Le théâtre au XXe siècle- Seconde- Français - Maxicours

Le théâtre au XXe siècle

Objectif
  • Connaitre les caractéristiques du théâtre du XXe siècle.
  • Comprendre l’évolution du langage et des thèmes abordés par le théâtre à cette époque.
  • Découvrir un nouveau rapport à la mise en scène et aux spectateurs.
Points clés
  • Dans les années 1950, le langage est malmené par les dramaturges : c’est le théâtre de l’absurde.
  • Le théâtre cherche à impliquer le spectateur / lecteur pour le faire réfléchir.
  • L’espace scénique et le rapport au corps du comédien évoluent.
Pour bien comprendre
  • Le théâtre de l’absurde
  • La mise en scène du texte dramatique

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le théâtre connait une révolution, amorcée depuis plusieurs années déjà, qui modifie profondément le rapport du dramaturge avec les mots, avec le public et avec la scène.

1. Un rapport nouveau avec les mots : le langage en question
a. La modernité d'Ubu Roi

À la fin du XIXe siècle, Alfred Jarry dans Ubu Roi développe un langage totalement nouveau qui mêle grossièretés et jeux de mots, à l’image de ses personnages ridicules et burlesques.

b. L'influence déterminante de Freud

Les découvertes de Sigmund Freud (1856-1939), qui révèlent la part d’inconscient de nos paroles, favorisent l’utilisation de lapsus et d’associations d’idées inattendues qui foisonnent dans le théâtre surréaliste de l’entre-deux-guerres (par exemple dans La Machine infernale de Jean Cocteau en 1934) et se retrouvent dans le théâtre des années 1950.

c. Une communication impossible

Les atrocités de la Seconde Guerre mondiale achèvent de discréditer le pouvoir du langage. Le théâtre connait alors une révolution semblable à celle du roman. Cette remise en cause touche plus particulièrement la fonction de communication assurée par le langage.

Ce nouveau théâtre est qualifié de théâtre de l’absurde, dans la mesure où le langage, tourné en dérision, perd sa cohérence et reflète l’absurdité de la condition de l’homme, perdu dans un monde dépourvu de signification.

Exemples
Les personnes de Samuel Beckett (En attendant Godot, 1953 ; Fin de partie, 1957 ; Oh Les beaux jours ! 1963) soliloquent à l’infini.
Ceux d’Eugène Ionesco (La Cantatrice chauve, 1949 ; Les Chaises, 1952) parlent sans jamais se comprendre.
2. Un rapport nouveau avec le public
a. La volonté de faire réfléchir le public : le théâtre épique de Brecht

L’illusion théâtrale favorise l’identification du spectateur aux personnages. Bertolt Brecht, lui, préfère la distanciation, qui doit stimuler l’esprit critique du spectateur. Le dramaturge veut, en effet, détruire l’illusion qui endort la réflexion du spectateur.
Pour cela, il utilise divers procédés d’écriture et de mise en scène qui brisent cette illusion et rappellent au spectateur qu’il assiste à une fiction.

b. La volonté de faire participer le public

Les liens entre les personnages et le public sont moins forts, en revanche le public est de moins en moins coupé de la scène : les acteurs se mêlent au public.

Le style architectural des théâtres évolue également : on délaisse les classiques théâtres à l’italienne au profit de scènes plus circulaires, ce qui permet de rétablir une communication entre l’acteur et le spectateur.

c. La volonté de démocratiser le théâtre

Cette volonté se manifeste à travers la réouverture, en 1951, du théâtre national populaire (TNP), confié à Jean Vilar, dont l’objectif est de développer une politique de spectacles de qualité et accessibles au grand public.

Jean Vilar est aussi à l’origine de la création du festival d’Avignon (1947), qui s’inscrit dans une politique de décentralisation et de démocratisation.

3. Un rapport nouveau avec la scène : privilégier le langage du corps
a. Artaud et la primauté du corps

Antonin Artaud, s’inspirant du théâtre oriental balinais, prône un spectacle total qui met en avant le langage du corps et qui place la parole au second plan. Dans Le théâtre et son double, il veut en finir avec le théâtre de texte et retrouver, grâce à l’expression du corps et à l’utilisation de la musique, les émotions originelles du théâtre religieux.

b. À partir des années 1950

Après Artaud, de nombreux dramaturges des années 1950 insistent sur ce langage du corps qui tend à prendre la place d’un langage devenu inefficace. Les travestissements jouent un rôle prépondérant dans le théâtre de Jean Genet (Les Bonnes) et la mise en scène de la souffrance des corps, dans les pièces de Samuel Beckett, traduit un malaise que les mots sont impuissants à exprimer. 

Les écrits d’Artaud influencent aussi le travail de certains metteurs en scène, comme Ariane Mnouchkine, qui fait la part belle, dans ses mises en scène, à la danse, la musique et la pantomime.

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