Les Confessions : L'auteur et son œuvre  - Cours de Français avec Maxicours - Lycée

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Les Confessions : L'auteur et son œuvre 

Toutes les références renvoient à l’édition suivante : Les Confessions de Jean-Jacques Rousseau, édition POCKET Classiques, Paris 1998 n° 6211 pour les livres I à IV et 6201 pour les livres V et VI (dans l’édition complète du tome I).

1. Biographie de Jean-Jacques Rousseau
a. La petite enfance

Philosophe et écrivain d’expression française, Jean-Jacques Rousseau est né en 1712 à Genève, en plein siècle des Lumières. Il perd sa mère en naissant le 28 juin 1712 et est alors élevé par son père, un horloger de Genève, pendant que sa tante Suzon et sa « mie Jacqueline » veillent sur sa petite enfance. Son père doit ensuite quitter Genève à la suite d’une querelle en 1722 ; il est alors remis à son oncle puis à un instituteur chez lequel il est mis en pension à Bossey et enfin à un graveur pour son apprentissage.

b. La fin de l’âge d’or et l’errance
Cet apprentissage qui lui enseigne l’humiliation, la dépendance servile et la tyrannie, le pousse, âgé de 16 ans, à fuir Genève. En effet, un soir, trouvant fermées les portes de la ville et craignant d’être battu par son maître (le graveur Ducommun), il décide de prendre la fuite. Après quelques temps d’errance, il est recueilli par Mme de Warens à Annecy. Après un séjour à Turin, il retourne chez sa protectrice qui joue, pour lui, le rôle de mère adoptive avant de devenir sa maîtresse. Mais sa vie reste faite d’errances : Lyon, Annecy, Lausanne, Paris et enfin Chambéry où il retrouve, une nouvelle fois Mme de Warens chez qui il s’installe aux Charmettes. Mais un rival le supplante au retour d’une cure de santé. Livré à la solitude et à ses rêves, il part pour Paris en 1742, après 10 ans passés pour l’essentiel avec Mme de Warens et aux Charmettes à partir de 1736.
c. Des débuts difficiles à la célébrité de l’écrivain
Vivant au début de leçons de musique, il accepte en 1743, une place de secrétaire d’ambassadeur à Venise mais se brouille avec l’ambassadeur qui le chasse. De son voyage, il retient la découverte de la musique italienne et de l’inégalité sociale. Alors qu’il mène une vie difficile à Paris, il rencontre Diderot et collabore à l’Encyclopédie se chargeant, en particulier, des articles consacrés à la musique. Il est accueilli dans les plus grands salons, son talent est reconnu et il se lie avec une jeune lingère Thérèse Levasseur avec qui il va vivre et dont il aura cinq enfants, tous abandonnés à l’Assistance Publique.

Il connaît enfin la célébrité en 1750 avec le Discours sur les sciences et les arts et le Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité sociale parmi les hommes (1755). Dans ce discours, l’idée de la bonté naturelle de l’homme le conduit à critiquer l’injustice de la société contemporaine, ce qui lui vaut une sévère lettre de Voltaire qui conduit à une querelle entre les deux philosophes ainsi qu’à une brouille avec certains de leurs amis communs.
d. Les refuges de l’intense création
Accueilli par Mme d’Epinay, Rousseau s’installe chez elle, à l’Ermitage près de Montmorency de 1756 à 1757. Cette période est marquée par une intense création : il travaille simultanément à son Dictionnaire de musique, à l’Emile, à La Nouvelle Héloïse et au Contrat social. Il vit également la seule vraie passion de son existence avec Mme d’Houdetot, la belle-sœur de Mme d’Epinay. Mais il se brouille avec les philosophes qui l’accusent de comploter contre eux. Il se réfugie alors chez le maréchal de Luxembourg au Château de Montmorency où il vit dans le calme pendant 4 ans : il peut ainsi publier la Lettre à d’Alembert sur les spectacles (1758), La Nouvelle Héloïse (1761), Le Contrat social (1762) et Emile (1762), traité d’éducation où l’on retrouve les idées du second Discours telles que la nécessité de protéger l’enfant contre les influences néfastes du monde et de s’attacher avant tout à la formation morale
2. Les Confessions et leur contexte : vent de scandale et persécution
a. Ultime scandale
De nombreux pamphlets ont été adressés à Rousseau depuis des années ainsi que toute une série de critiques qui culminèrent en 1765. Au fil de sa vie, Rousseau combattra ces critiques et essaiera de démontrer qu’il n’est pas ce qu’on prétend. Après la publication de la Profession de foi du vicaire savoyard qui fait scandale, Rousseau est contraint de s’enfuir d’autant que Voltaire continue de s’attaquer à lui. De retour à Paris après un bref séjour en Angleterre, il refuse toute compagnie et rédige Les Confessions de 1766 à 1770 ainsi que les Rêveries du promeneur solitaire jusqu’en 1778.
b. La persécution et la volonté d’y mettre fin

