Le paradoxe de l'action collective - Maxicours

Le paradoxe de l'action collective

Objectifs
  • Caractériser l’action collective et le passager clandestin.
  • Expliquer le phénomène du paradoxe de l’action collective.
Points clés
  • Une action collective est une action commune menée par plusieurs personnes en vue d’atteindre un certain objectif.
  • La mobilisation est un processus qui conduit un ensemble de personnes ayant conscience de leur intérêt commun à s’organiser pour le défendre ou le promouvoir.
  • Le passager clandestin est un acteur économique ou social qui profite d’un bien, d’un service ou d’une action collective sans en supporter le coût.
  • Un groupe d’intérêt est un groupe de représentants qui cherche à défendre un intérêt particulier en faisant pression sur les autorités.
  • Le paradoxe de l’action collective désigne la situation dans laquelle un individu n’a aucun intérêt à participer à une action collective s’il peut bénéficier des retombées positives de celle-ci.
  • Une incitation sélective est une méthode qui incite les membres d’une organisation syndicale à participer à son activité sans adopter une logique de passager clandestin.
  • Les rétributions symboliques arrivent lorsque les militants retirent diverses satisfactions de leur engagement dont certaines symboliques.
  • Les structures des opportunités politiques désignent l’environnement politique auquel sont confrontés les actions collectives et mouvements sociaux, et qui peut selon la conjoncture exercer une influence positive ou négative sur leur émergence et développement.
Pour bien comprendre
  • L’engagement politique correspond à une participation active à la vie politique mais aussi à la participation à l’action d’un parti ou mouvement politique.
  • Le répertoire d'actions politiques désigne l'ensemble des moyens d'action politiques auxquels un individu ou un groupe a accès à un moment donné de l'histoire pour s'exprimer sur le plan politique.
  • L'opinion publique correspond à l’ensemble des valeurs, des jugements et des croyances plus ou moins partagés par la population d'une société.
1. L’action collective
Une action collective est une action commune menée par plusieurs personnes en vue d’atteindre un certain objectif (comme une manifestation) ou bien encore une action menée par une association, un groupe de pression.
Exemples : les gilets jaunes, la marche pour le climat.

Pour qu’une action collective soit menée il faut qu’il y ait d’abord une prise de conscience par les personnes concernées d’un intérêt commun. L'idée est de promouvoir cet intérêt et de se mobiliser afin de s’organiser et d'instaurer des mécanismes de décisions collectives.

Exemples : les actions menées pour dénoncer les violences faites aux femmes.

L'action collective peut se dérouler dans de nombreux domaines : dans le monde du travail mais ailleurs aussi. Elle peut se faire dans un cadre local, limité comme dans une entreprise, mais aussi dans le cadre mondial avec les manifestations altermondialistes.

Exemples : les grèves contre la fermeture d’une usine, la défense d’un ZAD, la journée mondiale de la femme.

Enfin, les acteurs de ces actions collectives peuvent être très organisés, comme les syndicats ou les ONG, ou, au contraire, être des collectifs plus restreints, comme les associations. Grâce à internet et aux réseaux sociaux, leur nombre ne cesse d’augmenter.

Ainsi, l’action collective permet la diffusion des intérêts et opinions de la société à différents niveaux.

2. Le paradoxe de l’action collective

Mancur Olson (1932-1998) applique le raisonnement coûts/avantages à l’action collective et met à jour une situation paradoxale où un acteur rationnel a intérêt à profiter des résultats d’une action collective sans y participer. Olson explique ce paradoxe par la nature même des biens collectifs fournis par une action collective : ceux-ci profitent à tous les membres du groupe, qu’ils aient participé ou non à leur production. Il y a donc possibilité de choisir une attitude de « passager clandestin », de prendre un « ticket gratuit ». L’individu y est d’ailleurs d’autant plus incité que la participation à l’action collective a un coût en temps, en argent, parfois en considération. Le calcul rationnel ne conduit pas à défendre les intérêts du groupe.

Les individus peuvent donc se comporter en « passager clandestin » ou « free rider » et bénéficier de l’action collective sans y avoir participé.

Olson souligne cependant que l’individu étant soumis à la pression du groupe, l’anonymat favorise la non-participation dans les grands groupes et les inter-relations plus serrées imposent une plus forte participation dans les petits groupes. L’action collective ne pourrait prendre corps si celle-ci ne procurait pas non plus des biens sélectifs, c’est-à-dire des avantages particuliers aux seuls participants.

L’organisation qui s’engage dans l’action collective parvient ainsi à limiter le risque de «ticket gratuit», de défection. Ces incitations sélectives incitent les membres d’une organisation syndicale à participer à son activité sans adopter une logique de passager clandestin et peuvent être :

  • soit des sanctions négatives ;
Exemple : la rétention de la carte d’identité pour les habitants de la Casbah d’Alger, qui n’auraient pas participé à la manifestation de fraternisation franco-arabe sur le Forum le 4 juin 1958.
  • soit le recours aux incitations positives.
Exemple : le système du « closed-shop » réservant l’embauche aux travailleurs syndiqué.

Il y a donc bien au niveau individuel une décision rationnelle dans le choix de prendre part à l’action collective, un calcul coûts/avantages. Mais ces coûts et avantages ne se mesurent pas seulement en termes matériels. Ils peuvent être symboliques et recouvrir de nombreux domaines comme le divertissement et la considération de soi. D’une part, les militants disposent de rétributions symboliques et financières lorsqu’ils se mobilisent. Cela leur offre certaines satisfactions ou récompenses en échange de leur engagement. Les rétributions symboliques arrivent lorsque les militants retirent diverses satisfactions de leur engagement dont certaines symboliques.

Exemple : L’engouement médiatique pour le porte-parole des Gilets jaunes, Eric Drouet.

D’autre part, la structure des opportunités politiques qui désigne l’environnement politique auquel sont confrontés les actions collectives et mouvements sociaux, et qui peut selon la conjoncture exercer une influence positive ou négative sur leur émergence et développement, influe sur la possibilité d’émerger selon le contexte politique pour une action collective.

Exemple : La crise du COVID a mis fin aux conflits sur la réforme des retraites.

 

 

En conclusion, l’action collective est le moteur de l’engagement politique, cependant, les individus ont parfois paradoxalement la possibilité de pouvoir bénéficier de cette action sans y participer, ce qui limite ses effets.

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