Les régimes totalitaires - Maxicours

Les régimes totalitaires

Objectif
  • Étudier les points communs et les différences entre les régimes totalitaires.
Points clés
  • Le totalitarisme va au-delà de la dictature, il englobe tous les aspects de la vie des citoyens : le politique, l’économie, la culture et la vie privée.
  • Dans l'Europe de l'entre-deux-guerres, des régimes autoritaires d'un nouveau type se mettent en place : les totalitarismes.
  • Les totalitarismes se caractérisent par la négation des droits individuels au nom de principes idéologiques mettant en avant le rôle de la collectivité et par la présence d'un chef qui concentre tous les pouvoirs et sert de guide à toute la société.
1. Les caractéristiques des régimes totalitaires
Le totalitarisme est un terme inventé par la philosophe Hannah Arendt. ll s’agit d’un régime dans lequel les individus sont entièrement sous l’emprise de l’État. En cela, il dépasse la simple dictature puisque l’État contrôle l’économie, la politique, les arts mais aussi la vie quotidienne et privée des citoyens.
a. Le totalitarisme et la Première Guerre mondiale

Les régimes totalitaires sont étroitement corrélés à la Grande Guerre ou Première guerre mondiale.

En octobre 1917, les Bolcheviks russes parviennent au pouvoir par un coup d'État mené par Lénine et ses partisans, qui défendent le pacifisme, la fin immédiate des combats et le partage des terres agricoles.

En Italie, l’arrivée au pouvoir de Mussolini, chef (ou duce) du parti fasciste en 1922 est liée à la « victoire mutilée » : les Italiens qui se sont rangés aux côtés de la Triple Entente en 1915 n’ont pas obtenu les terres qui leur étaient promises. À cela s’ajoute la crise économique qui frappe durement le pays, épuisé par les combats au début des années 20.

En Allemagne, les généraux allemands qualifie le traité de Versailles de 1919 de Diktat. Celui-ci a en effet eu plusieurs conséquences :

  • il a entraîné la perte de plusieurs territoires comme l’Alsace-Moselle ;
  • les réparations réclamées à l’Allemagne sont très importantes et provoquent un fort ressentiment dans l’opinion publique.

C’est dans ce contexte, qui a favorisé la poussée des extrêmes dans la République de Weimar, qu’éclate la crise économique des années 30. Celle-ci permet la victoire électorale des nazis en 1933.

b. La domination d'une idéologie

Les régimes totalitaires se caractérisent par la domination sans partage d'une idéologie dont les principes s'appliquent à tous et à tous les domaines de la société.

En Italie, le fascisme veut restaurer la gloire de l’Empire romain. Il voue un culte à la violence et à la guerre, et donne une place centrale aux valeurs conservatrices et traditionalistes, c’est-à-dire le travail, l’Église et la famille. C’est une idéologie nationaliste que l’on rattache aujourd’hui à l’extrême-droite.

Pour les nazis, c’est la lutte des races qui structure les relations entre les peuples. Face à cette menace, les populations germaniques ou aryennes doivent étendre leur domination en Europe en s’appropriant un espace vital vers l’est, au détriment des « populations inférieures » slaves. Le totalitarisme nazi identifie également les juifs comme une menace pour la société allemande. Selon eux, c’est un groupe parasite qui n’appartient pas à l’humanité, qui n’est même pas intégré à la race humaine. L’antisémitisme est l’un des fondements du régime national-socialiste (contraction de « nazi ») qui repose comme l’Italie sur des valeurs conservatrices. L'idéologie nazie a été théorisée par Hitler dans son livre Mein Kampf en 1925.

En URSS, si le stalinisme partage des points communs avec les deux autres régimes, il repose surtout sur une idéologie qui lui est propre : le marxisme ou communisme. C’est la lutte des classes qui en est le fondement. Son ennemi identifié est le capitaliste qui opprime les autres classes sociales. Sa volonté est donc de créer un régime où règne l’égalité sociale dans le cadre de la dictature du prolétariat.

Ces trois régimes ont tous l'ambition de créer un homme nouveau totalement acquis à son chef et à ses principes idéologiques. Ils s’opposent aux régimes démocratiques de l'Ouest de l'Europe et des États-Unis.

2. Des points communs entre ces régimes : l’utilisation de la propagande et de la violence
a. Le culte du chef et la propagande

Les régimes totalitaires sont indissociables de la personnalité du chef de l'État. L'idéologie dominante tend en effet à se confondre avec la volonté de Mussolini, d'Hitler ou de Staline. Il fait l’objet d’un culte de la personnalité et incarne la nation.

C’est ainsi que Staline se fait appeler le « Petit père des peuples », Mussolini est le « Duce » (qui signifie « chef » ou « guide » en italien) et Hitler le « Führer » (qui signifie « guide » en allemand).

En URSS, où la pratique religieuse est illégale, Staline devient l’objet d’une vénération idolâtre : des statues et des affiches envahissent l’espace public soviétique. En Allemagne, Hitler exerce quant à lui une emprise, surtout chez les plus jeunes, grâce à son charisme et à la mise en scène de ses discours.

