L'année 1968 dans le monde - Maxicours

L'année 1968 dans le monde

Objectif
  • Savoir dans quel contexte les mouvements contestataires de 1968 ont vu le jour. 
Points clés
  • L’année 1968 voit éclater une multitude de mouvements contestataires dans le monde, portés pour la plupart par la jeunesse, celle de la génération née après la Seconde guerre mondiale.
  • La plupart de ces mouvements ont pour point commun un rejet de la politique américaine au Vietnam et une soif de liberté.
  • Les deux superpuissances sont fragilisées par cette série de mouvements.
1. L'année 1968 dans son contexte
a. L'explosion de la population mondiale

Les multiples événements de l’année 1968 peuvent être replacés dans un contexte démographique.

La décennie 1960 est, jusqu’à nos jours, celle qui a vu la plus forte croissance de la population mondiale. L’humanité gagne 1 milliard d’habitants en 10 ans.

En 1968, la génération du baby boom, née après la Seconde Guerre mondiale, arrive à l’âge adulte. Les jeunesses étudiantes sont partout très nombreuses et leurs revendications, dans de nombreux pays, vont remettre en question les cadres de la société. Cette génération, qui n’a connu que la Guerre froide, a soif de liberté, en particulier de liberté d’expression.

b. Le contexte géopolitique : les deux Grands fragilisés

Six ans après la crise de Cuba, qui a mis le monde au bord de la guerre nucléaire, les deux superpuissances font des efforts pour apaiser leurs relations.

En 1968, Les États-Unis et URSS connaissent une phase de détente. Ils tentent de freiner la course à l’armement et surtout d’empêcher la prolifération nucléaire, alors que la France et la Chine ont déjà accédé à cette technologie. Les deux Grands signent en 1968 le Traité de Non-Prolifération nucléaire (TNP).

D'un autre côté, les États-Unis s'enlisent dans le conflit qui a lieu au Vietnam. L’offensive du Têt, campagne militaire menée par le Front national de libération du Sud Vietnam et l'Armée populaire vitenamienne, vient de révéler au monde l’ampleur de la détermination des combattants Vietnamiens. L’image des États-Unis se dégrade. L’écart entre les idéaux affichés et la réalité de cette guerre, menée pour défendre la dictature de Saïgon, est de plus en plus flagrant.

Dans le même temps, le bloc communiste se fracture sous l’effet du divorce entre l’URSS et la Chine, qui entend prendre la tête du bloc à la place de l’URSS. Elle est, depuis 1966, en pleine Révolution culturelle, et Mao, qui s’appuie sur les jeunes, les « gardes rouges », prétend proposer un nouveau modèle communiste. La Chine se présente également comme le chef de file du Tiers Monde qui profite de la Détente pour s’affirmer.

La décolonisation s’est accélérée dans les années 1960 et la logique bipolaire est contestée par le mouvement des non-alignés. Les deux Grands sont fragilisés au sein de leur bloc. Le Proche-Orient est lui aussi sous tension après la Guerre des 6 jours de 1967 et l’occupation de multiples territoires arabes par Israël.

Décolonisation : processus inverse de la colonisation, qui consiste en l’émancipation des peuples colonisés, se dotant d'États indépendants, et qui s’étend de 1945 à la fin des années 1970.
Mouvement du Tiers Monde : mouvement né à la conférence de Bandung (1955) en Indonésie, marqué par la volonté d’une solidarité entre les pays sortant de la domination coloniale et refusant la logique bipolaire de la Guerre froide.
Mouvement des non-alignés : versant politique du mouvement du Tiers Monde, né à la conférence de Belgrade en 1961. Les États non-alignés refusent ouvertement la logique bipolaire et refusent d’entrer dans l’orbite d’une superpuissance.
2. 1968 dans le monde occidental
a. La jeunesse états-unienne en lutte

La jeunesse contestataire des États-Unis sert de modèle à de nombreuses jeunesses à travers le monde. Elle s’exprime dans de gigantesques manifestations contre la guerre du Vietnam, à laquelle elle refuse de participer.

 

 


Manifestation contre la guerre du Vietnam, à Washington D.C. (États-Unis) le 21 octobre 1967 | © Bridgeman Images

 

 

Les jeunes Américains croient aux principes démocratiques affichés par leur Nation. Ils refusent de partir à l’autre bout du monde et de risquer leur vie dans une guerre menée contre un peuple qui réclame sa liberté. Plus largement, cette jeunesse, travaillée par le rock’n’roll et les débuts du mouvement hippie, critique la société de consommation et réclame plus de liberté.

