Les bases de l'État-providence - Maxicours

Les bases de l'État-providence

Objectifs
  • Comprendre comment l’État-providence trouve son origine dans les premières mesures sociales du XIXe siècle.
  • Connaitre les liens entre la Seconde Guerre mondiale et la mise en place de l’État-providence.
Points clés
  • La notion d’État-providence, terme inventé par le député Emile Ollivier en 1864, exprime l’idée que l’État serait en mesure de remplacer la Providence en assurant les besoins essentiels de la population dans le domaine social.
  • La crise de 1929 provoque une paupérisation des populations.
  • Pendant la Seconde Guerre mondiale et à la sortie du conflit, les États mettent en place des décisions sociales.
Pour bien comprendre
  • La crise de 1929
1. Aux origines de l'État-providence au XIXe siècle

La Providence est un terme utilisé dans la Bible, elle renvoie à l’idée que Dieu pourvoit en abondance aux besoins des hommes. La notion d’État-providence, terme inventé par le député Emile Ollivier en 1864, exprime l’idée que l’État serait en mesure de remplacer la Providence en assurant les besoins essentiels de la population dans le domaine social.
L’État social, ou providence, est financé par l’impôt, celui-ci est proportionnel aux revenus. Son principe repose sur la solidarité entre les habitants d’un même pays, les plus riches transfèrent une partie de leurs revenus à destination des plus modestes.

L’idée de l’intervention de l’État au service du bien-être général est née avec la Révolution industrielle au XIXe siècle. Sous la IIIe République en France, l’État légifère sur le temps de travail, mais il n’y a pas de politique sociale universelle. En Allemagne, le chancelier Bismarck créé dans les années 1880 un système d’assurances sociales pour les travailleurs.

2. La crise de 1929 et la guerre rendent indispensable l’intervention sociale de l’État

La crise de 1929 montre les limites de cette non-intervention de l’État influencée par les doctrines économiques libérales. La Grande Dépression des années 1930 produit un chômage de masse dans les pays industrialisés et s’accompagne de la paupérisation des habitants dans les pays touchés par la crise.

Dépourvus de tout, des millions d’européens et d’américains sont réduits à former d’interminables queues dans les soupes populaires. Dans le roman de John Steinbeck, publié en 1939, Les raisins de la colère (The Grapes of Wrath) des américains fuient la pauvreté du Nord-Est pour se diriger vers la Californie à la recherche d’un emploi.

En Allemagne le désespoir des habitants profite aux nazis, qui parviennent au pouvoir en promettant la fin du chômage. On peut établir un lien entre la Seconde Guerre mondiale et la crise de 1929. Une politique sociale et interventionniste en Europe aurait peut-être empêché le nazisme et la guerre.

 

À Paris, des chômeurs font la queue devant le Comité des étudiants pour l'aide aux chômeurs en 1930 | © Bridgeman Images

3. La naissance de l'État-providence
a. La politique sociale pendant le conflit

Pendant la guerre, les États autoritaires soucieux de conserver l’appui des opinions publiques instaurent une politique sociale généreuse. En France, le régime de Vichy développe une ébauche de retraite par répartition, pose les bases d’une médecine du travail.

Pourtant c’est en Angleterre et dans la Résistance française que naissent les contours de ce qui va devenir l’État providence en 1945.

b. Les fondations de l'État-social

Au Royaume-Uni, le rapport Beveridge de novembre 1942 rédigé par le parlementaire William Beveridge, bien conscient des souffrances des civils pendant la guerre, imagine avec la reconstruction le passage du Warfare State au Welfare State marqué par la naissance d’un système de protection sociale universel.

En France, le Conseil National de la Résistance (CNR), qui a su réunir les nombreux groupes de résistants au nazisme et au régime de Vichy, énonce son programme de reconstruction en mars 1944 alors que Paris est toujours sous occupation allemande et que les Américains n’ont pas encore débarqué en Normandie. Il comprend un volet social développé dans lequel est inscrit « un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence » ou encore « une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ».

c. La création de l'État-providence

En octobre 1945 avec la libération, le gouvernement provisoire dirigé par de Gaulle met en application le programme du CNR et crée la Sécurité sociale par ordonnances. Il s’agit d’élaborer un régime général pour toute la population active en prenant en charge les risques de maladies, de vieillesse ou encore de maternité. Ces mesures sont prolongées en octobre 1946 par la nouvelle constitution de la IVe République, qui dans son préambule reconnait le droit « à l’enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs ».

Parallèlement à ces mesures sociales, l’État intervient davantage dans l’économie afin de contrôler les grandes entreprises stratégiques, une vague de nationalisation est mise en œuvre en 1945, c'est-à-dire que de grands groupes industriels passent sous le contrôle de l’État et deviennent publics comme le secteur automobile avec Renault (c’est une nationalisation sanction, car l’entreprise a collaboré avec les nazis), bancaire ou encore énergétique.

Le reste de l’Europe connait une évolution comparable à celle de la France avec la naissance d’un système de santé universel en Grande Bretagne entre 1945 et 1948 accompagné d’un mouvement de nationalisation. Même tendance en Autriche et dans les pays scandinaves où est créée la loi pour la « retraite du peuple » en Suède en 1946.

La période des Trente Glorieuses (1945-1973), qui succède à la guerre, est marquée par une forte croissance économique dans les pays du monde occidental. L’État-providence en redistribuant les richesses permet à l’ensemble de la population de consommer et soutient donc la demande en créant les conditions de la prospérité économique.

Pourtant le système de protection universel ne parvient pas à résorber totalement la pauvreté, si le système est redistributif, les montants octroyés ne sont pas toujours suffisants pour éliminer la précarité qui reste bien présente dans une grande partie des pays européens et aux États-Unis. Les grèves et révoltes des années 1950 et surtout 1960, qui trouvent leur apogée en 1968, témoignent des limites de l’État-providence qui a doté les pays capitalistes d’un volet social développé.

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