Adolf Hitler et des SA (Section d'assaut) à la maison brune de Munich | © Bridgeman Images

b. Répression et violence

Dans les régimes totalitaires, les droits de l'individu sont niés, car tout doit s'effacer devant la volonté du chef et le respect des principes qu'il énonce. Les opposants politiques sont traqués par une police politique entièrement dévouée au chef de l'État.

En URSS, les prisonniers politiques sont déportés au goulag et soumis aux travaux forcés. La population est contrôlée et surveillée par la police politique, le NKVD, qui est dirigé par l’impitoyable Lavrenti Béria. Des millions de soviétiques sont arrêtés et déportés dans les camps soviétiques. Entre tortures, épuisement et assassinat, le goulag est responsable de la mort de dizaines de millions de personnes à l’époque stalinienne. 

Le nazisme développe un système tout aussi violent et répressif. Les ennemis du Reich sont déportés dans les premiers camps de concentration pour y être « rééduqués » par le travail. Parmi les nombreux camps construits en 1933, Dachau est le plus important. C’est là que sont emprisonnés les détenus politiques des partis de gauche (le parti communiste (KPD) et le parti socialiste (SPD)). Comme en URSS, une police politique est chargée de la surveillance de la population et des arrestations, c’est la gestapo (Geheime Staatspolizei ou police secrète d’État). Elle est également accompagnée dans son travail sanguinaire par les SA, ou section d'assaut.

L’Italie fasciste réprime également les opposants – principalement les communistes italiens – qui sont arrêtés par l’OVRA (Organisation de vigilance et de répression de l’antifascisme). Cependant, il n’existe pas de camps de concentration et on n’identifie pas clairement un ennemi bouc-émissaire comme dans les deux autres régimes.

3. L'État omniprésent
a. Des économies dirigées

Les régimes totalitaires se caractérisent aussi par une volonté d'expansion qui nécessite une économie performante dirigée par l'État.

En URSS, des plans quinquennaux mettent l'accent sur l'industrie lourde. Ce n’est pas le marché qui décide de l’offre et de la demande comme dans les économies capitalistes mais l’État qui fixe des objectifs de production. Ces derniers doivent être remplis et dépassés. L’ouvrier Stakhanov, qui, selon la propagande, aurait dépassé de 14 fois le plan des mines de charbon, devient un héros du travail et un modèle pour les travailleurs.

Hitler développe les usines d'armement, contrevenant ainsi aux obligations du traité de Versailles. Il prend le contrôle des grands groupes industriels allemands. Sa politique dirigiste permet de vaincre le chômage en créant des millions d’emplois dans l’industrie afin de réarmer l’Allemagne et de préparer l’invasion de l’Europe.

L'Italie, l'Allemagne et l'URSS amplifient une économie autarcique : on accroît la production nationale pour réduire au maximum les échanges avec l'extérieur.

b. Les organisations de jeunesse : la construction de l’homme nouveau

Les partis fasciste, nazi et communiste sont les instruments de contrôle de la société. Ils possèdent des organisations de jeunesse chargées d'inculquer aux jeunes le culte du chef et le devoir d'obéissance.

En Italie, les balilla intègrent les jeunes garçons entre 8 et 14 ans.

En Allemagne, les enfants sont intégrés dans les Jeunesses hitlériennes (Hitlerjugend) dès l’âge de 10 ans. Des organisations spécifiques sont prévues pour les garçons qui se préparent à la guerre et à la conquête et pour les filles qui sont vouées à garantir la continuité du peuple aryen et assurer les tâches domestiques.

En URSS, les adolescents intègrent les organisations de pionniers et les Komsomols. Comme en Allemagne, ils sont soumis à une intense propagande qui produit un véritable lavage de cerveau sur les plus jeunes. Les jeunes générations, qui n’ont connu que le communisme, sont appelées à construire une nouvelle société basée sur les valeurs staliniennes.

Ces organisations ont leur héros et leur modèle, comme le jeune Morozov, qui aurait dénoncé son père au NKVD pour ses activités contre-révolutionnaires.

 

Benito Mussolini salue des jeunes avant-gardistes âgés de 14 à 18 ans, encadrés par l'Œuvre Nationale Balilla (OBN) | © Bridgeman Images
c. L’art et la culture

Les régimes totalitaires contrôlent et encouragent les formes artistiques qui viennent servir la propagande.

L’URSS développe le réalisme socialiste qui produit des affiches de propagande célébrant l’union des ouvriers et des paysans afin de construire une société égalitaire et moderne.

L’Italie s’appuie sur le courant artistique futuriste qui célèbre la puissance du fascisme conquérant ayant renoué avec la grandeur de l’antiquité romaine.

Quant à l'Allemagne nazie, elle utilise beaucoup des supports modernes dans les années 1930, comme la production cinématographique, avec la réalisatrice Leni Riefenstahl, qui magnifie la puissance du Troisième Reich. De nombreux films antisémites et complotistes sont produits comme Le Juif Süss de Veil Harlan (1940) dont la production est supervisée par le chef de la propagande Joseph Goebbels.

 

 

Statue L'ouvrier et la kolkhozienne, Moscou, Russie | © Bridgeman Images

 

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