Le personnage d'Ulysse en littérature : la figure de la quête - Cours de Français Terminale L avec Maxicours - Lycée

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Le personnage d'Ulysse en littérature : la figure de la quête

Objectif
Connaître une figure littéraire à travers une démarche intertextuelle et établir des corrélations entre les figures de la quête que sont Ulysse et Perceval.
1. Un personnage / un mythe : Ulysse
a. Héros de L'Odyssée
Ulysse apparaît déjà dans L'Iliade et réussit à remplir différentes missions diplomatiques liées à la guerre de Troie, avant de briller par la force et le courage au combat.
Mais il est surtout le héros de L'Odyssée : sorti vainqueur de la guerre de Troie, il reprend la mer avec ses compagnons et un butin très conséquent pour rentrer chez lui.

Mais il croise le chemin du Cyclope Polyphème, fils de Poséidon. Pour échapper à l'appétit carnivore du géant, Ulysse lui transperce son unique œil et s'attire ainsi les foudres du père qui n'aura de cesse de perturber sa route par de multiples dangers. Heureusement, Ulysse est protégé par Athéna. Il va réchapper des situations les plus périlleuses (les Sirènes, Charybde et Scylla, les Enfers...) et retrouver son épouse Pénélope et son fils Télémaque après avoir éliminé tous ceux qui avaient tenté de le remplacer à Ithaque.

Au-delà des aventures épiques traversées par un héros au courage sans cesse éprouvé, le récit porte en lui des significations plus symboliques : il s'agit pour Ulysse d'échapper aux tentations (la chair, la vanité, l'orgueil...) qui l'éloigneraient de sa noblesse d'âme, de cœur et de rang alors que ses compagnons, eux, se perdront eux-mêmes au milieu de tant de tentations :

« C'est l'Homme aux mille tours (...) celui qui, sur les mers, passa par tant d'angoisses, en luttant pour survivre et ramener ses gens. Hélas ! même à ce prix, tout son désir ne put sauver son équipage : ils ne durent la mort qu'à leur propre sottise, ces fous qui, du Soleil, avaient mangé les bœufs ; c'est lui, le Fils d'en Haut, qui raya de leur vie la journée du retour. »
Invocation ouvrant le poème de L'Odyssée
b. Dante et La Divine Comédie
L'Antiquité a été traversée de plusieurs représentations très contrastées du personnage d'Ulysse : Platon et Ovide en ont fait un menteur surtout doué pour la parole, Sénèque a vu en lui un être perfide et cruel qui a arraché à Andromaque son fils Astyanax pour l'immoler.

Au 14e siècle, il retrouve des lettres de noblesse dans La Divine Comédie qui donne de lui une image poignante : Ulysse raconte à Virgile son dernier voyage ; il ne retourna jamais à Ithaque car après son séjour chez Circé, il préféra continuer à découvrir le monde et les hommes au lieu de revenir chez lui. Il mourut en voyage, vieux et fatigué avec quelques uns de ses compagnons à qui il dira peu avant de périr dans un tourbillon :

« Vous n'êtes pas nés pour vivre comme des brutes, mais pour acquérir vertu et connaissance. »
c. Fénelon ou le choix de Télémaque
Quelques siècles plus tard, Fénelon remettra au goût du jour l'épopée mais en choisissant pour personnage central le fils d'Ulysse, Télémaque. Le jeune garçon est parti à la recherche de son père absent, « à la merci des vents et des flots ».
Ces Aventures de Télémaque avaient été écrites par l'évêque Fénelon pour éduquer le jeune dauphin de France et les vertus du jeune homme étaient autant de leçons de vie à retenir pour le prestigieux héritier.
d. Giraudoux réécrit la guerre de Troie
Au 20e siècle, l'auteur Jean Giraudoux reprend le personnage d'Ulysse d'abord dans Elpénor (1919) et surtout dans La Guerre de Troie n'aura pas lieu (1935).

Ulysse apparaît dans le premier comme celui qui dénonce les apparences grâce à l'esprit philosophique ; dans le second, Ulysse s'illustre comme un fin diplomate qui a bien conscience cependant des limites de son art puisqu'il n'empêchera pas la guerre de Troie. Ironique, il déconcerte Hector en se jouant de la situation pourtant tragique qui se noue entre eux.
2. Le but de la quête
Le but de la quête n'est pas matériel. Ulysse ne convoite aucun butin, aucun trophée alors qu'il revient déjà victorieux de la guerre de Troie. Il a déjà tout, ou du moins on pourrait le croire : une femme aimante l'attend fidèlement à Ithaque où il ne tient qu'à lui de retrouver son trône, son fils honore sa mémoire le mieux possible et tâche de se montrer digne de son père. La quête d'Ulysse est autre. Il part entouré d'amis fidèles et se retrouve seul au fil de ses aventures, donc face à son destin, face à ses choix.