Se croyant persécuté, il entreprend d’expliquer sa vie, de la justifier au regard de ses semblables, ses contemporains et d’infirmer sa réputation de misanthrope dans son premier ouvrage. Il veut rétablir la vérité, au moins pour la postérité et s’attelle durant les douze livres des Confessions à prouver que chacun est seul à connaître son cœur et que les jugements d’autrui ne sont que des hypothèses mal fondées.

Parfois, il répond explicitement et directement aux attaques dont il est l’objet et construit sa défense mais le plus souvent, il se contente d’opposer les faits aux médisances. Son récit vise donc à émouvoir autant qu’à convaincre, comme le prouvent les divers Préambules (voir fiche 1). Cette œuvre autobiographique a des accents très modernes par l’importance qu’elle accorde à l’évolution psychologique et a pour objectif de montrer que la singularité si choquante de Rousseau a été de suivre la nature.

c. Suite des Confessions et fin
Les Rêveries, qui prolongent Les Confessions, constituent un minutieux examen qui fait pénétrer dans l’intimité de l’âme de l’auteur et insistent sur la relation entre la sensibilité, la conscience et la nature. Rousseau meurt, après les avoir achevées, le 2 juillet 1778, la même année que Voltaire. 
3. Composition et bref résumé de l’œuvre

Les Confessions, rédigées par Rousseau à partir de 1776, tentent de prouver son innocence et visent à favoriser sa réhabilitation. Le récit autobiographique de la vie de Jean-Jacques Rousseau respecte la chronologie de son histoire personnelle de sa naissance en 1712 jusqu’en 1765. Quelques paragraphes seulement s’écartent de ce récit linéaire : c’est quand, par moment, Rousseau évoque les malheurs qui l’accablent au moment de la rédaction pour mieux les opposer au bonheur enfui ou encore lorsqu’il rapproche certains comportements de l’âge mûr des aventures de l’enfance et dégage ainsi les constantes de son caractère.

Les Confessions se découpent en deux parties que distinguent leurs dates de rédaction et leurs tonalités et chacune se décompose en 6 livres soit douze livres au total, unités de temps, de lieu et d’action. Les 6 derniers évoquent les agitations et douleurs de la vie publique. Les 6 premiers livres sur lesquels portent cette étude retracent la “jeunesse” obscure et heureuse de Jean-Jacques Rousseau de 1712 à 1742. Il justifie cette attention particulière à sa jeunesse au livre IV :

« Ces longs détails de ma première jeunesse auront paru bien puérils, et j’en suis fâché : quoique né homme à certains égards, j’ai longtemps été enfant, et je le suis encore à beaucoup d’autres ; j’ai promis de me peindre tel que je suis ; et, pour me connaître dans mon âge avancé, il faut bien m’avoir connu dans ma jeunesse. » (p. 243). Il poursuit : « Si je me chargeais du résultat et que je lui dise : tel est mon caractère, il [le lecteur] pourrait croire sinon que je le trompe, au moins que je me trompe. Mais en lui détaillant avec simplicité tout ce qui m’est arrivé, tout ce que j’ai fait, tout ce que j’ai pensé, tout ce que j’ai senti, je ne puis l’induire en erreur […] » (p. 244).

Le livre I établit un schéma qui se reproduira au fil des livres et des ans : au bonheur de l’intimité et du lieu clos, succèderont toujours les troubles du monde, les malheurs et les perversions de l’état social. Ce schéma est analysé par Philippe Lejeune dans Le Pacte autobiographique1 ; selon lui, ce livre annonce le parcours suivi par l’auteur toute sa vie et préfigure l’histoire de l’Humanité

: P. Lejeune, Le Pacte autobiographique, Seuil, Poétique, 1975, pp. 87-160.

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