Le sonnet - Cours de Français avec Maxicours - Lycée

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Objectif : connaître les différents genres poétiques.
D'origine italienne, le sonnet est un poème destiné à être chanté. Il est illustré au XIVe siècle par Pétrarque et apparaît en France au XVIe siècle avec Clément Marot et Joachim du Bellay.
1. La forme du sonnet
Le sonnet se compose de quatre strophes : deux quatrains et deux tercets liés ensemble par la rime.
La disposition des rimes, qui alternent rimes féminines et rimes masculines, est la suivante : abba, abba, ccd, ede, avec la variante suivante : abba, abba, ccd, eed.
Le mètre est toujours identique : l'alexandrin supplante assez vite le décasyllabe.

Ex. : « Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
           Ou comme celui-là qui conquit la toison,
           Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
           Vivre entre ses parents le reste de son âge !

           Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
           Fumer la cheminée, et en quelle saison
           Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
           Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?

           Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
           Que des palais Romains le front audacieux,
           Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine :

           Plus mon Loire gaulois, que le Tibre latin,
           Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
           Et plus que l'air marin la douceur angevine. »

(Joachim du Bellay, Les Regrets, 1558.)

2. La construction
La forme fixe permet diverses constructions.
Souvent les deux quatrains forment une unité et les deux tercets (qui constituent un sizain) une autre, le vers 9 portant l'articulation majeure du poème.

Le dernier vers constitue une pointe ou une chute qui résume l'impression d'ensemble, met en valeur un détail formant contraste, crée un effet de surprise. Cette chute est mise en valeur par la rime lorsqu'elle utilise la construction embrassée à la fin (d eed) puisque la rime d'appel ne trouve son écho qu'au vers final.

Ex. : « Tout cela ne vaut pas, ô bouteille profonde,
           Les baumes pénétrants que ta panse féconde
           Garde au coeur altéré du poète pieux ;

           Tu lui verses l'espoir, la jeunesse et la vie,
           – Et l'orgueil, ce trésor de toute gueuserie,
           Qui nous rend triomphants et semblables aux Dieux ! »

(Charles Baudelaire, « Le vin du solitaire », Les Fleurs du mal, 1857 et 1861.)

Le sonnet peut aussi présenter une construction en parallélisme lorsque le premier quatrain est lié au premier tercet, et le deuxième quatrain au deuxième tercet.
On parle de construction en chiasme lorsque la première strophe fait écho à la dernière, et la deuxième à la troisième.

3. L'évolution du sonnet
La faveur du sonnet se prolonge jusqu'au XVIIe siècle. Il disparaît ensuite pour s'affirmer de nouveau au XIXe siècle avec les poètes du Parnasse mais aussi avec Charles Baudelaire, Arthur Rimbaud, Stéphane Mallarmé et Paul Verlaine qui en renouvellent la forme en s'écartant des règles.
Au XXe siècle, le sonnet est utilisé par Robert Desnos et par Raymond Queneau qui en fait un usage expérimental et parodique.

Ex. : « Parce que de la viande était à point rôtie,
           Parce que le journal détaillait un viol,
           Parce que sur sa gorge ignoble et mal bâtie
           La servante oublia de boutonner son col,

           Parce que d'un lit, grand comme une sacristie,
           Il voit, sur la pendule, un couple antique et fol,
           Ou qu'il n'a pas sommeil, et que, sans modestie,
           Sa jambe sous les draps frôle une jambe au vol,

           Un niais met sous lui sa femme froide et sèche,
           Contre ce bonnet blanc frotte son casque-à-mèche
           Et travaille en soufflant inexorablement :

           Et de ce qu'une nuit, sans rage et sans tempête,
           Ces deux êtres se sont accouplés en dormant,
           O Shakespeare et toi, Dante, il peut naître un poète ! »

(Stéphane Mallarmé, « Sonnet », Poèmes de jeunesse, 1863.)

L'essentiel

Le sonnet est un poème à forme fixe dont l'usage s'épanouit au XVIe siècle.
Il est composé de deux quatrains et deux tercets qui font alterner rimes masculines et rimes féminines en suivant la composition suivante : abba, abba, ccd, ede ou abba, abba, ccd, eed.
Le dernier vers est caractéristique puisqu'il marque la chute du poème.

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