Arlequin serviteur de deux maîtres, de Goldoni - Cours de Français Terminale L avec Maxicours - Lycée

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Arlequin serviteur de deux maîtres, de Goldoni

Objectif : Connaître une pièce charnière dans l'œuvre de Goldoni.
1. Goldoni réformateur de la comédie italienne
Avocat puis dramaturge, Carlo Goldoni (1707-1793) trouve sa voie dans la comédie en 1745, avec une pièce en trois actes : Arlequin serviteur de deux maîtres.
a. Une comédie sur mesure
En 1744, le comédien Antonio Sacchi propose à Goldoni un sujet tiré de la commedia dell'arte. C'est donc en pensant à ce virtuose jouant sous le nom de Truffaldin que le dramaturge compose son Arlequin. À tel point que, malgré le titre, Truffaldin est le nom donné à l'Arlequin du texte.
b. Une œuvre entièrement rédigée
Pour la version de 1745, confiant dans le talent de Truffaldin, Goldoni n'a écrit que quelques scènes par acte. Mais, en 1753, la pièce est entièrement rédigée.
c. Épurer la commedia dell'arte
À l'époque où il compose sa pièce, Goldoni a déjà songé à une réforme de la comédie italienne. Les principes en paraîtront dans son Théâtre comique en 1750 et préconisent :

•la concentration de l'intrigue,
• l'éviction des lazzis (jeux de scène bouffons) obscènes,
• le passage du simple canevas à la rédaction complète de la pièce,
• de tomber le masque, c'est-à-dire de ne plus enfermer les personnages dans un emploi conventionnel.

Arlequin en est la mise en acte.

2. Dynamique de l'œuvre : une instabilité maîtrisée
a. L'imbroglio
À Venise, le marchand Pantalon et le Docteur Lombardi s'apprêtent à marier leurs enfants, Clarice et Silvio. Mais Truffaldin leur annonce la venue de son nouveau maître turinois Federigo, initialement promis à Clarice, et prétendu mort.

En réalité, il s'agit de Béatrice, qui a voyagé sous l'identité de son défunt frère afin de retrouver son amant Florindo, accusé du meurtre de ce dernier et réfugié à Venise.
Le quiproquo, en remettant le mariage en cause, provoque la dispute de Pantalon et du Docteur, ainsi que de Silvio et de Clarice.

Mais l'imbroglio se complique avec Truffaldin : par hasard, Béatrice et Florindo sont tous deux descendus chez l'aubergiste Brighella. Profitant de l'occasion, Truffaldin entre au service de Florindo.

Serviteur de deux maîtres, il multiplie les erreurs, jusqu'à ce que Florindo et Béatrice se croient morts. Désespérés, les deux amants sont sur le point de se suicider lorsqu'ils se retrouvent.
Finalement, chez Pantalon, on se réconcilie, on reprend son identité. L'imbroglio est totalement démêlé lorsque Truffaldin révèle son double emploi, pour épouser Sméraldine, servante de Clarice.

b. Dualité : ordre et désordre
Elle est signe de construction rigoureuse, mais également responsable de l'imbroglio.

Deux intrigues mêlées : Béatrice est l'élément perturbateur pour Clarice et Silvio, mais ses projets sont eux-mêmes perturbés par Truffaldin.

Dédoublements : double identité, double emploi.

Couples : tous les personnages sont liés. Les amants, leurs serviteurs, leurs pères.

c. Mobilité spatiale : des voltes face étourdissants
  •Hors scène

Des personnages aventuriers : de Turin à Venise, Béatrice voyage, s'habille en homme ; Florindo est en fuite.

  •Sur scène

Pas d'unité de lieu, mais l'action débute chez Pantalon et se termine symétriquement, une fois l'ordre rétabli, au même endroit.

Un lieu de passage : la scène n'est pas un espace clos, mais ouvert sur le monde, et favorise les chassés-croisés des personnages.

Les coulisses sous nos yeux : Truffaldin y règne en organisateur désordonné.

Vivacité du jeu scénique : les pirouettes de Truffaldin, les colères du Docteur...

Une mobilité qui contribue à faire de la pièce un spectacle visuel.

3. Une œuvre charnière
a. Les types de la commedia
  •Des personnages conventionnels

Brighella Cavicchio (= « le plantoir »).
Docteur : vieillard irascible et cuistre.
Pantalon : s'il n'est plus le vieillard lubrique de la tradition, il conserve son masque, qu'il perdra dans les comédies ultérieures.

  •Un personnage au statut ambigu

Truffaldin Batocchio (= « la trique »).
Selon Goldoni, son jeu constitue « l'essentiel » de la comédie.
Pourtant, « la comédie pourrait se dérouler sans lui ». C'est que l'accent est mis ailleurs.

b. Vers la comédie bourgeoise
Goldoni était surnommé le « Molière italien » : il a renouvelé la forme de la comédie et s'est livré à une peinture de la bourgeoisie.

  •La transposition du réel sur scène

Les personnages ont un langage et un comportement adaptés à leur classe.
Les références concrètes (le change, le coche d'eau) montrent des personnages ancrés dans la réalité quotidienne.

  •La critique sociale

Le sort des femmes : l'audace de Béatrice, le mariage de Clarice, la critique des hommes par Sméraldine.
Le sort des valets : l'insolence de Sméraldine. La mobilité de Truffaldin : il est assez libre pour choisir son maître ; il a assez d'importance pour entrer dans un conflit d'intérêts avec son maître (l'appétit du valet contre l'amour du maître).

  •Gravité des sentiments :

L'amour est à l'origine de l'action dramatique.
Les projets de suicide des personnages.

L'essentiel

Arlequin serviteur de deux maîtres est une œuvre charnière : faisant la part belle aux gesticulations d'Arlequin et mettant déjà en acte les idées de réforme de Goldoni (à travers notamment une peinture de la bourgeoisie), elle est une pièce maîtresse de la commedia dell'arte.

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