Les besoins en eau à la source de l'aménagement des territoires - Maxicours

Les besoins en eau à la source de l'aménagement des territoires

1. A l'origine de la pénurie, des usages multiples
a. L'eau, composante essentielle des activités humaines
Les usages de l'eau sont très variables : à l'échelle planétaire, l'agriculture (69 %) arrive en tête devant la consommation industrielle (23 %) et la consommation urbaine et touristique (8 %). Les différences nationales sont considérables entre la France (selon le même ordre : 15 %, 69 % et 16 %) et le Maroc (92 %, 3 % et 5 %). L'eau est utilisée pour l'agriculture (irrigation), l'industrie lourde (entre 170 et 200 m3 d'eau sont nécessaires à la fabrication d'une tonne d'acier) ou l'industrie chimique (entre 2 000 et 6 000 tonnes d'eau pour fabriquer 1 tonne de produit chimique).
Concernant l'eau à usage domestique, en France, la répartition de la consommation est la suivante : boisson & nourriture : 7 %, toilette : 42 %, sanitaire : 21 %, vaisselle & linge : 24 %, divers : 6 %.
b. Une consommation excessive, ou mal répartie ?
Selon les pays, la quantité d'eau consommée par habitant et par jour est variable : en France, la consommation est estimée à 150 l/hab./j, contre 450 l/hab./j pour un Nord-Américain. La croissance de la consommation est forte au XXe siècle en raison de l'intensification de l'agriculture (ex. : en France, les superficies irriguées passent de 0,9 million en 1970 à 2,7 millions d'ha en 1997), de l'industrialisation et de la croissance urbaine mondiale. Quelques pays effectuent plus de la moitié des prélèvements en eau (Etats-Unis, Chine, Inde, Pakistan et Russie) mais ces prélèvements sont à mettre en rapport avec les effectifs de population de ces Etats.
2. Les outils de la maîtrise de l'eau
a. Les aménagements au service des transferts hydrauliques
Les aménagements ont pour fonction principale de pallier les problèmes liés à l'inégale répartition de la ressource dans l'espace (zones désertiques, zones de concentrations urbaines ou industrielles) et dans le temps (déficit temporaire d'alimentation lié à l'irrégularité des précipitations, pointes de consommation journalières). Ces transferts imposent la création d'équipements tels que des barrages, des réservoirs et des conduites (transport jusque sur les zones de consommation). En 1983 par exemple, la Libye a engagé le projet « Grande Rivière », qui a pour objectif de transférer l'eau contenue dans les nappes souterraines fossiles du désert libyen vers les régions urbanisées et peuplées du littoral. A terme, 4 000 km de canalisations permettront le transfert de 2 milliards de m3 par an.
b. La gestion des eaux usées
L'augmentation considérable de la consommation d'eau ne doit pas faire oublier que l'eau potable n'est pas inépuisable, même si la ressource semble immense. Les Etats ont conscience que la gestion de cette ressource passe par le traitement des eaux usées avant leur rejet dans l'environnement. Toutefois, l'assainissement, c'est-à-dire le filtrage et l'épuration des eaux usées, est encore limité. A Dar Es-Salaam (Tanzanie) par exemple, 6 % des ménages sont raccordés à un réseau d'assainissement. Des sociétés se spécialisent dans l'assainissement et la distribution de l'eau. En France, Vivendi assure ainsi l'assainissement pour 17 millions de personnes, et distribue de l'eau pour 24 millions d'individus.
3. Des effets territoriaux contrastés
a. Un « élément » à la base de l'organisation des territoires et de la création de paysages extraordinaires
Dans les pays désertiques, les transferts ont le plus souvent pour objet de permettre la mise en culture de nouvelles terres : la « Grande Rivière » libyenne permettra de ravitailler les villes littorales et d'irriguer 250 000 ha de terres.
De la même manière, le projet « Nouvelle Vallée » (Egypte, coût estimé à 88,5 milliards de $) répond à des objectifs similaires. Le projet prévoit d'ici 2020 de construire un ensemble d'aménagements hydrauliques à partir du lac Nasser, avec la dérivation d'une partie des eaux vers un second réservoir en plein désert, chargé d'alimenter le futur canal Zayed. Il permettra la réalisation de périmètres irrigués, de routes, de centres de peuplements agricoles, industriels et de services (écoles, hôpitaux...).
b. Les altérations liées à l'usage de l'eau : destructions et perturbations environnementales
Le cas de la mer d'Aral (limite Kazakhstan et Ouzbékistan) illustre bien les altérations possibles. Les ponctions effectuées –pour l'irrigation de vastes zones de productions intensives en plein désert (coton, légumes...)– sur les fleuves Syr Daria et Amou Daria alimentant la mer d'Aral ont provoqué une catastrophe écologique (réduction de 50 % de la surface de la mer, augmentation de la salinité au détriment de la faune et de la flore...) et une catastrophe socio-économique pour les populations qui vivaient de et par l'activité maritime.
L'essentiel

Les usages de l'eau sont très variables. La consommation est forte dans les Etats fortement industrialisés. Les aménagements ont pour fonction de pallier les problèmes liés à l'inégale répartition de la ressource dans l'espace et dans le temps, en effectuant des transferts entre bassins et versants. La consommation d'eau augmente, mais l'eau potable n'est pas inépuisable, et nécessite une gestion cohérente, afin d'assurer un développement efficace au service d'un aménagement concerté des territoires concernés et de réduire les risques de détérioration des ressources environnementales.

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