Le Guerre du Vietnam enfonce donc les États-Unis dans une crise morale. Derrière le modèle affiché, la société américaine révèle de profondes failles, elle est inégalitaire et violente. Le leader noir de la lutte pour les droits civiques des Afro-américains, Martin Luther King, est assassiné le 4 avril 1968. Les ghettos noirs américains s’enflamment. Le 5 juin, le candidat démocrate à la Maison Blanche, Robert Kennedy (« Bobby ») – frère du président John F. Kennedy, assassiné 5 ans plus tôt – est à son tour assassiné par un Palestinien qui le juge trop pro-israélien.

 

 


Martin Luther King

 

 

b. Les mouvements contestataires ailleurs dans le bloc occidental

La jeunesse états-unienne inspire les jeunesses occidentales. Des manifestations étudiantes éclatent en Italie, en RFA, en Angleterre et en France.

En France, une partie des étudiants est influencée par l’extrême-gauche et le maoïsme. Les jeunes militants, critiques vis-à-vis de l’URSS, cherchent un nouveau modèle communiste. Le mouvement de mai 1968, parti de l’université de Nanterre, enfle et gagne les universités de Paris. Au mouvement étudiant se juxtapose un mouvement ouvrier, les grèves se multiplient. Les partis de gauche, dans un deuxième temps, tentent difficilement d’encadrer le mouvement. Celui-ci devient de plus en plus multiforme et exprime une soif intense de liberté d’expression au sein de la société française.

Au Japon, les étudiants occupent les universités et manifestent contre la guerre du Vietnam et la tutelle américaine de leur pays. Là aussi, Mao peut servir de modèle.

En octobre, au Mexique, où l’on prépare les Jeux Olympiques, le président Ordaz ordonne de tirer sur les étudiants manifestants. 300 d'entre eux meurent sous les balles. Les JO seront marqués par le poing levé ganté de noir des athlètes médaillés noirs américains Tommie Smith et John Carlos, en signe de protestation contre les discriminations raciales aux États-Unis.

 

 


Aux Jeux Olympique de Mexico (1968), les deux athlètes noirs américains Tommie Smith et John Carlos lèvent le poing sur le podium en signe de protestation contre les discriminations raciales aux États-Unis | © United Archives GmbH / Bridgeman Images

 

 

3. 1968 dans le monde communiste
a. Les mouvements polonais et tchécoslovaque

Des mouvements étudiants tentent aussi de secouer le système en Europe de l'Est, dans les dictatures satellites de Moscou.

En mars, les étudiants polonais manifestent à Varsovie pour plus de liberté, mais le dirigeant Władysław Gomułka fait rétablir l’ordre.

En avril, en Tchécoslovaquie, c’est le Printemps de Prague. Le nouveau dirigeant, Alexander Dubček, tente de mettre en place un régime plus libéral dans le pays et prône un « socialisme à visage humain ». Il ne s’agit pas de rompre avec le communisme, ni de quitter le Pacte de Varsovie, comme l’avait tenté la Hongrie en 1956. C’est le Parti communiste tchèque qui encadre le mouvement et tente de canaliser les aspirations populaires : pluralisme politique, liberté de la presse et fin de la censure, droit de voyager à l’étranger, etc. Mais Moscou et les dirigeants des pays voisins, comme la RDA, craignent un risque de contagion. Le mouvement est écrasé en août par les chars du Pacte de Varsovie.

b. Les fissures du bloc communiste

Cette répression brutale émeut en Occident, mais aussi divise et fragilise un peu plus le bloc communiste.

Le Nord-Vietnam, Cuba et une partie des démocraties populaires d’Europe de l’Est approuve la gestion de la crise par Moscou, mais ailleurs, les critiques se multiplient. La Chine, bien sûr, en profite pour dénigrer l’URSS. La Yougoslavie de Tito, qui porte le mouvement des non-alignés, se montre défavorable à l’intervention à Prague. Plus inquiétant pour Moscou, l’Albanie se retire du Pacte de Varsovie. De nombreux partis communistes en Occident désapprouvent la répression.

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