Dom Juan : les personnages - Cours de Français avec Maxicours - Lycée

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Dom Juan : les personnages

Dom Juan de Molière
Les personnages

1. Dom Juan, le personnage éponyme
Dom Juan est le personnage central de la pièce : non seulement il donne son nom à la comédie mais il est présent dans presque toutes les scènes.

Dom Juan est, ainsi le décrit son valet dès l’exposition, « un grand seigneur ». Il appartient à l’aristocratie (son titre « Dom » diminutif du latin dominus signifie maître) à laquelle sont attachées, comme lui rappelle son père (IV, 1), la gloire et la vertu. Dom Juan en possède aussi la richesse (sa domesticité est nombreuse), l’adresse physique (dans le maniement des armes, acte III, scènes 3 et 4) et l’aisance verbale qui fait de lui un séducteur impitoyable.

Car Dom Juan est avant tout un séducteur : on dit bien d’ailleurs aujourd’hui d’un homme charmeur qu’il est un vrai dom juan ! Sganarelle évoque dans le portrait initial qu’il dresse de son maître, le tableau de ses conquêtes ; le héros séduit toutes les femmes quelque soit leur origine sociale : de Done Elvire à la paysanne Charlotte, « il ne trouve rien de trop chaud ni de trop froid pour lui » (I, 1). Car la séduction pour Dom Juan est un vrai plaisir : il explique à Sganarelle qu’il a « un cœur à aimer toute la terre » et que rien ne peut « arrêter l’impétuosité de [ses] désirs » (I, 2). Dom Juan est un inconstant, un infidèle.

Dom Juan est aussi un hypocrite, un menteur : il séduit Mathurine et Charlotte en leur offrant le mariage, promesse qu’il ne tiendra évidemment pas (II, 2 à 5) ; il donne de fausses raisons à Done Elvire pour expliquer son départ (I,3) ; il se dérobe au combat exigé par les frères d’Elvire (V, 3) prétextant le refus de Dieu ! Toutes ces dérobades et mensonges culminent aux scènes 1 et 2 de l’acte V où le héros érige en vertu l’hypocrisie !

Dom Juan se caractérise aussi par sa méchanceté : c’est un « grand seigneur méchant homme » (I, 1). Il aime en quelque sorte de façon sadique faire souffrir les autres. Il méprise la douleur de Done Elvire délaissée et humiliée, ou celle d’un Pierrot qui tente de préserver sa Charlotte. Il se montre aussi cruel envers le Pauvre en lui demandant de blasphémer pour gagner un louis d’or, envers M. Dimanche venu seulement réclamer son dû, ou encore envers son vieux père qu’il méprise et n’écoute même pas.

Cette absence de respect de l’autre va de pair avec un matérialisme et un athéisme stricts. Dom Juan ne croit pas au Ciel : il croit seulement que « deux et deux sont quatre […] et que quatre et quatre sont huit » (III, 1). Cela se traduit par un mépris pour les sacrements de l’église comme par exemple le mariage qui n’est pour lui qu’un moyen de séduction, mais aussi par ses pêchés d’hypocrisie et de perversité.

Dom Juan est donc un homme qui « ferme l’oreille à toutes les remontrances [chrétiennes] qu’on lui peut faire, et qui traite de billevesées tout ce que nous croyons » (I, 1). C’est un être en fuite qui cherche à se dérober à la société et à ses règles, à ceux qui lui réclament explications, réparations ou argent… Seul le Ciel et son envoyé la Statue réussiront à l’acte V à arrêter Dom Juan et à le châtier.

2. Après le maître, le valet : Sganarelle
Sganarelle est le valet de Dom Juan : il le suit partout et est présent dans presque toutes les scènes sauf une.
Le nom de Sganarelle vient de l’italien sgannare qui signifie « dessiller », « ouvrir les yeux », façon ambiguë de dire sa clairvoyance ou au contraire son ignorance…

Sganarelle est le personnage comique de la pièce. Il fait sourire en tenant un discours prétentieux à Gusman, son égal, pour l’impressionner ; il fait sourire par sa lâcheté notamment parfois face à son maître, par le décalage entre ses discours très moralisateurs et ses actes (sa cupidité face à M. Dimanche et lors du châtiment de Dom Juan le prouvent, par sa goinfrerie, sa superstition, etc.). Sganarelle apparaît comme un personnage comique voire même bouffon.

Ses relations avec son maître sont ambiguës : il le critique très sévèrement et montre sa désapprobation totale envers la conduite immorale et impie de son maître (I, 1), mais dès que Dom Juan apparaît ou fait signe de mécontentement, il se rétracte… Mais au-delà de ce désaccord, on sent chez Sganarelle une certaine admiration devant ce séducteur impénitent : il apparaît alors comme un valet fidèle qui exécute les ordres de son maître.

