Les causes de la Révolution - Cours d'Histoire Seconde avec Maxicours - Lycée

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Les causes de la Révolution

1. Un profond malaise politique et social
a. La crise de la monarchie
– Les critiques des Lumières
Les philosophes des Lumières, sans être républicains ni démocrates (sauf Rousseau), rejettent la monarchie absolue. Dans leurs œuvres, ils dénoncent les excès du long règne autoritaire de Louis XIV et affirment leur préférence pour une monarchie contrôlée à la manière de l'Angleterre. Les philosophes s'accordent pour réclamer que la souveraineté soit accordée au peuple. Ces idées se répandent chez les élites cultivées.

– La profonde crise financière
L'État monarchique souffre d'une grave faiblesse : il semble incapable de résoudre le problème financier qui se pose tout au long du XVIIIe siècle. La France est très endettée, et cette situation empire sous le règne de Louis XVI, du fait de la participation à la guerre d'Indépendance des États-Unis. La solution passe par une réforme du système des impôts, mais les privilégiés ne l'acceptent pas.

– L'opposition des Parlements
Depuis plusieurs années, le pouvoir monarchique doit faire face à l'opposition des Parlements, et notamment de celui de Paris. Simple cour de justice à l'origine, le Parlement de Paris est composé de nobles qui aimeraient disposer de réels pouvoirs politiques comme en Angleterre. Ils sont chargés d'enregistrer les édits (c'est-à-dire les décisions) du roi, mais ils n'hésitent pas à s'opposer au roi et à refuser l'enregistrement de ces édits.

Sous Louis XV, le Parlement de Paris se révolte en 1770 et se met en grève ; ce coup de force est réprimé par le roi et son ministre Maupeou, qui suppriment les Parlements. Mais le nouveau roi Louis XVI revient sur cette décision et rétablit le Parlement de Paris. Or, il n'a pas la même autorité que son aïeul et le conflit tourne à l'avantage du Parlement dans les années 1787-1788.
b. Les tensions sociales à la fin du18e siècle
– Une société figée
La société française du 18e siècle est divisée en trois ordres : le clergé, la noblesse et le tiers état. Le clergé et la noblesse ne représentent que 2 % de la population, mais ils détiennent les richesses et possèdent des privilèges honorifiques, judiciaires et surtout fiscaux : ils échappent au paiement de la plupart des impôts. Cette situation est critiquée par les philosophes des Lumières ; elle est de plus en plus mal vécue par le tiers état, qui supporte toutes les charges financières.

– Les difficultés du monde rural
Les paysans représentent 85 % de la population. Leurs revendications sont multiples : ils souhaiteraient notamment une fiscalité plus juste, et l'abolition de certains droits féodaux comme le monopole seigneurial de la chasse. Les paysans sont vulnérables, car les récoltes subissent les aléas climatiques ; et même quand les récoltes sont bonnes, les bénéfices sont faibles, une fois payés les impôts dus au roi, au seigneur et au clergé.
Dans les campagnes, les troubles sont donc fréquents et les paysans se révoltent régulièrement contre leurs seigneurs.

– La crise des élites
Les élites nobles et bourgeoises se détournent du régime et n'ont plus confiance dans la monarchie absolue. La noblesse aspire à un certain libéralisme aristocratique. Gagnée par l'esprit des Lumières, elle aimerait participer davantage au pouvoir politique.
La haute bourgeoisie, enrichie et conquérante, voit son ascension arrêtée par la réaction nobiliaire. Cette réaction nobiliaire se caractérise par le refus de la noblesse de voir des bourgeois accéder aux places réservées jusque là aux nobles. Les bourgeois ne peuvent ainsi avoir accès aux grands emplois de l'État et aux grands commandements dans l'armée.

Ainsi, pour des raisons différentes, les élites bourgeoises et nobles aspirent à des réformes. Sur ces bases politiques et sociales fragiles, une forte crise éclate, qui précipite le pays vers la Révolution.
2. Les causes immédiates : une conjonction de crises
a. Une triple crise
– Une crise économique 
Le règne de Louis XVI correspond à une conjoncture économique difficile : baisse des prix agricoles, marasme de l'industrie textile. Les pluies et les inondations de 1787, la sécheresse puis la grêle de juillet 1788 ont eu pour conséquence une très mauvaise récolte en 1788. L'hiver 1788-1789 est très rigoureux. Au printemps 1789, la mauvaise récolte de céréales de l'année précédente provoque une flambée des prix partout en France. A Paris, le prix du pain double.

– Une crise sociale
Cette flambée des prix oblige les Français à consacrer tous leurs revenus à l'achat du pain. Les artisans et les manufactures ne parviennent pas à écouler leurs marchandises. La production textile baisse de moitié en 1789. Les faillites se multiplient, créant du chômage. Le vagabondage et la mendicité se développent. Des troubles éclatent un peu partout.

– Une crise politique
Dans cette période particulièrement troublée, Louis XVI ne présente pas les qualités d'un grand monarque. De caractère faible, il n'aime pas sa fonction de roi et l'assume sans enthousiasme. Ses contemporains critiquent ses hésitations. Quant à la reine Marie-Antoinette, d'origine autrichienne, elle est très impopulaire auprès des Français, qui lui reprochent ses dépenses et ses frivolités.
La monarchie est donc affaiblie. Elle ne parvient pas à faire face à la révolte de la noblesse au sein du Parlement de Paris
b. La révolte nobiliaire
– L'échec des réformes avant 1789 Pour faire face au déficit des finances qui empoisonne le règne de Louis XVI, il aurait fallu faire d'importantes réformes fiscales, notamment pour faire payer les privilégiés. C'est le sens des projets déposés par Calonne, contrôleur général, en 1787. Mais les nobles refusent le projet et Calonne est renvoyé. Son successeur Loménie de Brienne se heurte également à l'opposition du Parlement de Paris. Celui-ci invoque une loi non écrite qui interdit au roi de lever un nouvel impôt sans convoquer les Etats généraux.

– La révolte des parlementaires et la pré-révolution
Louis XVI tente de résister et fait exiler les parlementaires à Troyes. Mais face à la contestation, le roi cède et rappelle le Parlement de Paris. Celui-ci ne désarme pas et continue à défier le roi. Les nobles s'affirment comme les défenseurs de la liberté face au pouvoir royal. L'agitation gagne la province, où ont lieu des troubles et des émeutes.  

– La convocation des Etats généraux

Cédant à la pression, Louis XVI se résigne à convoquer les Etats généraux pour mai 1789. Les Parlements sont rétablis dans tous leurs pouvoirs. La monarchie absolue a capitulé. Or ce sont les privilégiés qui ont porté les premiers coups à l'Ancien Régime.
L'année 1789 commence par l'effervescence des élections et de la rédaction des cahiers de doléance. Le peuple prend la parole. La révolution va commencer.
L'essentiel
A l'origine de la Révolution française se trouve la conjonction de plusieurs crises : une crise structurelle d'abord qui se caractérise par l'affaiblissement de la monarchie, et par une remise en question des structures de la société ; une crise conjoncturelle ensuite en raison des mauvaises récoltes de 1788, et des problèmes financiers. Face à ces crises, Louis XVI ne parvient pas à imposer les réformes nécessaires.

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