Deng Xiaoping : réformes économiques, mais immobilisme politique - Maxicours

Deng Xiaoping : réformes économiques, mais immobilisme politique

Objectifs
  • Connaître les réformes économiques mises en place par Deng Xiaoping.
  • Connaître l’impact de ces réformes sur l’économie chinoise.
Points clés
  • Deng Xiaoping est l’un des principaux dirigeants de la République Populaire de Chine sous Mao.
  • Écarté du pouvoir sous la Révolution culturelle, il accède au pouvoir suprême deux ans après la mort de Mao, en 1978.
  • Il opère alors un tournant spectaculaire en ouvrant la Chine à l’économie de marché, sans libéraliser pour autant le système politique.
1. Deng Xiaoping et Mao
a. De la découverte du marxisme à la direction du PCC

Deng Xiaoping naît en 1904 dans une famille de fermiers aisée du Sichuan. Il étudie en France dans les années 1920. Il y découvre le marxisme et adhère au Parti communiste chinois en 1923.

Proche de Mao dans les années 1930, Deng Xiaoping prend part à la guerre civile contre les nationalistes et participe à la « Longue Marche ».

Mao Zedong et Deng Xiaoping en 1959 | © Universal History Archive/UIG / Bridgeman Images

Après la naissance de la RPC en 1949, il est l’un des principaux dirigeants du pays. Dans les années 1950, il est ministre des finances puis Secrétaire général du Parti unique, poste clé dans un État totalitaire.

« Longue marche » : fuite des communistes chinois devant les troupes nationalistes. Ils parcourent plus de 12 000 km entre octobre 1934 et octobre 1935. C’est durant la « Longue Marche » que Mao s’impose comme le chef incontesté du PCC.
RPC : République populaire de Chine. Mao, arrivé au pouvoir en 1949, fonde un État totalitaire (Parti unique, culte de la personnalité, etc.) communiste, dans un 1er temps aligné sur Moscou.
b. De la rupture avec Mao à la direction de l’État

Deng Xiaoping prend ses distances avec Mao à partir des années 1960, et demande des réformes pour redresser le pays après la politique catastrophique du « Grand Bond en avant ». Mais quand Mao, un temps mis en retrait, reprend pleinement le pouvoir grâce à la Révolution culturelle, Deng Xiaoping est écarté à son tour.

À partir de 1978, après la mort de Mao, il s’impose au sommet de l’État, qu’il dirige jusqu’en 1992. Il garde ensuite une très grande influence sur le pouvoir jusqu’à sa mort en 1997.

« Grand Bond en avant » : programme politique appliqué par Mao entre 1958 et 1960, censé permettre une hausse spectaculaire de la production agricole et industrielle. Ce programme échoue et aboutit en fait à une terrible famine (1958-1962).
Révolution culturelle : mouvement anti-élite lancé à partir de 1966, dont Mao profite pour reprendre pleinement le pouvoir. Après l’échec du « Grand bond en avant » et la famine qu’il a causé au début des années 1960, il a été écarté, même si on maintenait le culte de sa personne.
2. Le grand tournant du « Petit Timonier »
a. Le « Petit timonier », un pragmatique

À partir de 1978, Deng Xiaoping, surnommé le « Petit Timonier » (Mao était surnommé le « Grand Timonier »), lance la Chine dans une révolution idéologique et économique. C’est un homme pragmatique, pour qui la recherche de l’efficacité prime sur le discours idéologique, ce qui le distingue de Mao.

Un dicton sichuanais, cité dans les discours de Deng Xiaoping au début des années 1960, peut résumer sa ligne politique : « Peu importe qu’un chat soit blanc ou noir, s’il attrape la souris, c’est un bon chat. »

b. Les quatre modernisations et le « socialisme de marché »

Deng Xiaoping lance les Quatre Modernisations, qui visent à faire de la Chine une grande puissance, et couvre les domaines suivants : l'agriculture ; l'industrie ; la science et la technologie ; la défense nationale.

Pour améliorer le niveau de vie de la population, il propose un nouveau modèle : le « socialisme de marché ». Il s’agit d’abord d’une libéralisation de l'économie progressive, contrôlée par le parti. C’est la fin de la planification rigide.

Les campagnes sont décollectivisées, les prix libérés. Étape par étape, Deng Xiaoping ouvre le territoire chinois aux investissements étrangers. Dans les années 1980, 4 ZES (zones économiques spéciales), 14 « villes ouvertes » et des « régions ouvertes » sont créées sur le littoral, à proximité des Dragons asiatiques dont Deng Xiaoping veut s'inspirer pour attirer les IDE et les firmes étrangères.

La Chine de Mao était repliée sur elle-même, Deng Xiaoping l'ouvre à nouveau sur le monde. Les ports chinois deviennent le moteur économique du pays, à commencer par celui de Shanghai. Dès lors, la Chine connaît une croissance économique fulgurante grâce à cette ouverture et une main d'œuvre abondante et bon marché.

Remarque
À partir des années 1980, la Chine enregistre une croissance de plus de 10 % par an.

Cette ouverture lui permet également d’acquérir des technologies occidentales, et donc de rattraper son retard technologique.

La Chine des années 1980 est donc une sorte d’hybride des deux modèles de la Guerre froide : son économie devient capitaliste mais le Parti communiste garde la main.

Dragons asiatiques : surnom donné à un groupe de quatre États (la Corée du Sud, Taïwan, Hong Kong et Singapour) qui, à partir des années 1960-1970, ont lancé leur industrialisation et un développement rapide, dans le sillage du Japon, attirant ainsi les investissements étrangers et les délocalisations.
IDE : investissements directs à l’étranger.
ZES : zones économiques spéciales, créées en 1980, qui offrent aux entreprises étrangères des avantages fiscaux. Le but est d’attirer les entreprises étrangères et les délocalisations.

 

3. L’immobilisme politique et l’échec des « Printemps de Pékin »

Sur le plan politique, en revanche, rien ne bouge. C'est l'immobilisme, malgré deux « Printemps de Pékin » : deux tentatives de démocratisation.

La 1re tentative a lieu en 1979, au début des réformes économiques de Deng Xiaoping, dont beaucoup espéraient qu’elles seraient accompagnées de libertés nouvelles.

La 2de tentative a lieu 10 ans plus tard, en 1989, dans le contexte de l’effondrement du bloc communiste.

En 1982, Deng Xiaoping rappelle « les 4 principes intangibles » :

  • le cap socialiste ;
  • la dictature du prolétariat ;
  • le rôle dirigeant du parti ;
  • le marxisme-léninisme.

Le Parti communiste chinois reste le parti unique, et aucune divergence d’opinion n’est tolérée. Les deux printemps sont écrasés par le régime. La répression sanglante des étudiants de la place Tian'anmen en 1989 refroidit les espoirs chinois, au moment où les peuples d'Europe de l'Est sortent les uns après les autres de la dictature communiste.

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