Sganarelle est dans la pièce, entre autres personnages, le porte parole de la morale, celui qui ne cesse d’avertir Dom Juan que sa conduite entraînera son châtiment. Mais comment adopter le parti de Sganarelle alors que celui-ci n’est qu’un bouffon, peu soucieux lui aussi de morale ? De là certains ont pu dire que Molière avait à dessein choisi de ridiculiser à travers Sganarelle les hypocrites, voire les dévots, conformistes odieux déjà stigmatisés dans son Tartuffe !

3. Les autres personnages : les opposants à Dom Juan
a. Les nobles
Done Elvire
Abandonnée, humiliée et délaissée, elle vient demander une explication à Dom Juan qui se dérobe (I, 3), ce qui suscite son courroux. On la retrouve à l’acte IV, apaisée, annonçant à Dom Juan sa décision de retourner au couvent et lui demandant une dernière fois de réformer sa conduite. Dom Elvire apparaît à la fois comme un messager céleste qui, à l’instar du Spectre qui semble être son double (V, 5), annonce à Dom Juan son châtiment : « Sache que ton crime ne demeurera pas impuni et que le même Ciel dont tu te joues me saura venger de ta perfidie » (I, 3). Mais elle est aussi la maîtresse qui tente de sauver de la mort son ancien amant : « Je vous ai aimé avec une tendresse extrême, rien au monde ne m’a été aussi cher que vous […] ; et toute la récompense que je vous en demande c’est de corriger votre vie, et de prévenir votre perte » (IV, 6). Femme noble et digne, elle émeut par sa souffrance et devient presque une héroïne tragique.

Dom Louis
Le père de Dom Juan apparaît seulement dans deux scènes. Il est le porte-parole de la vertu qui est pour lui inséparable de la noblesse. Il vient donc faire des reproches à son fils quant à sa conduite immorale (IV, 4).
Méprisé par son propre fils, il sera la victime de son hypocrisie, puisque Dom Juan peu après lui fait croire qu’il a décidé de reformer sa conduite (V, 1 et 2).

Don Carlos et Don Alonse
Comme Dom Louis, les frères de Done Elvire sont liés à l’honneur et à la vertu de leur rang. Ils viennent réclamer réparation à Dom Juan responsable de l’humiliation et du déshonneur de leur sœur. Alors que Don Alonse souhaite tuer le coupable sur le champ, Don Carlos (que Dom Juan vient de sauver) est plus indulgent : il lui laisse du temps, ce qui lui permettra de mieux se dérober à son devoir…

b. Les paysans
Mathurine et Charlotte
Ces deux paysannes sont les victimes de Dom Juan. Séduites par le grand seigneur et sa promesse de mariage, elles sont prêtes à sacrifier leur vertu pour devenir « Madame ».

Pierrot
Ce jeune paysan souhaite épouser Charlotte : il joue alors le rôle de l’amoureux transi, incompris et trompé. Sa position inconfortable, la maladresse de son langage paysan peuvent faire sourire mais suscitent aussi de la pitié. Il ne peut faire le poids face à Dom Juan qui lui est supérieur par son rang.

c. Les autres victimes
Monsieur Dimanche
Fournisseur de Dom Juan, il vient réclamer paiement de son dû (IV, 3). Si Pierrot est physiquement battu par Dom Juan, M. Dimanche bat en retraite à cause de la virtuosité langagière de Dom Juan qui le paye littéralement de mots et tout en le flattant le réduit au silence, ce qui donne lieu à une scène comique.

Le Pauvre
Alors que M. Dimanche vient réclamer l’argent prêté, le Pauvre mendie un argent qui lui manque : la scène est là dramatique. Le Pauvre incarne une foi inébranlable puisqu’il refuse de blasphémer pour un louis d’or. Le personnage incarne la dignité, la vertu mais aussi la misère contemporaine de Molière. Sa force morale sert de contrepoint à la cruauté et à l’impiété de Dom Juan.

d. Les instruments du châtiment
Le Spectre
Apparition éphémère à la scène 5 de l’acte V, il est un envoyé du Ciel qui vient proposer à Dom Juan, si celui-ci veut se repentir, la miséricorde du Ciel. Figure féminine, il apparaît à la fois comme le double de Done Elvire et comme l’allégorie du Temps.

La Statue
Ce personnage aussi surnaturel ou fantastique que le Spectre, est un noble naguère offensé et tué en duel par Dom Juan. Mais il représente autre chose que lui-même : il est l’envoyé du Ciel, non plus voix du pardon comme le Spectre mais voix de la vengeance, instrument du châtiment : « Dom Juan, l’endurcissement au pêché traîne une mort funeste, et les grâces du Ciel que l’on renvoie ouvrent un chemin à sa foudre » (V, 6).

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