Les autres s'égarent, avides, cupides, ils se laissent bercer par les illusions de l'inconnu. Lui se laisse parfois tenter mais résiste finalement à la perte : même la chair ne le retient pas éloigné bien longtemps de son but, même lorsqu'elle revêt l'apparence de Calypso ou Nausicaa. La richesse et le pouvoir non plus ne le retiennent pas, alors que les femmes qui l'aiment lui offrent tout cela.

La quête d'Ulysse est de nature spirituelle et humaine. Sa volonté est mise à l'épreuve, sa fidélité aussi. Le but est pour lui de ne pas se perdre pour arriver intact à Ithaque, tel que l'a quitté sa femme, tel que son fils se le représente, modèle de droiture et de sagesse.

L'épopée apparaît alors comme un récit initiatique, bien qu'Ulysse soit déjà un personnage adulte accompli au moment où il devient héros de L'Odyssée. Que lui reste-t-il à apprendre de la vie ? Il lui faut peut-être apprendre que tout grand souverain, tout grand guerrier peut à un moment voir son bonheur vaciller (n'était-ce pas aussi le sujet d'une fable de La Fontaine, qui s'inspira beaucoup de l'Antiquité ?).

Dans le cas d'Ulysse, le héros s'inflige en plus lui-même la leçon : il révèle son nom au Cyclope par vanité et c'est ainsi que Poséidon, le père de Polyphème, s'acharne à venger son fils blessé. Ulysse a causé son malheur, à lui de s'en sortir. Et il s'en sortira seul puisque ses compagnons, eux, ne surmonteront pas les épreuves.

Ulysse doit sortir grandi de ses aventures ; et il profitera probablement mieux de son bonheur retrouvé, mérité à force de courage, de ruse, de persévérance et aussi d'amour pour son fils et sa femme.
3. La reprise de la problématique de la quête : le roman courtois
La quête n'est donc qu'un prétexte pour s'éprouver en tant qu'être humain et exercer ses qualités, sa personnalité et trouver son salut, son bonheur. Cette thématique se retrouve clairement dans les romans courtois et notamment dans le cycle du Graal. Parmi tous ceux qui partiront à la recherche du Graal, seul Perceval semble digne d'atteindre le but. Mais ce but n'est peut-être pas celui désigné au début des aventures : Perceval sera soumis aux perversités du diable (un être divin, protéiforme, comme les dieux de la mythologie) qui utilise des moyens surhumains (magie, ensorcellement, déguisements, menaces, dangers plus ou moins mortels) et si les compagnons cèdent à différentes tentations (Lancelot notamment sera déchu de son statut de chevalier en commettant l'adultère avec la femme du roi Arthur), Perceval lui résiste et reste centré sur sa quête personnelle.

Les qualités chevaleresques
défendues par les chevaliers de la table Ronde rappellent énormément les vertus déployées par le héros de l'épopée : il lui faut faire preuve de diplomatie, respecter les autres et surtout les femmes, mériter la confiance, se détacher des choses matérielles (jusqu'à revenir chez lui déguisé en mendiant et approcher sa femme ainsi vêtu !).

Le roman initiatique revient en force à l'époque romantique où le héros souvent subit des revers du destin, vit des amours contrariées, survit à la perte d'un être cher, croise la maladie (Musset, Stendhal).
Les codes d'honneur régissent alors les faits et gestes : on ne trahit pas l'ami dont on aime en secret la promise, on préfère se donner la mort plutôt que se déshonorer (repensons à Pénélope qui préfère implorer la mort plutôt que tromper Ulysse en épousant un de ses prétendants). Mais le personnage, à défaut de trouver la mort, trouve souvent des réponses à ses questions existentielles, et « grandit » au fil de l'histoire.
L'essentiel
Le personnage d'Ulysse développe la thématique de la quête, thématique récurrente et traditionnelle qui nous aiguille vers d'autres thématiques, plus profondes. Nulle convoitise ne stimule cette quête, mais on peut plutôt y voir un prétexte qu'une réflexion sur soi. Elle est l'occasion, pour un personnage, de se pencher sur lui même, sur ses capacités, sur ses acquis, sur ce qu'il peut modifier dans le cours de sa destinée.
Les émules font recette : les romans courtois ont rencontré un grand succès, les romans initiatiques aussi. La quête parle à chaque lecteur de lui-même.

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