemblée suspend le roi et procède à son emprisonnement.
La proclamation de la République en septembre 1792 marque le moment où les sans-culottes exercent une influence politique croissante. En juin 1793, ils multiplient les pétitions réclamant l’arrestation des Girondins qui dirigent cette république et qui sont jugés trop modérés ou trop proches des bourgeois. Ils soutiennent ensuite le Comité de Salut Public et le gouvernement de Terreur mis en place par Robespierre à partir de l’été 1793. Ils contrôlent les comités de surveillance qui ont pour tâche de dénoncer les traîtres à la Révolution et participent aux tribunaux révolutionnaires. Il faut attendre juillet 1794 et l’exécution de Robespierre pour que les sans-culottes perdent leur influence et leur pouvoir.
L'essentiel
Acteurs incontournables de la Révolution française, les sans-culottes incarnent l’intervention du peuple dans les évènements révolutionnaires. Ils jouent un rôle essentiel dans la chute de la monarchie constitutionnelle. Prônant des mesures radicales, ils contribuent au durcissement de la révolution et soutiennent la Terreur. La chute de Robespierre en 1794 les relègue ensuite à un rôle de second plan.

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